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Du cran par écran (suite)

Aujourd’hui, je reçois deux textes de contributrices qui filent leur toile, chacune à sa façon. L’une aujourd’hui déroule une pelote d’adverbes pour emmailloter de petit Corona qui met chacun dans son cocon :

Musique des Mots

Se pourrait-il, confinement,

Qu’en ces temps d’enfermement

 - Lecture principalement,

Écriture également -

Suffisent pleinement

A nous distraire entièrement ?

Sorties pour le moment

Proscrites évidemment.

D’office particulièrement

Entends-tu sincèrement

Nous priver radicalement

De rencontres manifestement

Organisées depuis longtemps ?

On nous fait savoir présentement

Que tout manquement

A cet ordonnancement

Mettrait en péril gravement

La santé d’autrui réellement.

Nous laisseras-tu sagement

Petit corona prudemment

Cours de notre vie reprendre modestement.

Après un tel bouleversement

Pourras-tu, latent,

Nous conserver Jugement ?

On pourrait continuer longtemps,

Tout a une fin logiquement,

Petit corona véritablement,

Nous l’espérons ardemment.

Josette Méhu

Le deuxième texte reçu ce matin, est de Marie-Claude : c’est un récit qui revient sur la notion de courage dans un contexte très précis. Précieuse anecdote dans laquelle chacun peut se retrouver:

Musique du silence

Il posa sa misère sur un bout de trottoir. Je m’arrêtai , sans pouvoir faire un geste, ne serait-ce qu’un simple bonjour de convenance. Fatalisme ou courage…qu’allions nous faire, l’un et l’autre, de ce moment d’humanité inattendu?
Je franchis l’obstacle de la timidité et fis un pas vers ce corps décharné , si fatigué par l’incessante lutte pour survivre dignement . Ce fol espoir d’un soleil assez généreux pour réchauffer son âme. Je le sentais si fragile et pourtant si fort pour résister aux portes de la nuit.
Son ami, le seul à qui il parle de courage, de jours meilleurs… »C’est sûr, crois moi le chien, on s’en sortira ensemble ! » Ce dernier, prêt à bondir pour défendre son maître au moindre danger. Brave, courageux, fidélité indéfectible.
Ni l’un ni l’autre ne voulaient de ma pitié. Oh! non.
Alors, toujours sans un mot sur mes lèvres, j’esquissai un sourire timide, comme un geste manqué, un peu idiot . Mais, instant calme, tranquille, sincère, petite seconde de bonheur dans le fatras de l’indifférence.
Puis je les ai laissés.
Sans un mot, il ramassa sa misère, un peu plus légère, j’ose l’espérer, et reprit son chemin, vers une autre halte, je ne sais…
Encore, à ce jour, cette rencontre silencieuse garde, bien au chaud dans mon cœur, une place à la fois douce et triste, tel un tableau inachevé.
Marie-Claude About

 

Du cran par écran (suite) À la recherche du courage…

Nouvelles contributions, très variées, de nouveaux contributeurs, d’âges et d’expériences très divers; de modes d’expression aussi ; ainsi, Ghislaine Fora fait-elle parler les plantes à travers la pratique de l’ikebana : subtilité de cette composition en délicate recherche d’équilibre, image du courage ?

L'harmonie est-elle courage ?

L’harmonie est-elle courage ?

Des correspondants inconnus m’envoient ces textes qui montrent une courageuse recherche de la définition du courage, en lien avec les animaux, et avec les mouvements de son son propre coeur :

– Le courage est donc un maillon essentiel à la survie et à la prospérité de l’être humain ou animal .
- Le courage est la mise en place, dans des circonstances particulières,( danger, surprise, douleur…), un mécanisme physique ou psychologique qui
 permet de réaliser une action à l’instant ou dans la durée, dont on aurait été incapable en temps normal.
Loïc et Laure Villermin

Lettre écrite, en instantané, le 29 mars de la fenêtre d’un appartement en région parisienne :

Le bleu du ciel a enfin réalisé une percée dans ce tapis épais et grisâtre,

m’offrant ainsi la couleur dont j’avais besoin
dans cette journée morne et déprimante.

Le vent, brutal depuis cette nuit, s’agitait encore en rafales agressives,

tordant de douleur ces pauvres arbres innocents.
L’échappée belle bleutée n’aura pas duré longtemps mais le soleil l’a relayée.
Sa lumière blanche tranche sur la noirceur du ciel, éclat perçant qui  fend l’iris et met les larmes aux yeux.
Mon ami le soleil est parti lui aussi.

