Archives mensuelles : mars 2020

Atelier Du Cran par Écrans (suite)

L’atelier a commencé avec l’idée de faire vivre la manifestation du « Printemps des Poètes 2020″, d’une façon adaptée aux circonstances…  jusqu’à proposer à chacun d’inventer son vaccin anti-virus.

Au labo des mots, les fouilleurs d’imaginaire poursuivent leur recherche.

 

Voici les textes reçus ce matin, de deux Catherine (s)  :

 

Les enfants et les oiseaux

 

Il était une fois …..

Il y a très très longtemps …..

Un mal étrange et inconnu sévissait

 

La plupart des parents étaient fatigués, certains ne jouaient plus avec

leurs enfants, d’autres ne riaient plus, d’autres encore ne vaquaient plus

à leurs activités habituelles.

Bizarrement ce mal semblait épargner les enfants et surtout les oiseaux,

qui n’avaient jamais chanté aussi bien.

Pâques approchait.

Les enfants, craignant de ne pas trouver de chocolats cachés dans les

jardins, se réunirent.

Clochette se rassurait à l’idée que sa maman la mettrait sous cloche, s’il

advenait que le mal empire ;

Charlie crânait car son papa dirigeait la chocolaterie ;

La famille de Cagnotte envisageait de s’exiler au bout du monde grâce à

sa fortune ;

Chez les Bismuth, pharmaciens de père en fils, on comptait sur le Professeur Merlin, cousin du neveu de la grande tante, pour trouver un nouveau remède ;

Carotte avait compris que le potager, unique fortune de sa famille, les

sauverait de la famine ;

Baba se désolait car son père, pâtissier de son état, ne fabriquait plus de gâteaux et encore moins d’oeufs en chocolat.

Les semaines passaient, sans qu’aucune amélioration ne se dessine !!

Bien au contraire :

La famille de Clochette avait perdu tout son éclat ;

Le papa de Charlie avait dû fermer la chocolaterie, faute d’ouvriers ;

La bourse s’étant effondrée, la richesse de la famille Cagnotte s’était

envolée ;

Le professeur Merlin ayant succombé au virus, l’état de santé des

Bismuth était inquiétant ;

Carotte trouvait la vie difficile car elle n’aimait pas tellement les légumes – surtout sans pain et sans chocolat au goûter - ;

Baba espérait que le roi trouverait une solution rapidement, faute de quoi

la pâtisserie baisserait définitivement le rideau.

Les enfants décidèrent de consulter les oiseaux, qui continuaient à voler et à chanter à tue-tête.

À l’issue de ce congrès exceptionnel, Colibri, le délégué officiel des oiseaux, dont le frère vivait en Amazonie et avait beaucoup appris des Indigènes, délivra ses conseils.

La famille de Clochette, qui s’oxygénait davantage et faisait beaucoup

d’exercice, retrouva son éclat ;

La chocolaterie fonctionnait à plein régime, car le papa de Charlie veillait

mieux au soin de ses ouvriers ;

La famille de Cagnotte avait oublié ses déboires financiers et consacrait

son ingéniosité à aider le village ;

Les Bismuth, grâce aux archives scientifiques du professeur Merlin et forts des conseils du frère de Colibri, concoctaient des remèdes miracle ;

Il fallut agrandir sensiblement le potager de Carotte, la consommation de

légumes ayant plus que doublé.

Suivant les conseils de Colibri, chacun fit sa part et, peu à peu, la joie de

vivre et la santé revinrent.

Mais il fallut du temps – et Pâques était passé.

L’année suivante, Baba put organiser une chasse aux

œufs géante où furent conviés tous les villageois, les enfants et les

oiseaux.

Catherine Duminil

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Maman, les mots sont des clés

Les mots sont des clés

Ouvrant fermant

Les cellules

Dans la prison de soi

Les mots sont deux portes de grange

Sur le mur blanc

S’y engouffre en courant

Le troupeau laineux des phrases

D’où Il ressort flageolant

Comme après une bagarre

Je le regarde s’égailler

Les mots sont des portes de cuisine

Par où se goûte l’être humain

Les mots sont des bouches

De partout les mots se boivent

Comme du thé russe ou du whisky

Maman les mots sont des cristaux de larmes

Nuage rose barbe à papa

Au trou de la serrure en forme de bouche

Un mot comme le ciel

où des ballons ont aussi des noms

Catherine Weber

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En prime, ce scoop en exclusivité :

Vaccin anti-découragement

concocté dans le repère du Bord du Bois

à l’insu des media

Le principe de la vaccination consistant à inoculer les germes d’une certaine maladie pour susciter les défenses de l’organisme, VOICI LE VACCIN ANTI-DÉCOURAGEMENT

à inoculer en plusieurs prises, grâce au piratage du Labo de l’Info Faux :

- Hautes doses de passivité

- Infos angoissantes en continu génétiquement modifiées

- Pelletées de contradictions

- Prêt à penser cultivé hors sol

- Fermeture d’esprit

- Gavage en tous genres

-

Excipients : envie, jalousie, comparaison ; surcharge le corps – négligence de l’esprit ; cultivez le tout-fait et coupez la main ;

effets secondaires souhaités : choc, éveil, ouverture d’yeux, éblouissement, retour aux sources, créativité, liberté.

Adeline Gouarné

 

 

Lis tes ratures 1

l'arbre accepte ses calices, même imparfaits

l’arbre accepte ses calices, même    imparfaits

En ouvrant la cage

des mots des phrases

figés en pages

à barreaux,

 sens nouveaux

se libèrent

 noyaux joyaux joyeux jeux.

Si je convertis :

« la mort » en « l’âme hors »

je sens qu’elle est

« hors je »

comme l’âme est « hors jeu » depuis longtemps

dans notre monde.

                                                                                   Adeline Gouarné

Printemps des Poètes virtuel (suite) étape 3

      1. Du cran par écrans

      2. 3ème étape

Je commence par vous livrer quelques extraits de poèmes très divers qui me semblent en parfaite résonance avec cette exploration du thème du courage :

Extrait n°1 : La Fontaine « Les Animaux malades de la Peste »

« Un mal qui répand la terreur,

Mal que le ciel, en sa fureur,

Inventa pour punir les crimes de la terre.

La peste, puisqu’il faut l’appeler par son nom,

Capable de remplir en un jour l’Achéron,

Faisait aux animaux, la guerre.

Ils ne mouraient pas tous

Mais tous étaient frappés (…)

Le lion tint conseil et dit : … »

Extrait n°2 : Henri Michaux   « Clown »

«… Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, (…) j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, mes semblables !

Vidé de l’abcès d’être quelqu’un

je plongerai

sans bourse

dans l’infini-Esprit sous-jacent ouvert à tous

ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosée

à force d’être nul… et ras… et risible ! »

Extrait n°3    Marie Noël   Chant de la source

«  Les autres sont des gens, les autres sont des femmes,

Les mains pleines d’argent, pleine de bonheur, l’âme.

Moi, je suis, dans le bois qui ne sait, une source

Je suis l’eau, que ne boit personne dans sa course… »

Extrait n°4    Marie Noël  « Prière du malade pour ses médecins »

« Ayez pitié, mon Dieu, de ceux qui se sont chargés de la peine des autres, de ceux qui se sont faits des sauveurs.

Sauveur de tous, donnez au médecin la LUMIÈRE,

pour qu’il ne se perde pas dans l’obscurité d’autrui, et que, obligé de pénétrer dans le secret des corps et des âmes, il ne se trompe pas de route et ne blesse rien en passant.

(…) Donnez au médecin l’AMOUR,

pour qu’en son plus mauvais moment, dans son incertitude, sa faiblesse d’homme, son trouble, il trouve toujours une douceur, un abri, une force, pour le désespéré qui l’attend… »

Extrait n°5  Miguel de Unamuno   Le Christ de Velasquez

« Voile qui, de l’abîme des hauteurs, souffle entre les frères qui furent jadis, trouble la surface de l’âme et, dans ce tremblant miroir reflété, le monde aussi tremble… »

Extrait n°6   Karol Wojtyla            Profils

« Saurons-nous porter la barque qui roule sur les hauts-fonds de l’Histoire sans chercher ces mains invisibles ? …»

Extrait n°7        Léo Ferré

«  Avec le Temps, va, tout s’en va… »

Extrait n°8  Alfred de Musset         La Nuit de Décembre

« Qui donc es-tu, qui donc es-tu, mon frère,

Qui n’apparaît qu’au jour des pleurs ? »

Extrait n°9      Arthur Rimbaud    Ma Bohême

« Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées »

Extrait n°10    François Cheng     Qui dira notre nuit ?

