Archives mensuelles : février 2014

Corps à corps

S'arracher aux contraintes et aux contraires, corps à corps...

Danse 1

Autour de la danse,

Rôdent contraires et  contraintes

Autour de la danse

S’arrache ce corps

Contrarié contraint

Corrompu rompu

Combat contre un

Poids de soi,

- D’un pas de soie chassé.

A.G.

 

 

 

Pour un art anticleanique

Notre monde post-industriel a sécrété des galeries branchées et blanches où des tableaux sont disposés plus qu’exposés, aseptisés et bornés, même, – et peut-être surtout -, lorsqu’ils sont empreints de violence et choquants.

Les murs blancs, indifférents, font écran, absorbant l’émotion contenue dans les oeuvres.

Blanchiment d’émotions sales par la vertu d’une valeur marchande formant rempart, piles  de zéros comme autant de coussins étouffant le choc des résurgences barbares, de la brutalité, de la pornographie.

Propreté d’hôpital pour ces galeries clean et cliniques, aseptie de ces opérations secrètes greffant la souffrance de l’artiste sur des toiles, par le truchement du pinceau, au plus près de l’expression précise ; ineptie des commentaires autorisés ramenant tout à la forme, insérant l’oeuvre unique dans un rayon de références rassurantes, la couchant sur un papier glacé et glaçant, propre à éteindre ces braises qui brûlent et dérangent, à lisser les matières rugueuses, à recoiffer les hurlements hirsutes.

A contrario, je trouve que l’art doit se découvrir dans un lieu vivant, donc imparfait, où l’on ressente le dialogue de l’Esprit et de la matière, écho du combat sans fin ; en un lieu où le passé, loin d’être chassé, soit bien présent, histoire de nous remettre à notre juste place dans la chaîne des temps.

Concrètement, la Page Blanche, paradoxe de blancheur, se veut un lieu anti-cleanique : briques façonnées à la main, cuites au feu de bois, irrégulières dans leurs formes comme dans leurs couleurs, poutres massives et biscornues, pierres friables, équilibre du fragile et du durable, nature et culture unies…

… Héritiers, maillons, petits arbres, faisons nos fruits tout simplement, sans nous poser de questions inutiles sur le cours de la pomme à la saison prochaine… Produisons et arrosons en désordre le tapis humide et boueux qui nous sert de terreau. Certains fruits pourriront et se reproduiront, d’autres nourriront et se transformeront, acceptons-le,

humant l’humus,

humains !

Adeline Gouarné