Pas un oiseau dans le ciel.

La situation que nous vivons a-t-elle aussi atteint les animaux ,
les obligeant à nous imiter,  à rester à couvert ?

                                                                                                                         Laure Villermin

De ces textes, je retiens deux mots particulièrement intéressants : maillon et mécanisme, qui rappellent que le courage n’est pas forcément lié à la volonté consciente ; il peut se nicher dans les profondeurs de l’être, comme certaines maladies qui restent tapies dans l’organisme jusqu’au jour où un élément déclencheur vient les réveiller. On sait que les gens qui se révèlent les plus courageux en temps de crise ne sont pas forcément les braves des jours heureux.

Cela conduit à approfondir encore cette notion mystérieuse, et, justement, en cette riche journée,je reçois  un texte d’un correspondant qui cherche à faire le tour de la question du courage, en particulier dans sa localisation physiologique. Il faut dire que ce contributeur est un professeur de médecine passionné de philosophie et de sociologie. Son texte offre un prolongement passionnant aux questions soulevées par les textes précédents. Quelle étonnante rencontre à travers ce blog ! C’est l’un de ces beaux cadeaux qui m’arrivent depuis que j’ai ouvert cet atelier d’écriture interactif : un bien pour un mal.

Le Courage

Le mot « courage » a-t-il valeur symbolique ?

Est-ce un concept comportemental dont la compréhension dépend de la culture et de l’expérience propre à chacun ?

Est-ce une  « vertu « , dont la définition s’est transmise dans les traditions et écrits de notre culture perso-gréco-latine ?

Dans notre culture, le mot « courage » est associé étymologiquement, philosophiquement et au moins métaphoriquement, au Cœur.

( En latin, cor, cordis  ie : cœur et du cœur

Le parler populaire est riche d’ expressions comme : « Je n’ai pas le cœur à l’ouvrage » ou : « C’est le cœur du problème », ou encore : « À cœur vaillant rien d’impossible. » Autant d’émergences de l’esprit libre.

Dans la littérature on fait souvent appel au cœur en l’assimilant au courage :

« - Rodrigue, as-tu du cœur ? 

- Tout autre que mon père l’éprouverait sur l’heure », répond le Cid à son père dans la tragédie éponyme de Corneille.

Cœur, force et honneur ont partie liée.

Pourquoi ?

Depuis la plus haute Antiquité, notamment perso-grecque, on considère que le siège même de la vie est le cœur. Arrêt du cœur signifie fin de vie, instantanément, contrairement à celui de fonctions essentielles – cerveau, foie, reins, muscles -, qui n’entraînait pas la mort immédiate, du moins pas avant que le cœur ne défaille à son tour.

Le cœur était donc considéré comme le siège de la vie, de la vie manifestement vivante, c’est à dire du mouvement, et plus encore de l’action appropriée.

Siège de la vie, le cœur était considéré tout également comme le siège des possibilités de survie, c’est à dire de l’énergie vitale. Le cœur et son courage sont, face à la mort, la source des possibles conditions de survie.

Depuis le début de nos civilisations, la vie est comprise comme un phénomène énergétique, cosmique, dont la réserve opérationnelle est, chez l’Homme, située dans le cœur. La vie siège dans le cœur de l’Homme, par délégation cosmique, et par maintien de la connexion universelle, comme en témoignent philosophie et spiritualité humaines

Cette réserve énergétique, de type embarquée et mobilisable, nourrit le mouvement cognitif et corporel qui caractérise l’homme : « Une âme saine dans un corps sain », selon les sages de l’Antiquité. Mouvement de l’esprit ou mouvement du corps, les deux se soumettent aux lois universelles, celles qui régissent le Cosmos. La Loi universelle la mieux identifiée est celle de l’Amour. Amour, ou attraction universelle, telle est l’Énergie ondulatoire qui recherche la fusion des contraires, pour que la création surgisse.

Mouvement réflexe involontaire autant que mouvement volontaire du corps prennent source dans le domaine du virtuel, pour se manifester dans un Monde réel, tel que nous le percevons par le truchement des sens porteurs d’informations vers l’esprit.