« Qui dira notre nuit, sinon nous-mêmes ? »

Puis, je vous donne une nouvelle banque, faite de vos trouvailles, qui sont autant de visions du courage :

improbable confiture /remise en question / point d’exclamation/ désirer le danger/ trésors d’imagination/ peur de vivre /coeur de la nuit / vider les malles / les temps morts / ferments du ciel/ triste sire /           meubler l’imaginaire/retourner le sujet / fleurs du passé/ rendez-vous manqué/ code de la route / le rêve de l’ange/sel de la terre / sauver les meubles / zeste de soleil/ grimper au mât demi-zen / clé du paradis / peut être / l’enfance en feu / source boréale / faire le bien/prendre à pleines mains/ renaissance / force du roseau / courir encore mauvaise bonne conscience / se noyer dans la musique/ épreuve de force /barrer le moi-je/ mise au monde / ange d’âge d’or/autosatisfaction/ la maman qui grince/ perdre la vie / boussole intérieure / vieux bébé bec ouvert / coup de fouet / se vider / jeter le sel de la passion / pirouettes sur le gazon /entrer par la petite porte / enjamber les pouvoirs / force du roseau / route hors du Temps / faire rire / se perdre / magie des mots / se raccrocher aux branches / reflet du défunt/ épluche-amour/ .

Ensuite, avec le souvenir  :

- de ce qui a pu vous parler dans les extraits de poèmes proposés,

- de vos propres textes de ces jours derniers, ou de ceux qui vous ont nourris dans un moment difficile,

- des mots des deux banques,

- de votre réaction à ma proposition provocante,

je vous propose de trouver un vaccin contre la peste du découragement collectif que plusieurs ont repérée, comme moi, à travers l’exclamation : « Bon Courage! », lancée sans y penser.

Ce virus est si répandu que j’ai entendu, sur le marché de Gournay mardi, plusieurs personnes me répondre, lorsque je disais que la situation actuelle ferait peut-être sortir un bel élan d’entraide : « Avec les Français, il faut pas y compter ! » Et ce sont des Français qui m’ont dit cela ! « Alors, c’est qui, les Français ? », a-t-on envie de répondre ! Voilà bien le virus tueur d’âmes, insidieux, dont personne ne s’occupe…

Donc, en piochant dans les quatre trésors énumérés plus haut, je nous invite chacun à concocter un remède anti-virus du découragement :

soit une vaccination, une formule magique, une recette de cuisine,

soit inventer une épigraphe gravée dans la pierre depuis des siècles,

soit rédiger une page de vieux grimoire trouvé dans un grenier,

soit composer une chanson à fredonner pour se donner du …

soit une autre forme, à laquelle je n’aurais pas pensé.

Lâchez-vous !

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Voici les propositions que j’ai déjà reçues :

BON COURAGE SUR LE DIVAN

 

BJ : Je me présente, Docteur Bon Jour. Votre nom ?

BC : Courage

BJ : Prénom ?

BC : Bon

BJ : Ah ! Quel bon Dieu vous amène ?

BC : J’ai peur de vivre.

BJ : Dévêtez votre improbable confiture et zeste de soleil, et allongez-vous sans regarder au qu’en dira-t-on.

BC : En fait, mes cousins Bon Compte et Faux Amis se raccrochent aux branches. Ils m’agacent avec leur mauvaise bonne conscience.

BJ : Mais vous allez guérir pour deux sous des péchés anonymes. Allez, bas ce maillot et ce pantalon, montrez-nous votre gazon. Il n’est plus temps de sauver les murs du temps mort.

BC s’étend sur le divan cachant pudiquement sa boussole intérieure.

BJ étend la main : Eh ! Ventre mou, âme franquette, cœur fuyant, … Oh ! Bâton grimpant au mât demi-zen !

BC : Alors Docteur (point d’exclamation) ! Ai-je encore la force du roseau ? C’est une ferme remise en question !

BJ : Cher Monsieur Courage, que de souffrance, de colère ont fui sous vos pas – Faux Pas peut-être. Ne revêtez pas votre probable déconfiture sans jeter un peu de sel sur la passion. Votre destin semble noyé dans la magie des mots et des rendez-vous manqués. Je vous propose de couper le Bon qui vous colle à la peau. Enjambez le pouvoir en passant par cette petite porte du désir. La langue française vous fera ce tour de passe-passe dont elle raffole.

Sans le Bon, vous serez Courage, du Cœur et de l’Âge, ferments du ciel, jet puissant d’une liberté chérie et de source boréale !

                                                                                     Gaëtan Deffontaines

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Le remède anti-découragement du docteur Folespoir

Un pied de nez
Une pirouette
Un air de famille
Une pièce montée
Un oeil de lynx
Une tête de pioche
Un ventre à pattes
Un coeur d’artichaut
Un trou de mémoire
Une humeur de chien
Un coup de gueule
Un coup de rouge
Une idée noire
Un lapin blanc
Une poupée russe
Un château en Espagne
Un roman à l’eau de rose
Une larme de crocodile
Un feu follet
Une boussole intérieure
Une queue de comète
Une lanterne magique
Passer à la moulinette
Ajouter une pincée de poudre d’escampette
Bien mélanger
Une cuillère à soupe au coucher
A renouveler si nécessaire

Nathalie Bourgade

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    1. Le vaccin de Josette

Ça y est, je le tiens cet horrible vaccin

malsain

qui, enduit d’huile de ricin,

me glisse entre les mains !

dans ma tête un refrain

suis-je un porteur sain

ou

suis-je moi-même atteint ?…

Refrain qui, dois-je le croire,

me cause bien des déboires !

Quelle pensée négative

me poursuit, lascive,

me saoule et m’enivre

comme une musique

aux mots magiques

qui me poussent et m’enlacent

sans laisser de traces ?…

Résiste,

Prouve que tu existes !

Ce mal qui répand la terreur

va-t-il faire mon malheur

comme une punition divine

qui prend racine

et me ruine ?

Ne pas subir

d’idées horribles,

chancres nuisibles !

Ne pourrait-on, paisible,

revenir à de saines pensées

qui, tout au long de ces années,

m’ont bercée et poussée,

m’ont faite ce que je suis

avec force et courage ?

Me voilà et j’enrage

de ne pouvoir, malgré tout,

en venir à bout !

Et ce vaccin, surtout,

c’est de l’huile de ricin :

il nous glisse entre les mains…

J.M.

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Éléments (2)

ne pas être quelqu’un, juste être

pas moi-je, juste je

par l’orgueil, juste l’or

être élémentaire

être l’eau

pour jaillir et irriguer

être la terre

renouvelée, nourrissante

être l’air

et l’horizon et le ciel

être le feu

qui réchauffe et embrase

être l’océan et l’algue

la méduse la coque

le rocher la craie

la mouette la fourmi

être fougère ou ronce

acharnée, persistante

être chêne centenaire

racine profonde

pluie ou rosée

naître et renaître

mettre au monde

chaque matin

la force de vivre

Véronique Maupas

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Texte bercé de paroles de musique

« Du courage, du courage, du courage »… comme une ritournelle entraînante et qui me rappelle tant de souvenirs.

L’artiste s’appelait La Grande Sophie avec des paroles écrites par Calogero dans un moment charnier de ma vie. Et ça faisait : « La question que je me pose sans cesse, c’est :  » Où est-ce que je pourrais trouver du courage ? » »

Quelle bonne question !

« Où trouve-t-on du courage ? »

À cette question dite à voix haute, mon fils m’a répondu du haut de ses 7 ans, avec cette image : construire un grand immeuble, étage par étage, et qu’à la fin, je puisse me rendre compte qu’il m’aura fallu du courage pour être arrivée jusqu’en haut et pouvoir regarder fièrement en bas.

C’est peut-être ça, le courage, cette métaphore autour du savoir et pouvoir grandir ?

Partir des racines et avancer en ne reculant pas. Enfin pas trop, quand ça fait mal, quand ça fait peur, quand il y a des coups durs.

Le beau, le bon, on les retrouve aussi devant les carrefours de la vie…. Voire dans « le Tourbillon de la vie » : attentats, Charlie, « Police je vous aime puis je vous hais », révolte sociale, la couleur est au jaune, puis vire au Corona…

Quelle affaire ?!!! Français ou pas, telle n’est pas la question, elle est dans l’infiniment petit, dans les origines de la vie, où résonne la mort.

« Je suis née quelque part mais pour celui qui est né c’est toujours un hasard » et peut-être que pour une partie du reste de la vie aussi… Du reste, qu’est-ce que je décide ? avec moi, l’autre, les autres…

« Toi + moi + ceux + tous ceux qui le veulent », être raisonnable, et raisonner pour bien entendre cet élan vital, notre capacité à être.

Soyons créatif comme ces écrits, et d’autres formes possibles.

Hier, avec mes enfants on a habillé une pomme de terre avec des yeux, des bras;auréolée d’une cape, elle disait : « Restez au chaud, confinés »… Super Patate…

Qui aurait cru un jour que cette pomme de terre finirait en héroïne de table ? Certainement pas elle.

Alors, qui sait ?

Tout est possible, quand on  puise le courage face à l’adversité :

on peut CRÉER !

Audrey Chabaud

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          ANTIPESTE (en anapestes)

LE POIVRE DE PENJA : L’ANTIPESTE.

