Archives mensuelles : septembre 2013

Des Journées du Patrimoine aux Portes Ouvertes d’Ateliers

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Pour moi, dans cet entre-deux-portes’ouvertes, celle des Journées du Patrimoine, – auxquelles la Page Blanche participait pour la première fois -, et celle des ateliers de Rouen, les 27-28 septembre, une étrange découverte :

Dans le charmant petit salon italianisant que je dois restaurer dans un château du pays de Caux, des angelots, des putti innocents et joufflus à souhait, se promènent dans le plafond à caissons, peints au XVIIIème siècle et marouflés ici vers 1880. D’étranges carrés blancs régulièrement alignés à certains endroits m’intriguaient, disposés comme des sparadraps à intervalles réguliers, témoignant d’un essai minimal de réparation de quelque chose.

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Après avoir grimpé et gratté, je m’aperçus qu’il s’agissait d’impacts de balles. La régularité de l’alignement trahissait l’utilisation de mitraillettes, les taches de rouille sous-jacentes révélant la présence des balles encore fichées dans le plafond.

Alors que je travaille depuis deux ans sur les effets de la dernière guerre sur ma famille, et sur la génération qui nous précède de manière générale, ce spectacle m’explose à la figure comme une grenade.

Toucher une présence aussi palpable de violence au coeur de cette fantaisie raffinée m’a bouleversée. Sentir de si près, de mes mains, les efforts des uns pour embellir la vie, lui donner charme, couleur et saveur, et la rage des autres à détruire, à tirer à l’aveuglette, à tuer…

Une évidence, sans doute, mais dont on tente souvent de se détourner, tant elle fait mal. Là, pas d’échappatoire : il me revient de soigner et de réparer le mal fait il y a si longtemps.

Belle passerelle entre Journées du Patrimoine et Portes Ouvertes d’ateliers, entre oeuvres du passé à faire revivre, tout en respectant leur histoire, et inspiration pour les oeuvres à venir.

Renouer la chaîne des temps pour s’ancrer un peu plus dans le camp choisi, celui de la réparation.

Adeline Gouarné

 

 

L’Art des Rencontres

Rencontre entre un Ready Made, un radiateur et un tableau

Rencontre entre un Ready Made, un radiateur et des peintures…

Portes Ouvertes, la page Blanche s’ouvre régulièrement aux rencontres : de styles, de gens, d’expressions.

Porte ouverte, un courant d’air apporte les germes d’un événement futur.

N’est-ce pas le sens de Noël ?

Nos Portes Ouvertes de Noël dernier nous ont amené, sans que nous en ayons la moindre idée, la rencontre improbable avec Patrice Quéréel,

Père Noël rose de la Page Blanche.

Nouveaux chemins Duchamp…

Quelle sera la prochaine rencontre ?

 

 

Roulez, sybilles cyclistes !

Deux Roues

Renversantes, les roues renversées, roues sur la sellette, prêtes pour l’interrogatoire.

Ces sibylles cyclistes livreront d’obscurs oracles, cadavres exquis tirés des aphorismes de Duchamp…

Idées irradiées, rayonnantes, des gentes rrosaces libérées, manufacturées,

dévissées,

déjantées ?

 

La Partie d’échecs n’aura pas lieu

La Partie d'Échecs n'aura pas Lieu

La Partie d’Échecs n’aura pas Lieu

La partie se fige

Plus de nu

L’un se tait

L’autre cause

Parcel

et

Matrice

se font face

C’est ailleurs

Au temps des mats et des pats

des rois et des reines de bois

des fous

Les cases sont roses et noires

Autre histoire

Le poids du nom

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On dit que le nom dit tant de choses de celui qui le porte…

Inutile de chercher pourquoi,

Mais voilà.

C’est un fait,

Patrice Quéréel en est l’illustration :

Qui ne croirait, le sachant passionné par le surréalisme,

Que Quéréel soit un pseudonyme ?