L’un et l’autre de ces possibles mouvements, du corps et de l’esprit, sont susceptibles de protéger ou de prolonger l’existence. Au temple de Delphes, ne voyait on pas au fronton inscrit et maintes fois cité par Socrate : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux. »

Il faut connaître son cœur et ses ressources divines pour continuer à vivre et faire vivre ceux que l’on aime. Le cœur, et les vertus opérationnelles qui y sont encloses, sont disponibles pour qu’à l’exemple des dieux, l’Homme puisse exprimer la toute-puissance qui lui a été provisoirement confiée. (Mythe d’Ève et de la pomme de l’arbre de la Connaissance, c’est à dire de la conscience transférée miraculeusement à la future espèce humaine). Le Serpent missionnaire tentateur n’a-t-il pas dit :« Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » ?

Notre humanité post-moderne n’est-elle pas à l’écoute de ce même Serpent tentateur, avec ses risibles fantasmes d’homme augmenté, prolongé, trafiqué, échappant à la loi naturelle, – et soudain réduit à néant pas un virus invisible ? Voir sur ce blog  l’article d’Alain Tirot sur l’emploi du mot : « Bien », en date(NDLR)

Aujourd’hui encore, les érudits humanistes rappellent que, pour Spinoza, l’homme est un mode de la substance éternelle disposant de sa puissance.

Plus proche de nous, au 11 ème siècle, le philosophe soufiste afghan Al-Ghazali écrivait dans son ouvrage, aujourd’hui encore publié : « Les Merveilles du Cœur », que les facultés créatives humaines se trouvaient dans le cœur, après que l’âme l’ait créé, que l’esprit l’ait éclairé et que la Raison ait rendu possibles, le passage à l’acte intelligent et volontaire.

Trois pouvoirs divins, cœur, esprit, raison, ont été donnés à l’Homme par le messager créateur de l’individualité qu’est son âme. Âme, dont il peut se souvenir par la méditation et les exercices spirituels.

Alors peut-on penser que le courage est une manifestation du cœur ?

Oui, si l’on accepte l’idée que l’énergie vitale est tapie dans l’organe ordonnateur et pulsateur de la vie et de la survie.

Ainsi le courage serait la manifestation énergétique, consciente ou non, pour survivre. Le philosophe Spinoza ne nous encourage-t-il pas à « vivre et persévérer dans l’être. » ( Cf le concept du conatus de Spinoza)

L’instinct de conservation est chez l’Homme prioritaire. Que la survie lui soit propre, celle de ceux qu’il aime, ou encore celle de son idéal spirituel vis à vis de l’Éternité. Il s’agit là de la vie éternelle. Vie sans début ni fin, par opposition à la substanciation momentanée de l’Énergie créatrice, qui s’objective dans le corps et son autonomie provisoire.

Tous les jours la mort se manifeste devant nous, nous rappelant notre inévitable destin terrestre.

L’énergie vitale rappelle en nous, ses dépositaires, et à chaque moment, combien la vie est fragile et provisoire.

Cette vie fragile et provisoire est en permanence menacée par la dépendance et l’hostilité potentielle de l’environnement énergétique extérieur, physique et humain.

Privation d’énergie par la famine, le jeûne éducatif, l’accident, la maladie, la mort des siens, le vieillissement, ou encore la guerre témoignent et nous rappelle l’omniprésence du Mal, hostile et meurtrier. Une des figures modernes de l’effondrement d’énergie interne est le Burn out. Il résulte des excès de contraintes extérieures face aux énergies intérieures disponibles méconnues ou devenues insuffisantes face à l’adversité. Peut-être trouve-t-on là ce qu’on cite comme l’énergie du désespoir. Celle qui révèle l’héroïsme conscient ou inconscient.

Le courage ne peut même plus être mobilisé par la volonté puisqu’il n’y a plus de ressources énergétiques intérieures. Il faut mourir ou se suicider.

Ainsi, il apparaît à l’évidence que la vie face aux menaces multiples, prévues ou imprévues, est risquée. Pour la prolonger nous comptons sur l’aide des autres en commençant par celle de ses parents, sur la Nature nourricière et, plus récemment, sur la Science.

Force est de constater, de fait, que face à l’aléa destructeur, peu d’assurances extérieures nous protègent, ni nous, ni les nôtres.