Dans les ténèbres

Prépare l’aube

Pèle ton oignon,mâche le poivre

Avant de parler

prépare l’aube

Le soleil aussi a sa zone d’ombre

Il fait plouf

Il a disparu

Parti préparer sa robe de lumière

Pèle ton oignon

Mange le poivre

Choisis le vrai poivre, le poivre de Penja

Et pleurent les yeux

La gorge en feu

Tu feras pousser le lys blanc

Sur ton front

Le python

Sur ton sceptre, le cobra

Pèle ton oignon

Avale le poivre

Gare à la parole courbe, à la langue qui fourche

L’erreur t’élève

Le mensonge t’avilit

Dans le tunnel de ton chemin

Pèle ton oignon

Avale le poivre

Chasse la décomposition

Oh toi Isis

Mère aimante

Donne le sein à ton nouveau-né.

Evelyne Pélerin Ngo Maa

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Le 23 mars 2020

 Le courage en débardage 

Après avoir étalé sur un lit de souffrance, volonté, distance et témérité,

Épluché les remises en question,

Écrasé le code des doutes bien conduits,

Enjambé le pouvoir du Moi-Je

Et grimpé aux mâts mis !

Zen…

Prenez un zeste de soleil, puisé à la source boréale,

Pressez une goutte de sécurité à bas prix

Pilez et mélangez à pleines mains.

Empaumez la pâte, saupoudrez de gingembre et de menthe poivrée,

Malaxez le tout en une confiture improbable de bonne pâte pétrie par principe ôté.

Cherchez alors un être sourcilleux de naissance et soucieux de renaissance,

Un aveugle avide,

Un enfant fanfare,

Une maman mouise en monde

Et enduisez-les de cet épluch’amour en chantant :

Ah ! Eh ! Roseau mort, mort aux miroirs

Ah ! Eh ! Maman muse de l’homme mots

Ah ! Eh ! Petites pommes aux poings promus

Ah ! Eh ! Enjambe jeuness’et jaillis !!!

Alors s’ourdira une source incandescente de sensations insidieuses, jubilatoires, qui,

tel un fanfaron fera fi de toute fioriture

pour louer le rêve de l’ange jusqu’à la lie,

Joie que rien, jamais, ne jugulera !

Cou-rage, Roue-cage, dégage,

Volages et mages n’ont pas d’âge

Ici on voyage sans bagages!

Anne Deffontaines

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Trouvé dans un grimoire

Au jour où le courant du Courage a viré – désertant les rivages, ravageant les visages, dévastant les bagages ;

Au jour où l’envie de Vie s’est envasée dans le flot des flux,

s’est embouteillée dans le touche-touche des pare-chocs, le tut-tut des autos ;

Au jour où le Loto de l’Auto qui lançait son lasso sur l’homme a pris l’eau ;

Au jour où les bouteilles ont embouti l’Esprit pour le mettre en tonneau ;

Au jour où l’étonnant tonneau s’est fait baril d’or noir polluant l’espoir ;

Au jour où l’épluche-amour au coeur de la nuit laissa filer le sel de la terre ;

Au jour où les ferments de la terre et du ciel, enfermés, surgelés, ont mangé les étoiles ;

Au jour où la clé du paradis s’est enfouie sous les tonnes de débris ;

Au jour le Moi-Je barré barricadé s’est échappé sans boussole intérieure ;

Au jour où les monnaies de singe ont muté dans des puces à virus ;

Au jour où l’on a scié sciemment les branches auxquelles on s’accrochait ;

Au jour où l’Homme s’est fait vieux bébé bec ouvert ;

Au jour où l’on s’est plaint du trop-plein trop tard et sans tremplin ;

Au jour où la pire peur empierra les jardins, étouffa les fleurs ;

Au jour où le bonheur bonimenté punit le dément qui dément ;

Au jour où le déluge des sources boréales fit fondre l’Idéal ;

Au jour où le selfie fier de soi sert à faire fi de Foi ;

Au jour où l’on a fait une croix sur la Croix ;

Au jour où le corps obèse avala l’âme en larmes ;

Au jour où l’enfance en feu pleure la maman qui grince ;

Au jour où la peur de vivre pond les temps morts en comptant les morts ;

Au jour où l’on applique un masque sur les traits démasqués …

…C’est le moment des mots magiques, des rêves à la dérive ;

la miniaturisation gagne

l’Ange exterminateur des Âges

se fait infiniment petit

plus besoin d’ailes

il vire au virus

il use

c’est l’heure du leurre

invisible

la lutte chahute la hutte

terrasses terrassées

espoirs expertisés

vies dévissées

à cran sur écran

Alors, prends ton courage à deux mains sans attendre demain – humain, fais-toi mortel, simple mortel, tout bonnement mortel, passant de passage sans tambour ni trompette, foulant fouillant cueillant la terre qui l’accueille. Habille ton coeur, creuse son vide vide-le de sa pulpe palpe-le presse-le :

bois ce jus de courage 

Il est BIO !

Adeline Gouarné

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Chanson à fredonner pour se donner du courage

(sur l’air du Petit Cheval Blanc, de Georges Brassens)

Je suis l’eau dans un vase brisé

Je me noie dans la musique

Je m’en allais malade, crevé

À qui dirons-nous notre nuit ?

Je m’en allais malade, crevé

Et désirais le danger

Le roseau à peine naissant

Allant vers sa renaissance

Son courage était si tremblant

La tête pleine de jours de pleurs

Son courage était si tremblant

Mais il enjamba sa peur

 

Qui es-tu, toi qui as couru

et franchi ton improbable ?

Ton courage est un bon courage

Tu es sur la bonne route

Ton courage est un bon courage

Tous derrière et toi sans doute !

Noémi Egnell

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Un vaccin ? L’enfance !

 

Lorsque, grands adultes et vieux enfants, le cœur sec de tant de rendez-vous manqués, de tant de questions évacuées parce que tournées et retournées, de tant d’horizons éprouvés, nous nous confronterons une bonne fois à la rugosité de notre âme assoiffée, alors…alors nous pourrons opérer un ultime et double mouvement. En relevant la tête pour aspirer une gorgée d’air, nous plongerons en nous-même, et rebroussant chemin nous parviendrons au seuil de notre enfance. Et si notre regard a gardé quelques liens avec la lumière, nous apercevrons ou plutôt nous sentirons que derrière cette porte, il y a là, peut-être, sans doute, la source de notre mise au monde.

Là, un enfant avance tout doucement en chantonnant à voix basse une curieuse mélopée. La route où il chemine est insignifiante, elle est peut-être lisière, elle est peut-être traverse. Ce qui compte c’est l’attention grave qu’il met à réussir tout à la fois à avancer, à chantonner et à regarder. Chacune de ces trois actions porte l’autre, engendre la suivante, dans un mouvement sans secousse, sans précipitation. Cet enfant, c’est vous, c’est moi, c’est cette ombre ténue et légère que nous portons tous en nous. C’est ce petit être attentif et étonné que nous avons été quelques jours, quelques mois, quelques années, nous tenant devant ce monde, déjà un pied en lui mais un autre encore en nous.

Pour entendre cette douce chanson, il faudra alors se faire tout petit, se courber davantage en soi-même, sans mouvement brusque, de peur d’effrayer et d’éteindre ce petit feu. Que chante-t-il ce roseau, ce mât, cette porte, ce bâton, cet être enfin bien à la verticale ? Nous ne saisirons d’abord que l’air, léger, qui provoquera en nous une aimable réminiscence, une vague impression de ‘chez-soi’. Nous courbant encore un peu plus, nous finirons par saisir quelques mots. Mais ô surprise ! Entre ceux-ci aucune logique, aucun ordre, aucune cohérence. Des mots jetés, sans queue ni tête, par-dessus tête, rien qu’à sa tête…des débuts de mots, des fins de mots, des mi-mots, ou des mots bien entiers, mais alors, Dieu, sans grammaire aucune !

« …mi, tourni, voilà où je, saperlipopette, lumière et quest, petit oiseau ça rampe, la la, mi ré do, papa dit, maman tu, ré mi do… »

Un peu honteux d’avoir été ainsi trompés, un peu nerveux, nous commencerons à nous redresser, à nous détacher…voilà bien les gosses ! Heureusement qu’on grandit !

Mais alors que dans un dernier déroulement des vertèbres, nous nous apprêtons à reprendre la verticale puis la tangente, nous croisons son regard sérieux et malicieux. Et dans un éclair nous comprenons. La clé de notre vie, la voilà. La clé de toute force, elle est là. Non pas tant dans nos actions ; non pas tant dans les paroles que nous prononçons ; non pas tant dans le chemin que nous suivons ; non pas tant dans ce que nous regardons. Le clé est dans l’équilibre et l’attention extrême que nous portons à toute chose : l’attention que nous mettons à voir le monde, autant qu’à y avancer et à le transformer, autant qu’à y chanter c’est-à-dire à l’embellir de nos actions de grâce et de nos émerveillements.

Plût au Ciel que nous sachions, en nous relevant, tout à fait marcher sur ces trois jambes, dans un équilibre enfin retrouvé !

Ingrid Egnell

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Anges… courageuses…courageux

Amours,

Je me souviens vous avoir mises au monde…

Avec cœur,

Dans la nuit,

Avec toute ma force

Et mon âme

Passionnée !

J’ai rencontré chacun, chacune,

Quelle découverte !