Qui ne croirait, le sachant connaisseur et défenseur hors classe du patrimoine,

Qu’il se soit lui-même baptisé Patrice ?

Eh bien, non !

Il fut bien, dès la naissance,

Chargé de cette double mission : affouiller les sources du réel, dans notre patrimoine,

Quitte à souffrir de voir que, pour certains, les bombardements n’avaient pas été suffisants,

Qu’il fallait poursuivre le massacre en temps de paix,

Au nom de la rentabilité, de la banalité, de l’uniformité.

Vêtu de son armure rose, Quéréel-Don Quichotte

A mené des combats perdus d’avance,

Et vu s’effondrer la piscine Gambetta, l’École Normale, et tant d’autres…

Mais il en conserve la mémoire et des bribes glanées

Qu’il sait faire partager.

Voilà ce qu’il propose à la Page Blanche devenue Rrose pour un temps !

En attendant Duchamp…

L’homme Duchamp

efflorescences

Abolit l’art

Plus d’art, plus d’artistes

Plus d’art, plus d’artifices

Que  l’art pour l’art se meurt,

Pleurent les artifistes factices

Dolents de l’art perdu

-Et des dollars dûs ?-

Actons, acteurs hâtifs et naïfs,

Que si l’art se meurt,

Il est rené, Phénix,

En oeuvres insolentes, insolites

En Ready Made (s)

En mots d’esprit

En bricolart

Pas mignon ni mignard…

Loin des convenances,

- Et des cons venant  nombreux -

Se faufile, s’infiltre, un anart,

Un nonart étonnant

Interrogeant

Sans arrogance

Cherchant sens

Prenant du champ

Face au réel plus que réel…

Adeline Gouarné

 

 

 

Étudiants de St Lawrence à La Page Blanche

St Lawrence

À peine débarqués d’Amérique, une dizaine d’étudiants se sont retrouvés, crayons en main, le 3 septembre, face à la cathédrale, pour faire connaissance avec le plus fameux monument d’une ville qu’ils vont apprendre à bien connaître  puisqu’ils y resteront un semestre.

Sous un magnifique soleil estival, la séance de croquis, guidée par l’équipe de La Page Blanche, a donné lieu à un de ces moments délicieux où chacun s’abandonne au plaisir d’une double découverte : de ce qu’il choisit de voir, dans cette masse si intimidante de pierres taillées, sculptées jusque dans les plus infimes détails nichés dans le moindre recoin, – et de ce que sa main exécute, parfois contre toute attente, pour la meilleure ou pour la pire des surprises.

Quelques indications techniques pour les uns, novices, quelques  encouragements pour les autres, perdus devant un paysage si foisonnant, et il n’en faut pas plus pour que chacun emporte sa vision d’un moment suspendu, saisi spontanément.

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Rentrée surréaliste et rrose

Un invité d’honneur, un invité de choix à La Page Blanche, pour les deux événements qui marquent la rentrée :

- les Journées du Patrimoine, les 14 et 15 septembre, 13h-19h

- Les Portes Ouvertes d’Ateliers, les 28 et 29 septembre, 12h-19h

Patrice Quéréel, président de la Fondation Marcel Duchamp, installe un morceau de son univers surréaliste à La Page Blanche, provoquant nos réactions et nos réponses.

Un siècle après les premiers Ready Made, la question de la particularité et du statut de l’oeuvre d’art est toujours aussi neuve. Des balbutiements de la société de consommation à son achèvement dans la globalisation du village planétaire, le mystère de la création artistique n’a fait que se creuser. Comment développer et exprimer sa personnalité singulière dans la cacophonie de la communication formatée ? Comment ajouter un objet nouveau dans un monde si plein qu’il doit fixer le sort de ses montagnes de déchets à coup de décrets ?

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Comment oser encore affirmer que Rrose Sélavy quand on nous la dépeint sans cesse en gris ?

C’est à toutes ces questions, sans compter les autres, que nous tenterons d’apporter nos modestes réponses…