En conséquence, il nous appartient d’être personnellement vigilant, de comprendre l’environnement en permanence, et de disposer d’une volonté de survie personnelle ou collective. C’est cette volonté de survie pour soi-même, pour ceux qu’on aime, pour son idéal, libère le courage. Le courage de ne pas être passif, de ne pas subir, d’être à ses yeux ,non un être indiffèrent, ni un lâche, mais un Homme de foi, libre d’action, préférant le risque de déception, de blessure ou de décès, à la mort certaine, de lui-même ou des siens. Le courage et la permission d’agir, voire de lutter, est le pari volontaire de briser l’adversité mentale ou physique qui menace notre existence. Cette permission d’agir relève-t-elle d’un libre arbitre personnel ou d’une manifestation culturelle de l’inconscient ? Inconscient structuré par l’expérience personnelle cumulée et par la culture, voire la civilisation, qui l’a instruit et établi comme logiciel comportemental.

Qu’en est-il du courage que l’on considère comme une vertu humaine majeure ? Ne fait-on pas honneur et allégeance à celui qui fait preuve de courage. Pourquoi ? Et pourquoi spécialement en période de crise ou de menaces immédiates? N’est-il pas celui qui, aux yeux de tous, décide d’affronter consciemment le danger. Celui qui accepte le combat, même si l’issu en est incertaine. Face à l’adversité destructrice, qui va très certainement nous blesser ou nous tuer, l’Homme conscient et expérimenté s’engage dans la lutte, quel qu’en soit le prix et le risque personnel, avec le seul espoir de la survie. Survivre, par lui, le héros, capable de dialogue avec les lois du Cosmos, au service sacré de l’idéal de la Vie.

Vie, don inouï, prêté et incorporé en nous par les lois du Cosmos et auquel nous devons gratitude éternelle et devoir premier.

L’homme contemporain, agissant en enfant ingrat et en adulescent cédant à l’injonction permanente du : « Faites-vous plaisir ! », n’a-t-il pas totalement abdiqué cette responsabilité incombant à son statut de dépositaire d’une part de divin ? À ce que la Bible nomme L’Alliance ? (N.D.L.R.)

Le devoir premier, celui généré par la plus haute gratitude, ne porte-t-il pas le nom d’enthousiasme ?

(« En Theos », du grec ancien : se laisser habiter par Dieu )                                                                                                                                        François Lhoste

Du cran par écran (suite)

Une nouvelle contribution de Josette, auteur de plusieurs vaccins anti-virus. Dans son laboratoire forestier, l’imagination travaille, le langage s’affirme,la mémoire est à l’oeuvre, pour concocter le plus puissant remède contre les terreurs qui étouffent.

Garder les yeux ouverts, l’esprit ouvert, voilà ce qui ressort de ce texte ; cela me frappe d’autant plus que, ce matin, en faisant mes courses à Gournay, j’ai croisé des morts-vivants, regard rivé au sol, comme si le virus passait par les yeux ! Peuple pétri d’angoisse qui n’a même plus besoin d’avoir la Gestapo à sa porte pour courber le front… Quel soulagement lorsque l’on croise un être humain qui sourit, comme un compagnon de cordée ou d’équipage : oui, ça existe encore, et on sent là tout le prix du sentiment de solidarité !     A.G.

INTERDITS

Dépôt de nourriture

Déplacement en voiture

Il devient difficile

De se montrer docile.

Ce mot confinement

Finit par sonner:

Enfermement.

Et la population

Se prend à rêver :

Évasion.

Chaque jour plus de morts

Chaque jour mauvais sort;

On finit par s’habituer,

À banaliser le danger.

Respecter les consignes,

Toujours se montrer dignes,

Pas de révolte

Pas de fausse note,

Accepter sans remords

Ce terrible coup du sort.

Que sera l’avenir :

Ne sera-ce pas pire?

Sur quel pied danser?

On se prend à imaginer,

On aimerait de la douceur

Conjurer cette noirceur,

On cherche dans le passé

Ce qu’ont vécu nos aînés.

Anne Franck, emmurée.

Pauvres gens derrière les barbelés,

Et cette horreur a duré

Pendant bien des années.

Rêve ou Réalité ?

Mais où est la Vérité ?

Il nous faut, sans coup férir,

Ne pas penser au pire

Et garder le sourire.