Maman…

Vidée et surprise,

Capable

D’accueillir cette force de vie,

Qui me promettait

D’accomplir la chance

De se rencontrer

De me rencontrer

       De nous rencontrer…

Amours,

De ma vie,

Pour la vie,

Telles des roseaux,

Les pieds sur terre…

Au-delà des montagnes,

Le feu comme ami,

Les étoiles nous souhaitent…

Sécurité

Force

Volonté

Témérité

Chance

Amour

Parfum de la vie

Une route hors du temps

Une chance découverte

Mille questions…

Amours,

Capables,

Etoiles de cœur,

Se rencontrent,

Tiennent bon,

Décident,

Crient,

Se promettent,

L’Amour

                                                             Maryse

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Le courage est une dérivation du coeur ; tels les fils électriques connectés dès la naissance, voire, à ce jour, virtuels.

Puis l’être se construit petit à petit en se connectant à ce monde qui l’entoure.

Sans en avoir pleinement conscience, il devra choisir, accepter ce qu’il est, et décider ce qu’il sera,

affronter cette ambivalence :

lâcheté/courage………………………………………………courage/lâcheté ;

« S’armer de courage » – la route de la vie est semée d’embûches pour tous.

Être humain = cerveau enfermé dans un corps frissonnant, ce qui donne, selon les cas :

héros ou triste sire.

La formule est :

Coeur + convergence + courage

Sans ces trois ingrédients, le passage dans ce monde n’est qu’errance désespérée.

Admirer le courage d’autrui ? C’est souvent s’accorder un bienfait par procuration. Sans danger, le courage est une sorte de brevet d’auto-satisfaction ; on s’approprie ce que l’on n’a pas osé dire et faire.

Trouver le sens d’une action,

se jeter dans le vide,

faire face à l’adversité,

ne rien lâcher,

faire d’une critique une force,

construire pour l’enfant un jardin

où cueillir avec fierté les fleurs de son passé,

où s’accrocher à des racines solides,

pour,

à son tour,

cheminer et

transmettre

sa vie.

Apprendre à voir 

voir avec les yeux

construire avec le cerveau

se forger soi-même,

une image, une histoire

faites de

choses, pensées, actes.

Marie-Claude About

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Liberté

Prenez vos distances

Pour protéger vos existences

Pratiquez le confinement

Et conservez absolument

Un grand espace

Afin que ce méchant virus

de guerre lasse

admette un consensus

et termine sa course

à bout de ressources.

On sait que c’est difficiles

surtout dans les villes

les petits appartements

remplis de cris d’enfants

tout prêts à éclater

et à échapper

à tout contrôle

malheureux dans leur geôle

donc prudence

et gardez de cette expérience

un grand élan d’amour

en vous et pour toujours…

J.M.

 

Atelier d’écriture virtuel (3)

Quand on a le courage de lâcher ses habitudes et de s’ouvrir aux mots (aux maux ?) des autres, en allant piocher dans la banque constituée par les mots des uns et des autres,

Quand on a la forme de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, comme dit Henri Michaux, alors s’ouvrent en soi-me des fenêtres que l’on n’avait jamais vues, même fermées.

Les rois ne touchent pas aux portes… Ils ne connaissent pas ce plaisir…, dit Francis Ponge. Aujourd’hui où le corona découronne nos majestés, c’est le moment d’arracher l’ancre qui tient nos navires loin des mers et de partir pour explorer les confins de nos imaginaires !

Voyage sans frais et sans pollution, offert à tous…

Adeline Gouarné

 Suivez le guide !

 

      1. Deuxième étape   Reprendre son premier  texte en le transformant par l’utilisation du plus grand nombre possible de mots de la banque que j’ai constituée à partir de nos contributions, toutes extrêmement variées. Ne vous cramponnez pas à votre première version : elle n’est qu’un point de départ destiné à éclater grâce à la richesse du vocabulaire tiré de cette première récolte. Vous allez être entraînés dans des sentiers inconnus… Laissez-vous faire, en écriture semi-automatique, sans vous censurer, en vous laissant guider par les sons autant ou plus que par le sens. Envoyez-moi le produit de ce voyage en toute confiance !

      2. Banque de mots issus des textes de la première étape

sécurité hirondelle navire russe se séparer- se moquer- tout s’en va- je gère -Ah !- feu- coeur- jeunesse- vider – mettre au monde – fuir – se souvenir – force- temps mort- maîtriser – fermenter – enjamber – maladroit- jouer – bouillonner- saigner-amour- fermeté- aéroport souhaiter – rencontrer – tenir bon – affronter -bien- ami- parfum- sauver – ramper – étaler – pouvoir- mourir-volonté montagne découverte piler- garder-rester-franchir- soigner – comment allez-vous ? -promettre-cuire-terre- identique- sel honte vouloir-éplucher-pleurer-couper- prendre-oublier-examen- piment- âme- se cacher- cacher-choquer-répondre-surmonter-passion lieu manioc devoir- passer-accomplir-dire-décider- parler-danger nuit poisson travailler-quitter – en finir- chauffer-crier-franquette eau roseau qu’en dira-t-on ?-regarder- se regarder-route fibre mou ronronner-reprocher-avoir-tenir le coup-chanter-question- surprise- groupe- exploiter-va savoir-désirer-siffler-donner-rire-media- sécurité bâton isoler – être – lover – prononcer- adorer-dépenser-étoile souffrance miroir accueillir-répéter-s’arrêter-enrager-courir-caisse espoir pomme de terre mot détraquer- contrôler- briser- créer- saigner-paradis- mauvaise conscience- pâte- fort- foi -colère- rossignol- immigré- balle- défilé- pigeon- vieux bébé bec ouvert- bon compte- vérole – mille ans – collectif – église- moi-je – espoir – viol- années 60- qui ?- image- trahison – peur – main- chien- encore- film- chat- rire- accident- héros- non !- trottoir- pirouette- bec – vœu – âge d’or -science- pie- roc- famille- rage- érotique- ange- anonyme- plaisir- distance – métaphysique- terre- péché- capable- gazon- gloire- profond – place de la Nation – tourterelle- porte- vie- geste- courante- fruit- anorexique- chance- quoi ?- mouette- fragile- talisman – langue française – briser- magie- carreau- horizon- enfance- nouveau-né – risque – grincement- gobelet -eh ! – clé – Rue du Rendez-Vous – zone- moineau – adultère -machine à café- avenir – tour à tour – parent -source- saveur -clavier- matrice – isolement – boulangerie- face à elle-même-couronné- mât-glace-vulgarisation-infini- d’arrache-pied – les pieds sur terre – virus – angoisse- soleil- homme- fatigue- témérité- maman- lion- code- charnière – navire russe – frénétique- boréal- fol- athéisme- bagage

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Voici les textes écrits par les courageux contributeurs de l’atelier d’après les consignes ci-dessus, qui peuvent paraître difficiles à suivre, mais qui sont au contraire une invitation au plaisir de jouer avec les mots (les maux ?); je poste les textes dans le même ordre (aléatoire), que pour la première étape, avec cependant des changements : certains ont lâché l’affaire (provisoirement ?), certains ont sauté directement dans cette étape, d’autres l’ont enjambée pour gagner directement la troisième…

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Texte bercé de paroles de musique

« Du courage, du courage, du courage »… comme une ritournelle entrainante et qui me rappelle tant de souvenirs. L’artiste s’appelait La Grande Sophie avec des paroles écrites par Calogero dans un moment charnier de ma vie. Et ça faisait « la question que je me pose sans cesse, c’est où est ce que je pourrais trouver du courage ? »

Quelle bonne question. Où trouve-t-on du courage ? A cette question dite à voix haute, mon fils m’a répondu du haut de ses sept ans avec cette image : construire un grand immeuble, étage par étage. Et qu’à la fin, je puisse me rendre compte qu’il m’aura fallu du courage pour être arrivée jusqu’en haut et pouvoir regarder fièrement en bas.

C’est peut-être ça le courage, cette métaphore autour du savoir et pouvoir grandir.

Partir des racines et avancer en ne reculant pas. Enfin pas trop quand ça fait mal, quand ça fait peur, quand il y a des coups durs. Mais il y a aussi du beau, du bon, on se retrouve devant des carrefours de la vie…. Voire dans « le Tourbillon de la vie » : attentats, Charlie, Police je vous aime puis je vous hais, révolte sociale, la couleur est au jaune, puis vire au Corona…

Quelle affaire ?!!! Français ou pas, telle n’est pas la question, elle est dans l’infiniment petit, dans les origines de la vie, où résonne la mort.

« Je suis née quelque part mais pour celui qui est né c’est toujours un hasard » et peut-être que pour une partie du reste de la vie aussi… Du reste qu’est-ce que je décide ? avec moi, l’autre, les autres…

« Toi + moi + ceux + tous ceux qui le veulent », être raisonnable, et raisonner pour bien entendre cet élan vital, notre capacité à être. Soyons créatif comme ces écrits, et d’autres formes possibles.

Hier, avec mes enfants, on a habillé une pomme de terre avec des yeux, des bras et auréolée d’une cape et elle disait : « Restez au chaud, confinés »… Super Patate… Qui aurait cru un jour que cette pomme de terre finirait en héroïne de table ? Certainement pas elle. Alors qui sait, tout est possible, quand on doit puiser le courage d’être face à l’adversité ; il peut naître du créatif.

