Archives mensuelles : juin 2013

Vent d’Est, Vent d’Ouest à la Page Blanche.

Dans une ruelle qu’on pourrait prendre pour une impasse,

Des choses se passent, inattendues,

Et des gens passent, comme convenu.

Ainsi, ce lundi de mi-juin,

Quand les bateaux s’en sont allés,

Donnant aux quais de Rouen un air abandonné,

Notre rue des Chanoines vit le Far West, puis le Far East,

Converger vers l’atelier !

Des étudiants américains d’abord, venus  s’initier au croquis,

Obésité et spontanéité mêlées,

Casquettes renversées et baskets éprouvées,

Vinrent à point pour l’éclaircie,

Et dans la cour d’Albane crayonnèrent à plaisir.

Naïfs ou habiles, ni leurs yeux, ni leurs mains

Ne se firent prier et les couleurs surgirent…

Dans la soirée, ceux-là étant partis,

Vint une promesse d’ Asie :

Wen-Yu, la calligraphe, prépare un voyage à Taïwan,

Rencontre de peintres et de peintures,

Pour octobre 2014.

Nous en serions, si nous pouvons.

Toiles et rouleaux dûment préparés et emballés pour embarquer.

Vent d’Est, vent d’Ouest, quand vous voulez souffler,

N’hésitez pas, venez donc nous pousser,

Nous sortir des impasses

Traverser l'inconnu sans s'étonner de marcher sur les flots...

Traverser l’inconnu sans s’étonner…

 

Mad Art

EAUX D’ICI

Affiche expo juin.docx

Contre l’art clinique et sage,

Contre les toiles rares et chères

Posées délicatement

Sur murs blancs,

Loin du chaos

De leur génération,

Des émotions

Et des ébullitions

Dont elles sont le fruit,

Des atermoiements,

Des incertitudes

Et des cris étouffés

Dont elles sont le reflet,

La Page Blanche

A choisi

De répondre à l’abondance des eaux d’ici

Par l’accumulation,

La profusion,

Les confluences…

Si vous passez par la rue des Chanoines,

Vous verrez de l’art cru, de l’art en crue,

Loin des cliniques hygiéniques

Aux murs blancs,

Aux tableaux rares et chers….

 

 

Au Cimetière de l’Art, à Nolléval

défunte toile

C’était dimanche dernier,

premier de juin.

Nous étions conviés,

dans ce lieu champêtre

et Duchampien,

mais aussi Flaubertien,

à célébrer la légion d’honneur

en fleurs

du pharmacien Homais,

ennemi d’Emma.

À l’ombre du défunt château d’eau,

devenu le mausolée de Madame Bovary,

sous l’oeil de la défunte gare,

une assemblée de bons vivants

accompagna quelques enterrements

d’oeuvres choisies.

Geste non anodin.

Pour les uns, l’enfouissement est l’oeuvre-même,

comme ce fil blanc

figurant le temps

et les liens,

déposé déroulé débobiné

déballé ;

Pour d’autres, l’adieu à un morceau de leur temps,

de leurs émotions, de leur élan.

Ce fut mon cas.

Toujours le temps !

Pour une fois ,

nous avons pris le temps

de le suspendre

dans la gare aux trains absents.

 

Merci, Patrice Quéréel !

 

Art Mad à La page Blanche, du 7 au 17 juin

La Page Blanche moins blanche que jamais, en ce début de printemps, d’été, de soleil tant désiré…

Les bateaux affluent dans le port de Rouen,

Les tableaux, aux murs, en font autant.

Ceux-là viennent de si-loin, des quatre coins du monde,

Ceux-ci, nés dans nos eaux profondes,

S’exposent aux rencontres,

S’ouvrent et se montrent…

Risquant, les uns en mers trompeuses,

Les autres en accroche hasardeuse,

De sombrer corps et biens,

De ne rimer à rien.

Mais ils auront vécu,

Cela se sera su,

Toiles et voiles confondues…

IMG_2884(1)Mad Art