Josette Méhu

Lis tes ratures (8)

Crie

Trie

Prie

*

Confie

Contrit

Ton cri

*

À ce prix

Ce grand cri

Crucifix

*

Écorche

L’écorce

La cosse

*

Presse

Le jus

Du Je

*

Trie

Crie

Prie

*

                                 Adeline Gouarné

Lis tes ratures (7) Vis ces râles

Pensées pour Denis      

Plus de deux semaines de Covid comateux pour mon petit cousin, un petit frère, de trois ans plus jeune que moi… Transporté de Paris à Tours, il y a quelques jours, pour faire place à de nouveaux malades, comme des centaines d’autres, il n’est sorti du coma que quelques minutes ; trop agité, trop vivant, puisque arrachant ses appareils  respiratoires il navigue quelque part entre la vie et la mort, loin des siens, abandonné aux soins des professionnels qui se démènent et se dévouent pour soigner le corps, l’existence. Mais l’âme, l’esprit, l’essence,les moteurs de la vie,  qui s’en occupe, qui s’en préoccupe ?

VIS SES RÂLES

On l’a transporté

Son corps fort

Devenu sac sec

Hérissé de tuyaux.

On a trimballé

Tous ces kilos d’os

Et de muscles

Branchés à des machines.

Machination de vie

Trituration

Actions

Visages masqués penchés

Sur lui

Pour le tirer de là

Du coma

Du là-bas.

Et lui,

Esprit, rire, appétit,

Lui

Ce qui le faisait Lui

Voix, démarche, énergie ?

Tout cela est enfoui

En soute, en doute, en déroute

L’air lui manque,

L’air, le grand air,

L’air d’hier.

Que sont ses poumons

Nourris d’air en bouteilles ?

Sa trachée traversée

Par un respirateur artificiel ?

L’air lui manque

Il étouffe

- Étoffe déchirée -

Et pas un être aimé

À son côté

Pour lui dire :

« Respire ! « 

Pas un être aimé

De son côté

Pour lui souffler

Un air aimé

Du passé

Une haleine chargée de souvenirs.

Il vit ses râles

Seul

Seul sur le seuil.

- L’âme hors jeu -

La vie serre les boulons

Longue et latente

Hors d’atteinte

Hors d’haleine.

L’air de rien.

                                                       Adeline Gouarné

Du cran par écran (étape 3) : nouveau vaccin anti-virus

Isabelle m’envoie la recette de ce vaccin sorti de son laboratoire empli de fioles de fantaisie, d’humour… et de courage. C’est à la portée de tous, à condition d’y mettre de hautes doses de (bonne) volonté:

À Petit Quevilly, le 5 avril 2020

GRAND MÉNAGE INTÉRIEUR

Boussole intérieure
Étoile du Nord
Toujours garder le cap
Une bonne fois pour toutes
Imprimer dans mon coeur
Une formule qui décape !
Depuis la nuit des temps
L’homme rêve au Printemps,
Fidèle.
Un rayon de soleil,
Une fleur qui s’éveille,
Les oiseaux qui gazouillent…
 Espoir !
Fouillons dans nos mémoires
Et secouons la poussière
Hors de nos tanières !
Cherchons à l’intérieur
La réponse à nos peurs
Faisons le grand ménage
Chassons les idées noires
De bougies parfumées
Astiquons nos souvenirs
Surtout ceux qui font rire
Balayons préjugés
Idées prédigérées
Avec curiosité

Éclairons avec joie
D’un zeste d’humour frais
Nos petites cellules
À la si grise mine
Faisons le tri
Chassons les vieux soucis
Laissons entrer enfin
La lumière du soleil
Dégageons au grand jour
La source bien cachée
Sous nos vieux réflexes
Sur-conditionnés
Et ouvrons la fenêtre
À l’enfant qui sourit :
Chantons-lui une comptine
Berçons-le de grands rêves !
Donnons-lui pour toujours
simplement par amour,
L’immense envie
D’embrasser la vie.
Isabelle Lucas

Du cran par écran (suite)

Je reçois hier ce texte en forme de coup de poing, qui rejoint mon point de vue sur la corrélation entre le virus Covid et la maladie chronique de notre civilisation. Le règne de la médiocrité y est dénoncé, évoquant la fameuse caricature de Mère Geneviève Gallois, dont la légende me ravit :

« Médiocrité, Reine du Monde, protège-nous des courants d’air de bonté qui passent quelquefois sur les hommes ! »  1917.

Voici le texte courageux de ma correspondante, qui est allée fouiller dans le dictionnaire pour dénicher des définitions du courage !

Jusqu’à ce foutu Covid,

« Penser ce qu’on dit »

Et « Carpe Diem »

M’accompagnaient

Chaque jour de ma vie.

Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Faut-il faire preuve

De courage

Pour continuer à vivre

Selon ces  adages  ?

Pour répondre à cette question,

Commençons par nous accorder

Sur sa définition.

Le courage

A- t-il la même signification

Selon son éducation ?

Le courage

Est-il essence ?

Est-il fiction ?

Comment répondre

À ces nombreuses

Interrogations ?

Le courage

Change de visage

Selon les situations !

Pour ma part,

Toujours fidèle à ma morale dans mes actes,

Je suis identifiée, cataloguée :

« Femme de courage ».

Mais face à la maladie

Devant la Souffrance et le Danger,

Saurais-je faire preuve de force d’âme ?

Oui ! sans en douter,

Car cela m’est déjà arrivé !

Chahutée par la vie,

Tout d’abord séparée d’Êtres aimés,

Puis licenciée et enfin dé-pacsée,

La vie ne m’a pas épargnée.

Mais de l’endurance ainsi acquise,

Mon courage est né !

Et devant le risque

De me faire remercier,

Aurais-je aussi

Le courage de défendre mes idées ?

La réponse est : Oui !

- Sans aucune ambiguïté -

 Bravoure ? Témérité ?

Cran ou Vaillance ?

Ou tout simplement  cette Intrépidité ?

Peu importe comment vous le qualifierez,

Mon courage est là !

- À jamais -

Aujourd’hui la situation est compliquée.

Mes idées bafouées, même pas écoutées,

Pourraient me donner l’envie de tout plaquer.

Mais, fort heureusement pour moi,

Couplé à ma persévérance immaculée,

Mon courage reste inaltéré.

Il prend ici le nom de : « Courage d’Esprit »,

Il me permet de garder une attitude réfléchie,

De soutenir, en toute circonstance,

Mes idées hardies et bienveillantes.

 
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Page créée – 26 juillet 2016
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« Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement. » Ps 21 (22), 19-20

Geneviève Gallois illustre ce passage de la Passion dans une des eaux-fortes de son Via Crucis « Après qu’ils l’eurent crucifié,ils divisèrent ses vêtements, les tirant au sort : afin que soit accompli ce qui est dit par le prophète disant : diviserunt sibi vestimenta mea et super vestem meam miserunt sortem. »

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Adeline Gouarne
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« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45)

Dessin de Geneviève Gallois, avec une inscription : »Création d’Adam/Résurrection de Lazare » et gravure qui pourrait illustrer la résurrection de Lazare ou des morts…

Les deux sont conservés dans l’abbaye de Limon.

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L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. »

Luc 1, 28-30

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« Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie. »

Geneviève Gallois a réalisé plusieurs gravures pour cet épisode biblique de Jésus guérissant l’aveugle né. Rien de plus important pour un peintre que la vue ! Sa dernière composition est la plus énergique et originale. On ne voit pas le Christ car il est le spectateur. Mais il est présent, discrètement dans le dessin préparatoire le bâton de l’aveugle se posant sur ses genoux. G

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Adeline Gouarne
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Projet de sauvegarde d’un dessin de Marcelle Gallois, du début du XXème siècle : « Scène de rue »

« Scène de rue » est un projet de décoration au crayon gras, encre de Chine, aquarelle et gouache, sur papier, probablement pour un escalier à Montpellier, composé de 32 personnages. Il fait partie de nos priorités actuelles. Il est typique de la première période de Marcelle/Geneviève Gallois. Elle est alors une jeune artiste prometteuse qui expose au Salon des humoristes entre 1

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Adeline Gouarne
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Traverses 3
Dessin de Marcelle Gallois, « Médiocrité reine du monde », réalisé avant son entrée au monastère rue Monsieur en 1917, conservé à l’abbaye Notre Dame de Fidélité à Jouques, sous-titré :
« Médiocrité, reine du monde, protégez-nous contre les courants d’air de bonté qui passent quelquefois sur le monde. Tassez nos cœurs afin que rien n’y remue. Préservez-nous de la vérité. Ainsi soit-il »

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Du cran par écran (suite)

Ce matin, les souvenirs des cours d’Histoire viennent au secours de notre histoire en cours.

La généalogie des vicissitudes passées est au coeur du courage d’envisager la situation.

Sus au Virus !

Covid 19, quel nom grotesque !

Louis IX l’aurait qualifié de Mauresque.

Ses chevaliers en armure

auraient traqué dans la démesure

cet Ennemi ubuesque

jusque dans son contexte.