A.C.

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Mettre au monde le courage.

Avec fermeté sous la force du feu et de la franquette

Sans souffrance surmonter en sécurité la surprise

Souhaiter sauver un ami accidenté

Mettre au monde le courage

Affronter un amour accompli

Au cœur du code se cache la caisse capable de contenir l’âme

Âme , amour.

Faut-il pour cela ramper en pomme de terre?

Fermenter piment, poisson et manioc?

Mettre au monde le courage sans tordre le cou à la mort ?

Lui jeter le sel de la passion ?

Parler ,crier plus fort que fibres et roseaux mous ?

Courir, courage ,courir encore, toujours ?

Enjamber pouvoirs et parfums des montagnes ?

Prendre lien en lionne ?

Éplucher, couper sans cacher son vouloir ?

Décider de sauver le Temps, sauver la vie ?

Imposer son étoile ?

Mettre au monde le courage ?

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Qu’en dira t-on de cette pâte fort en colère sous la mauvaise conscience?

Et de ce vieux bébé bec ouvert au bon compte de l’âge?

Que dire de ce chien tout en pirouette

Conduisant colonnes d’immigrés sur le trottoir?

Est-ce un ange anonyme dépêché sur cette terre de péchés?

Est-ce le nouveau- né de l’âge d’or ?

On dirait bien que oui !

Que dire de tous ces oiseaux qui l’accompagnent à la rue du rendez-vous?

Mouettes ,moineaux et tourterelles, nos plus sûrs talismans

Pour mettre le Courage au monde pour un nouveau monde ?

Évelyne Pélerin

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Ah, c’en était fini !

Il lui fallait mettre au monde, en pleine jeunesse, le feu et la mort, tour à tour l’enfance d’une tourterelle et son parent, le moineau et le chien, et le bébé et l’âge d’or. Bannir les codes, maîtriser les passions, enjamber les talismans, tenir bon, affronter les jeux de miroir, ramper, accueillir, répéter encore et encore, se cacher, enrager et courir encore.

Le danger, en tout lieu, la caresserait de son bec. Le doux chant, les rires et le parfum de sa montagne s’étaleraient en son âme comme un film dans sa confiance embrumée, pour la faire pleurer, se souvenir, et se regarder mauvaise enfin, reniant sa terre, se reprochant d’accomplir le rêve de l’ange.

Fallait-il qu’ elle soit ainsi divisée et qu’elle quitte famille, après-midi de cueillette, d’épluchure de fruits pour une improbable confiture, pirouettes sur le gazon, pour accéder à cette rage, cette autre partie d’elle-même ancrée si profondément dans son âme et prendre à pleines mains sa colère.

Cette colère, saine colère, dans les bras de laquelle elle se lovait, s’arrimait, telle une lionne, lui ferait prendre des distances, franchir toute honte, découvrir, rencontrer.

Elle peut déjà voir la place de la Nation – elle avait épluché le manuel de la ville de Paris, trouvé à l’aéroport. Elle y rencontrera l’amour. Elle le sait, elle le sent. Elle y sifflera, criera à pleine voix comme les mouettes qui fuient la falaise natale pour planer sur les océans, rencontrer le vent, s’y livrer comme un homme fatigué laisse la nuit l’envelopper. Elle ne se cachera plus rue du rendez-vous, plus de regards perfides, de langues acérées comme des couteaux pour l’épier.

C’est décidé, elle est faite pour le rire, la joie, les étoiles, la découverte, la force. Elle en acceptera les dangers, les accidents, la souffrance. Elle les surmontera, et si la mort doit se prononcer, alors elle accueillera en un geste de réconciliation, consciente de la chance qu’elle s’était donnée, ce qui adviendra. Sa sécurité est le lieu de sa passion. Elle est là, ancrée en elle, et nulle honte, nulle culpabilité, nul regret ne pourront désormais occulter l’élan et la force qui jaillissent en elle. Elle est piment et suavité, douceur et fermeté, eau déferlante et roseau bercé, poisson d’eau douce et requin, chien et main caressante.

Elle est une, elle est multiple !

Elle boira la coupe jusqu’à la lie.

Elle a faim, elle a soif !

  Anne  Deffontaines

 

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Vide avide

« Bon courage !», c’est le vide, c’est souhaiter du vide ; dire un mot sans faire un geste ; éplucher la patate de la mauvaise conscience,se cacher dans la mise à distance, écraser le manioc de l’époque, concocter le pâté du passé, – en finir avec la peur de la lame de l’âme au parfum de vie surprise.

Ce mot mou du moment, ment, honte !  il joue au miroir d’amour, de bien pilé à la bonne franquette, passé au feu des codes fermentés en groupes, sans loi. Il scanne l’ennui et crâne avec simulacre d’audace pour franchir les questions.

« Bon courage ! », fouet  fou en tous lieux sans feu, sans sel et sans piment, en toute terre sans témérité, sans volonté, sans force.

« Bon courage ! » à l’arrachage, à l’arrachement ; on s’acharne à décider de sauver le corps, l’étoile, la nuit, tout ce qui va mourir et quitter notre sol. Enjamber les charnières, ramper pour rencontrer les amis, non !

Jeunesse d’aéroport, défilés d’hommes qui se défilent, vos passions immédiates cuites au jus des media bananières, font de vous des roseaux sans fibres et sans eau capables de mettre au monde accidents et souffrances.

« Bon courage ! »

Les caisses de temps, sans examen, tiennent bon, fuient la route des amis, se souviennent des montagnes, rencontrent les colères en bâton, sèment la panique, c’est l’amour, le poison, le poisson, qui promet en pleurant, en criant – car il parle !- d’être capable de se souvenir, de pouvoir quitter sa maman, d’affronter le devoir de fatigue, de surmonter la vie d’un coeur ferme.

Il s’accomplit.

Il décide de garder sa chance, de rester, de couper la sécurité ; voilà le poisson devenu Lion.

Il va prendre la parole.

Adeline Gouarné

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Ah ! rage, colère, angoisse,

Ce virus rampe, s’étale, se moque de tout, se cache, brise la famille, donne la mort, trahison !

La peur détraque tout, la souffrance… danger de ce poison !

L’homme fatigué pleure…

Quoi ?         

Sur terre : la vie bouillonne,

le moineau, le rossignol, la tourterelle chantent,

l’hirondelle passe,

le pigeon vole, le bébé lion se sauve,

le chat ronronne, le chien court,

de la source coule l’eau vive,

s’étale dans les roseaux,

le soleil brille, le ciel sétoile….

 

L’ âme garde l’espoir.

Au cœur, l’amour, l’amitié…

Que souhaiter ?

Surmonter ce temps,

soigner,

pouvoir à nouveau se rencontrer,

chanter, siffler, jouer, créer,

se regarder, désirer, promettre, adorer.

La passion …

et le plaisir des mots !!!

                                       
                                                     C.N.

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Bon courage !

J’ai souhaité : « Bon courage ! » à ma fille lorsqu’elle a déménagé sa maison – remplie d’objets et de meubles de toutes sortes – pour un appartement beaucoup plus modeste comprenant trois chambres, séjour, cuisine, salle de bains … le contraste a dû être très difficile à vivre … se  séparer de ses objets préférés, notamment de sa bibliothèque adorée ; mais où placer tous ces livres ??? Elle a heureusement été soutenue par ses amis sinon par sa maman qui ne pouvait physiquement rien faire pour elle. Il lui a fallu surmonter sa colère d’une part car il fallait tenir bon dans cette épreuve, même si elle mourait d’envie de crier, de pleurer. Il lui fallait surmonter sa fatigue, mais elle a mis tout son coeur à accomplir cette tâche et a mis toute son âme à créer un havre de paix pour la sécurité de toute la famille… Quelle chance elle a eue de pouvoir obtenir ce petit endroit, elle ne pouvait souhaiter mieux compte-tenu de la situation et elle a accompli son devoir avec amour et témérité ; il lui fallait de la force, mais « avec le temps, va, tout s’en va… », comme dit la chanson… Elle a donc repris sa route et travaillé d’arrache-pied en jouant sur sa bonne étoile afin de sauver les apparences… Faire bouillir la marmite, cuire les pommes de terre, vider le poisson, maîtriser le temps tout en vidant les malles et en répondant à distance aux angoisses de toute la famille. Non ! Ne pas leur montrer son angoisse, maîtriser son inquiétude et garder les pieds sur terre, pas question de ramper, affronter l’avenir avec courage ; gérer, comme elle dit toujours : « Je gère », se cachant de la réalité et sans faire d’examen approfondi sur elle-même et en ignorant la montagne des tâches futures à accomplir. Écraser ses larmes, parler à un groupe de personnes, peut-être est-ce là le sens de sa vie, éviter que son ressentiment ne fermente, dire, s’exprimer, écrire peut-être presser ce qu’il y a tout au fond d’elle-même, ficeler cette pierre qui lui étreint le coeur. Il fallait se promettre de ne pas fuir ses responsabilités, ne pas se couper de la loi, ne pas se laisser écraser et ne pas en faire des caisses, comme disent ses enfants. Après tout, ce n’est pas pire que de mettre au monde des enfants… et puis, quand ce sera trop dur, filer à l’aéroport vers l’Afrique : les bananiers, les arachides, piler le manioc… un zeste de soleil, « sol » en espagnol… partir à la bonne franquette, prendre son bâton de berger et se jouer des codes, se moquer des éventuelles critiques des media et se retrouver face à elle-même.

                                                                                                                 J.M.

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Ah mes bons amis!
Je voudrais être oiseau pour vous rendre visite
Hirondelle j’amènerais le printemps
Pigeon je volerais sur votre balcon
Moineau je taperais du bec à votre carreau
Merle je sifflerais pour chauffer votre coeur
Rossignol pour vous chanter l’amour
Je serais chien pour jouer avec les enfants dans le jardin
Courir après les bâtons, les ramener encore et encore
Je ferais des pirouettes sur le gazon pour vous faire rire
Je serais chat pour entrer par la petite porte
Je sauterais sur le canapé et viendrais me lover sur vos genoux
Ronronner sous vos mains caressantes en regardant votre film préféré
Tour à tour
Pie voleuse
Mouette rieuse
Chien de berger
Chat perché
Soleil printanier
Lune montante
Étoile filante
Par la magie des mots
Amie bienveillante

Nathalie Bourgade

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Les quatre éléments

 

j’accueille

le feu de l’hirondelle

en fuite

 

j’accueille

la force du roseau

les fruits de la rosée

 

je bois

à la source boréale

des anges en folie

 

je désire

la frénésie savoureuse

des pirouettes

 

j’épluche

le cœur de la nuit

fibre après fibre

 

j’accueille

les ferments du ciel

en bourgeons

 

je goûte

le sel de la terre

le parfum du vent

 

j’accomplis

l’impossible

jour après jour

Véro Maupas 

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(À lire à voix haute)

À BORD DU NAVIRE RUSSE

Le co, le coco
Le coro rococo
Le roro
Ronronne
Ronronna, nah !
Ah ! Nana
Navire, vire !
Navire russe !
Le « KORRO », navire russe, chavire les nanas, les cocottes couronnées,
viralement neuneues, neuronées, honorées, ravies, dévoilées, envolées, virées
de bord, avariées par la variole des raviolis.
Ronronnez, ânonnez la vie sans virus, couronne de dessert Francorusse, suprême
de ronron Kitékat pour minettes qui matent l’eau sans tomber par-dessus bord ;
le mât-est haut, grimpez au mât « demi-zen » et arrivez à la Hune comme une
reine couronnée, sans vérole, sans virus, en haut du navire russe sans « Ko » ni
« Ro ».
Et voyagez, enfin, dans les mers orientales sibériennes, les mers gelées, de glace,
étendues de vagues à l’infini de l’horizon, vers les aurores boréales…

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UN PRINTEMPS CONTAGIEUX

Courage
J’enrage
Rage dedans
Colère orange
Orage dehors
raser les trottoirs
Fenêtres fermées
Murs murés
Silence gris
L’ennemi tapi
Me suit sans bruit
M’entoure
Invisible rumeur
Du cœur, du cran
À cran
devant les écrans
Écoeurée
Par la bouillie
Médiatique
Je tourne en rond
Dans ma cage
Je cherche la sortie
Respiration
Inspiration
Plein les poumons
Je crache le vide
Qui me remplit
Commenté : par Courage
Cœur à l’ouvrage
Chercher le sens
De la vie
Trouver vite
La sortie
Saisir sa peur
À pleins poumons
Pousser son cri
Sans penser
Au qu’en dira t’on
Sur le trottoir
Ou bien seule
Face au miroir
Rugir « J’existe !»
Comme un lion
En rébellion
A l’infini.

Isabelle Lucas

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Mon ange…courageux

Courage

Mon ange

Cours

Rage

La rage au cœur

Le cœur en rage

Courage

Mon ange

Cours vers l’âge

Courage, cours, rage,

Cours

Vers l’âge d’or ?

Cours

Vers l’âge étoilé

Mystérieux

Tempétueux

Merveilleux

Magique

Vivant

Libre…

De vivre

Libre

En courant

En rageant

Courage…

Mon ange…

Courageux…

Courageuse…

Mon ange

Maryse Laurent

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   Le courage fermente quand il enjambe le temps et la volonté.

De cette mauvaise conscience qui épluche l’amour,

un rossignol affronte la peur de vivre.

 

« Bon » – dit l’ami au courage qu’il met au monde.

Mais à quoi bon affronter l’âme qui crie !

 

Ah ! Le courage fermente quand il quitte le miroir.

De cette honte lourde de pomme de terre fatiguée,

une mouette fuit l’enfance en feu.

 

« Bon » – dit l’ami au courage qui l’enrage.

Mais à quoi bon affronter la maman qui grince !

 

Non ! Le courage fermente quand il s’isole.

De ce péché anonyme qui coupe la jeunesse,

une tourterelle siffle une passion amère.

 

« Bon » – dit l’ami du courage qui reproche au sel

cette pirouette pimentée qui se souvient.

 

Eh, toi ! courage qui fermente dans les étoiles,

Aie le courage des temps morts à bon compte !

La pie sauve les temps forts ronronnant

du devoir qui tient le cou et le serre.

 

« Bon » dit l’ami de ce courage qui rampe la nuit,

de cet ange d’âge d’or au bec prometteur.

Moineau, prends ton bâton de questions rocs-rages.

 

« Bon » dit l’ami du vieux courage franquette,

rue du rendez-vous manqué, la témérité se cache …

Gaëtan Deffontaines

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Le courage c’est l’enfance en feu,

l’enfance en feu, agitée par sa boussole intérieure, traverse le coeur de la nuit, les temps morts, les remises en question, sans jamais perdre la clé du paradis.

Le courage se prend à pleines mains sans aucune mauvaise bonne conscience, sans peur de vivre.

Le courage, c’est le rêve de l’ange, les ferments du ciel et le sel de la terre unifiés.

Évelyne Cassette

 

 

 

Atelier Printemps des Poètes par courriel (2)

Première étape de l’atelier :

ÉCRIRE UN TEXTE LIBRE COMPORTANT L’EXCLAMATION :

« BON COURAGE ! », cette expression devenue aussi banale que : « Bonjour ! », depuis quelques années, dans les rencontres quotidiennes ; partir d’une situation vécue, dans laquelle nous l’avons prononcée ou entendue. Voilà, c’est simple. Vous m’envoyez votre texte à:  adeline.gouarne@free.fr et vous recevrez la feuille de route pour l’étape 2.

Voici des textes que j’ai déjà reçus pour cette première étape, aussi variés que leurs rédacteurs, jeunes de 15 à 85 ans, venant d’horizons très divers :

 

Courage

 Un homme cultivait la terre de ses aïeux. Elle lui donnait les plus belles pommes de terre de la région. Il se mettait souvent à penser à son enfance et aux odeurs qui lui étaient si chères. L’odeur de l’eau qui frémit, le bruit des légumes qu’on épluche, du sel qu’on jette ; le fumet du poisson coupé en filet qui se dore au coin du feu. Autant de sensations qui lui rappelaient….

Un profond soupir s’emparait de lui à chaque fois qu’il pensait à elle.

« Maman »

Depuis combien de temps n’avait-il pas prononcé ce mot si doux, chaleureux, tendre, et triste aussi ? Elle lui parlait souvent de comment elle lui avait donné naissance, comment tout s’était passé dans cette chère campagne aux allures de roc impénétrable ! Elle disait souvent qu’il fallait tenir le coup, être fort et que d’accueillir un nouveau-né n’était pas chose facile dans ce milieu si isolé, surtout quand ce bébé était le fruit du péché.

« Un accident » lui répétait-on ; c’était un fâcheux accident dont la famille voulait lui faire porter la honte. Honte dont elle se sentait exempte, tellement elle aimait déjà ce petit être. Pourtant elle savait que ça allait être dur, qu’on l’invitait à se cacher, à le cacher.

Souvent, elle avait voulu leur crier sa colère et quand elle se regardait dans le miroir, elle se sentait forte. Son cœur était prêt à tout surmonter et il était rempli d’une témérité sans faille pour supporter en toute sécurité les attaques et reproches de ses si vieux parents.

L’homme se mit à sourire, en se disant à quel point il avait eu une chance inouïe d’avoir cette mère si forte, si aimante, qui avait su couper les « qu’en dira-t-on ?». Elle avait l’âme d’un lion.

Il se leva de de sa chaise et, encore rempli de ses pensées, il regarda dehors tout ce qu’il avait pu accomplir dans cette magnifique exploitation. Il avait été nourri par la passion de la terre de sa mère. Et, juste avant sa mort, il lui avait promis d’en prendre soin et d’y rester.

A.C.

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JE ME SOUVIENS.

 

Je souviens de ses arachides

Fraîches

Elle les faisait bouillir

Sèches elle les faisait griller

Les écrasait sur la pierre à écraser

Mélangeait la pâte avec un peu d’eau et du sel

Elle y ajoutait poisson fumé et petit piment

Le tout enveloppé dans des feuilles de bananier

Cuit à l’étouffée et braisée au feu de bois

Elle en faisait un « pâté » au goût inimitable

Et surtout un pâté à la fraîcheur garantie

En tout lieu et toute saison.