À la Révolution

les Sans-Culottes, sans façon

auraient décapité

le Ci-devant, ci-dessus nommé

Corona… presque couronné

sa tête aurait roulé

magnifique, dans le panier.

Nos soignants carapaçonnés

traquent sans relâche

cet Ennemi déclaré

sans faillir à leur tâche.

Ils ont peur, ils le disent,

peur d’être trahis

par l’Ennemi invisible,

situation certes indicible.

Au secours, vaccin béni !

Sus à l’Ennemi,

But sans cesse recherché !

Mon insomnie consommée,

je ne peux que coucher

ces pauvres rimes sur le papier

Josette Méhu

Pour ma part, je me suis réveillée avec, en tête, ces vers de Corneille :

Notre malheur est grand, il est au plus haut point.

Je l’envisage entier mais je n’en frémis point. »

Et, une fois de plus, je pense à cette inégalité dont on parle si peu, l’inégalité face à la culture.

Quel puissant secours représente la culture classique, dans ces moments où s’effondre le monde en carton-pâte que nous avons bâti !

On est prêt à verser à des milliards pour rebâtir une cathédrale de pierres ruinée par un incendie, et on a laissé pourrir ce qui ne coûtait rien à faire naviguer, notre cathédrale littéraire et poétique, le fruit du voyage au coeur de la Vie des plus grands esprits !

Le ciel s’est strié de traces d’avion, de satellites, de parasites, pour trimballer des appareils photos et des smartphones engrangeant des milliards de clichés, privant l’homme de regard :

Nécessité

Les Grecs anciens savaient que tout, même leurs dieux étaient soumis à une force supérieure, l’Anankè, la Nécessité.

La cécité moderne a fait perdre la vue

à l’homme privatisé.

Sans mémoire et sans regard,

hagard,

il erre au hasard

des courants d’art

dont il perçoit l’écume

sans amertume.

La vie privée

dépravée

Voie

dépavée

Errance

La vie privée

de Fin

file

A.G.

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Toujours ce : « Bon courage ! » et autres virus de langage vidant les mots de leur sens.

 Suivons donc Marie-Claude à l’écoute des animaux !

Pénibles de clavier…
« Prends soin de toi et de ceux que tu aimes… »

- Cette rengaine donne la migraine (n.d.l.r.) -

« Qu’il avait donc du courage »
Ainsi, chante Georges Brassens sur un texte de Paul Fort.

D’aucuns appelleraient cela une chansonnette,

une petite ritournelle simplette,
  et, pourtant, notre cœur s’émeut.

Ce n’est qu’un animal !

  Fermons les yeux

et regardons avec respect 

le cheval luttant par le mauvais temps;

puis cet autre qui,

la course achevée, s’ébroue, à bout de souffle,

ruisselant de sueur, 

indifférent aux cris, aux paris des turfistes.

Ouvrons un livre et compatissons pour celui de trait,

sollicité à l’extrême de ses forces,

tirant  la houe qui creuse le sillon de terre nourricière,
attentif à la voix du paysan, lui-même si fatigué par ce labour.

Plus familier, le chien, le fidèle.

Enfant, j’aimais écouter l’histoire que me contait  maman.
Mon père, militaire, parti loin,

  Son fidèle l’attendait, sans rien manger ni boire.

Quand le maître revint, folie du chien courage !

Qui se rappelle Véronique?

Cette chatte envoyée dans l’espace, premier être vivant hors galaxie …

revenue vivante sur terre !

Aujourd’hui, l’hirondelle,

ignorant le chaos,  annonce le printemps.

Faites-la dessiner par l’enfant!

Et n’hésitez pas à laisser un peu d’eau au bord des cils.

Marie-Claude About

 

Du cran par écran (suite): aux pinceaux !

VIRUS, par Marie-Antoinette Girard MAG GestesMarie-Antoinette Girard met la main à la pâte, les mains dans le plat, plaf !

Prendre le virus à bras le corps, lui faire la peau dans un corps à corps qui l’incorpore, comme un vaccin !

Mettre un masque visible sur les visages,  qui en portent si souvent d’invisibles…

La peinture est là pour donner chair aux mots, dessiner les desseins :

ainsi, « Gestes-Barrières », se colore de nouveaux sens sous le pinceau de Marie-Antoinette :

Dessiner le sens des mots

Dessiner le sens des mots