 

MON BÂTON DE MANIOC.

 

Pour préparer un bâton de manioc

Déterrer le manioc, l’éplucher

Le découper en petit morceaux

Le tremper dans l’eau

Prendre une bonne semaine de patience.

Le laisser fermenter

Attendre qu’il soit bien mou

Le sortir de l’eau

Le rincer en le pressant entre les deux mains

le vider de toute eau

Le piler dans le mortier

L’écraser sur la pierre à écraser

L’étaler en fine couche sur les feuilles de roseau

Ficeler le tout avec la fibre du bananier

Faire cuire dans l’eau sur un feu de bois…

E.P.

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Madame l’assistante sociale,

 

J’ai bien reçu votre questionnaire, je vous en remercie.

Mais, n’étant pas très courageuse, j’ai des difficultés à parler du courage en cochant oui ou non dans les cases proposées.

Courage annonce:

Danger

Demande

Analyse

Évaluation des risques

Estimation des moyens d’intervention

Objectifs à atteindre

Réflexion

Stratégie…

Si la tâche parait insurmontable voire absurde, Il faut du courage pour s’y engager.

Et pourtant c’est la vie , et nous y allons tous allègrement.

Il y a ceux qui, ayant fait des estimations, préfèrent tout arrêter, là est peut-être le vrai courage…

Mais cette petite fille traversant la grande place méconnaissable de sa ville où s ’entassent voitures calcinées et corps sans vie,

je la vois courir dans les rues désertes et défigurées

Sautant par dessus les caniveaux d’où pointent les fusils des soldats…

Elle Court

Court encore pour rejoindre la maison.

C’est le courage qui la fait courir ?

La peur?

L’espoir?

L’espoir de rejoindre au plus vite sa maison, son havre de paix et sortir de ce cauchemar?

Non, je n’utilise pas souvent ‘Bon courage !’

Je dis plus souvent »ça va aller ».

Pour dire que quelque part il y a une maison paisible qui nous attend, juste accepter de traverser les ruines.

La vie entre par toutes les portes de son choix, charriant tout et son contraire….

 »On dit que quoi? »

 »Que ça va aller ! »

Bien cordialement,

E.P.

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Bon courage !

Il lui en avait fallu du courage pour quitter sa terre natale, celle-là même qui lui procurait la sécurité et l’assurance d’en être, de faire partie d’un groupe. Elle était Kabyle, elle avait toujours vécu au Pays, y avait fait ses études, y avait exploré les possibles balbutiements de l’érotisme adolescent mais elle était promise à qui elle ne voulait rien promettre ! Et surtout pas l’amour.

Alors la mort dans l’âme il lui fallut quitter ce cercle qui, trop proche, devenait étouffant…Quitter les parfums, la langueur, l’insouciance de la jeunesse et mille autres sensations qui seraient très vite reléguées au rang des souvenirs.

A l’aéroport où son frère travaillait, il lui fallut se cacher, mettre le voile, ce à quoi elle s’était toujours refusée et elle observait presque avec amusement, si l’heure n’avait pas été aussi grave, que cela lui permettait de cacher son forfait !

Elle y réfléchirait plus tard : comment le voile permet à la femme de se soustraire au regard pour obtenir, non ce que l’on veut qu’elle soit, mais ce qu’elle-même décide d’être ?! Elle avait tant de fois vu sa mère se couvrir de cet apparat! Elle qui était si belle, avec ses cheveux ondulant sur un visage sans défaut était sommée par son mari et par la loi du groupe de se couvrir … comme on revêt l’habit de honte pour une faute encore inconnue.

Quand Aïcha déposa le pied sur le sol français, elle ne savait pas encore qu’ici elle serait une Arabe, définitivement, assurément ! Elle pensait avoir franchi des montagnes, elle réalisait que ce n’étaient que des monticules, que la masse de courage nécessaire n’était pas en réserve dans son escarcelle. Mais elle savait une chose, elle ne laisserait personne décider à sa place, jamais ! Dut-elle ramper pour cela ! Et cette idée même lui donnait envie non d’affronter mais de prendre à bras le corps la vie qui vient, avec ses lots de surprises, de découvertes des embûches mais surtout de ses possibles à enjamber toute entrave….

Bon courage, Aïcha

A.D.

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« Bon Courage ! « 

L’écho du : « Bon Courage ! »  est pour moi attachée à l’image

d’une caisse

celle du supermarché

Reflet de la caissière dans le miroir

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

caissière

tapis roulant

chargé d’articles

indifférents

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

Défilé de boîtes

on signe un chèque

on tape son code

« Bon courage ! »

cling !

La caissière affaissée n’a plus rien

à frapper

on scanne 

diffusion de stress

anti-détresse

on scanne

la pluie le mauvais temps

on scanne

alerte orange orages prudence

« Bon pour âge! »

bling !

« Bond cours âge ! »

bling !

Défenses fondent au Temple d’Abondance :

le chariot roule,

les rayons tentateurs attirent ;

couleurs pour tous les goûts

et les dégoûts ;

pour les sages

et pas sages de tous âges ;

le mot promo se promène partout,

se veut sauveur… Sauveur d’argent.

On décroche le gros lot

au bout de la gondole.

Gondole, Venise, voyage…

« Bon voyage ! »

Bling !

« Bon courage ! »

contre l’Ennemi qu’est l’Ennui !

Bon coup de fouet

le point d’exclamation  pointe dans la voix

du client qui empile, comme pour

trouer la paroi d’ennui

qui suinte

du long passage

d’articles sur le tapis

Articles lentement choisis

on scanne

on roule

on quitte

inquiet

la caissière affaissée

qui scanne

- sommes-nous quittes

de sa fatigue ?

on crâne

on quitte

la zone floue

d’un monde fou

                                              qui scanne                                                 

                                                                                   A.G.

 

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Je passais mon examen du code de la route pour la deuxième fois car je n’avais pas réussi la première fois et que je voulais en finir le plus tôt possible. Pour ma mère a qui j’ai montré des examens blancs de code de la route, les questions étaient trop difficiles et elle pensait qu’elle n’y arriverait sûrement plus, notamment à cause de toutes les questions de statistiques liées au nombre d’accidents et de mort sur la route en raison de tel ou tel facteur.
J’arrivais finalement devant le centre d’examen et lui envoyai un message pour lui dire que j’étais arrivé, elle m’a répondu « bon courage », puis je suis entré dans la salle d’examen et ai passé le code pour la deuxième fois.

A. P.

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« Bon Courage ! »

C’était en février, à proximité de la Place de la Nation, côté 12e. Un immigré, un « bon courage ».

Je me rends chez ma libraire favorite, tout heureux à la pensée de continuer une conversation commencée quinze jours plus tôt. On avait parlé de Proust et d’Echenoz, qu’elle adore, et de Christian Bobin qu’elle n’aime pas. Moi non plus.

Sur le trottoir, assis contre le mur, un immigré tend un gobelet où gisent quelques piécettes Je passe, et deux mètres plus loin je m’arrête. « Comment ! Je vais dépenser 30 euros pour acheter un livre que je désire depuis longtemps, et je ne pense même pas à cet homme ». Demi-tour, une boulangerie est proche. J’achète un sandwich (sans jambon car il est sans doute musulman, syriaque ou iranien, va savoir). En le lui donnant, je lui dis spontanément « bon courage », sans trop savoir s’il comprend ce que je lui dis. Un sourire, et un murmure que je ne comprends pas.

Pourquoi lui avoir dit « bon courage » ? Je ne pensais évidemment pas à Thomas d’Aquin ni à Spinoza, mais je voulais lui exprimer, par cette formule, que je comprenais sa situation difficile et que je souhaitais qu’il ait la force de la supporter, un « en-courage-ment ». Mais aussi peut-être une manière de me délivrer à bon compte de la mauvaise conscience que j’avais de ne pas faire plus. « Bon courage » devenait ainsi une formule magique, un talisman, un certificat de bonne conscience, à la fois proche et anonyme.

En évoquant cela, je me rends compte que j’utilise spontanément la même formule quand, dans le métro ou dans la rue, je glisse un ou deux euros. C’est le même comportement que pour l’immigré de la Place de la Nation, avec ce même sentiment d’encouragement, proche et anonyme tout à la fois, et de mauvaise bonne conscience.

Je me rends compte aussi que, pour autant que je m’en souvienne, je n’utilise jamais cette formule dans mes courriers et mes mails adressés à des proches dans la difficulté. Je cherche toujours à exprimer mon empathie par des formules mieux appropriées, à la fois pour montrer une proximité au regard de leur situation, et peut-être aussi pour manifester à cette occasion mon désir de bien exploiter la langue française.

L’expression « bon courage » est ainsi pour moi une expression uniquement orale, sous-tendue par ce que les philosophes m’ont appris sur le courage comme fermeté, mais devenue par paresse de pensée un talisman de bonne conscience. Sans doute faudrait-il au moins dire : « Je vous souhaite bon courage ».

La rue de la librairie s’appelle : rue du Rendez-vous.

                                                                                         A. T.

 

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Bon courage

 - Dis, Marraine, ça veut dire quoi, “courage” ?

J’ai longuement regardé la pomme de terre que j’avais dans la main et que je coupais en frites, avant de lui répondre. Ce petit homme de 4 ans venait de me poser une question, et je n’étais moi-même pas sûre de la définition de ce mot, si utilisé et pourtant si peu commun.

- Tu te souviens, lorsque l’on a parlé des personnes qui ne voient pas les couleurs alors que nous, on le peut ?

Il acquiesça d’un signe de tête, attentif à chacun de mes mots et de mes gestes. Je lui pris la main et me mis à jouer avec ses petits doigts.

Eh bien, c’est pareil avec les mots. Tout le monde n’a pas la même définition pour un mot. Le courage fait partie de ces mots difficiles à définir.

- D’accord, mais ça veut dire quoi ?

-C’est un peu comme souhaiter bonne chance. Mais avec la chance, on décide pas ?

- Exact. Alors qu’avec le courage, on décide. Le courage, c’est être capable d’affronter un moment douloureux, c’est être capable de faire quelque chose de dangereux parce qu’il le faut pour faire le bien.

- Je ne comprends pas trop.

- Attends, je cherche un exemple… Je sais ! Quand Simba se retrouve en danger à cause des hyènes, Mufasa, le Roi Lion, part le sauver. La première fois, il fait peur aux hyènes mais, la deuxième fois, il perd la vie…Oui ?Eh bien, c’est ça le courage ! Malgré le danger, il est allé sauver Simba. Il a surmonté sa peur.

- ça veut dire que maman est allée sauver quelqu’un ?

Sa question me surprend, mais je réalise ensuite d’où lui vient cette idée. J’avais dit à ma soeur, qui partait pour la maternité mettre au monde sa fille : « Bon courage ! »

- Dans un sens, oui.

- Alors, elle va mourir ?

Non, non, non, pas du tout ! Faire preuve de courage ne veut pas dire que l’on meurt forcément. Le courage, c’est aussi surpasser des moments difficiles. C’est ce que maman va faire. Maman va mettre au monde ta petite soeur Eléna. Ta maman va devoir être très forte et surmonter la douleur et la fatigue. Elle va pleurer et crier, mais ensuite elle sera la plus heureuse du monde, et elle te ramènera ta petite soeur pour que tu puisses la prendre dans tes bras et être heureux à ton tour, Kilyan !

E.B.

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Je n’aime pas dire « Bon courage ! », même avec chaleur, à un proche soumis à une épreuve prochaine.

Que ce soit celle qu’il ne peut éviter ou même celle, identique, qui me concernerait un jour.

Manque d’empathie ? Certes non.

Simplement l’impression qu’en déplaçant vers lui par le verbe l’énergie qui lui sera nécessaire, je fais « à son profit » l’économie de l’effort réel à partager.

Dans certains cas même, il me semble qu’il a dans ce « Eh, bon courage, mon cher ! » comme une manière de se moquer, puisque de toutes façons je sais bien que mes mots n’ont peut-être qu’une efficacité aléatoire, vu le degré de souffrance à redouter…

Me trompé-je ?

C’est à considérer.

Je pense à l’aveu de ces personnes en très grand deuil, lorsque nous les contemplons inconsolables à l’instant d’obsèques par exemple, et qui nous confient ensuite la puissance de réconfort ressenti par notre seule présence assortie de nos mots même maladroits pour les assister.

Bref, j’évite de me débarrasser à bon marché de l’embarras que me cause parfois la proximité d’un tiers promis à des moments pénibles, par la seule injonction « Bon Courage, mon cher ! ».

Et puis je l’entends trop souvent, à tout propos, même quand il n’est pas question d’être courageux.

Ceci dit, cet encouragement n’est pas à remiser. Utilisé à bon escient, il est une manifestation évidente de cordialité. On dit bien « Bon Jour ! » des centaines de milliers de fois ! L’essentiel est d’y mettre un minimum de conviction, de sincérité.

Beaucoup ont oublié que « Comment allez-vous ? », en époque médiévale, était une manière de vérifier chez autrui la qualité de son transit. Empathie courante, c’est bien l’adjectif qui convient…

F.N.

 

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Courage

En ces temps troublés, prenez au lever votre psautier et choisissez le cri du coeur qu’il vous sied… Colère ou action de grâce, l’homme sait les mots qui habilleront le mieux son coeur pour se présenter ensuite devant le Créateur… L’homme est debout lorsqu’il converse… Ces paroles sans âge sont sa force et son courage pour le jour à vivre… Rien de ce que vit l’homme n’est étranger à Dieu. »

 C.M.

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BON COURAGE

 

Au téléphone ,

aux confinés,

aux malades, aux isolés,

aux travailleurs exposés

avant de terminer :

« je t’embrasse parce que c’est sans danger…

et Bon Courage !»

 

Sur son lit d’un Ehpad, elle n’a qu’une envie, celle de s’enfuir de cette vie..

Toute seule dans son studio sans ordi ni portable, sans nouvelle de ses proches

Les soignants face à la mort des malades et au risque de contamination…

A la maman isolée seule pour s’occuper de ses petits…

Aux responsables de décisions incomprises de tous…

 

Que valent ces deux petits mots…

C’est bon , c’est court

Mais j’enrage de ne pas en trouver d’autres

Pour dire mon soutien , mon cœur-rage,

encourager…

empathie,

sympathie

résonance

communion

en raisonnant ma pensée ne vous quitte pas

mon coeur saigne

alors courage à nous tous pour  le bonheur du jour,

 la beauté la lumière du printemps,

 la force de la nature explosant

nourrir, ouvrir nos âmes ,

imaginer,  rêver…

C.N.

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« Bon courage ! »

C’est lorsque le chef d’établissement du lycée où j’enseigne m’a lancé cette formule toute faite alors que je m’apprêtais à rentrer dans la cantine pour y déjeuner que cette expression m’a littéralement sauté aux yeux, face à l’incongruité de ce vœu. Malgré la gentillesse certaine du propos, son inadéquation avec la situation présente ne pouvait que me faire rire, puis m’interroger. Avions-nous à ce point intégré que notre confrontation quotidienne à de jeunes intelligences parfois mal dégrossies était un acte de courage ? Si je trouvais mes collègues exerçant en zones difficiles courageux, je ne pensais guère que cet adjectif pouvait m’être attribué pour la seule et bonne raison que je faisais ce que j’avais choisi, décidé, maturé de faire. Pire, ce souhait répété entre collègues devant la machine à café, à chaque détour de couloir, à chaque pas de classe presque franchi avait l’effet immédiat de me déprimer. Je me rendais alors en cours, et une petite voix au fond de moi murmurait que oui, il m’en fallait du courage pour tenter de transmettre l’amour de la sagesse pendant une heure à des élèves certainement préoccupés par bien d’autres soucis que celui de comprendre la Critique de la raison pure, ou pire encore les Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science (mais n’y a-t-il pas une certaine bravoure à ouvrir une œuvre qui porte un tel titre ?! Ce serait à questionner…). « Bon courage ! » Ce petit encouragement très simple, banal, jeté comme par mégarde ou par habitude produisait donc en moi tout le contraire de l’effet recherché.

J’ai souhaité m’en défaire ; mais je ne voulais ni moi-même utiliser ces deux mots magiques à tout bout de champ, ni sembler impolie en les refusant à des collègues qui pouvaient ressentir le besoin d’un soutien, d’une marque d’amitié lorsqu’ils rentraient devant leur classe. J’ai donc trouvé une petite feinte, toute simple mais qui me plaît dans sa simplicité. A présent lorsque nous nous séparons avant un cours et que celui qui partage avec moi la noble et rare mission d’en élever d’autres me dit : « Bon courage », je lui réponds avec un grand sourire : « Bon cours… ». Le début reste dans la continuité, et si la fin semble manquer je laisse celui qui écoute ce souhait comprendre ce qu’il veut : soit que prise par le temps j’ai avalé l’-age manquant, soit que ce vœu d’un bon cours est pleinement sensé et dans le fond bien plus motivant et enthousiasmant.

« Bon cours ! » cela signifie pour moi : tiens bon, mets au monde des idées nouvelles, fais de tes élèves des êtres nouveaux, permets leur d’affronter plus sereinement leur destin, de ne plus craindre les élans de leur cœur, la force de leurs passions. Donne-leur des clés pour se maîtriser, se dépasser, ouvre des horizons de sens qui seront autant de découvertes et d’aventures joyeuses que de ports très sûrs pour leurs âmes. C’est fragile un élève, fragile un jeune aujourd’hui. Certains portent déjà beaucoup pour leur jeune âge et en font déjà grandement preuve de ce courage. Courage de venir tous les matins, huit heures par jour s’asseoir devant des professeurs qui défilent, et se composer un visage attentif alors que peut-être cela bouillonne en eux. Alors donnons-leur la richesse infinie des mots, des idées, des pensées ; mais aussi la force et les exemples des géants qui nous ont précédés, pour que pour eux comme pour nous notre courage soit augmenté parce que nous nous hissons tant bien que mal sur leurs épaules. Alors de là-haut, bringuebalant, un peu effrayés ou déstabilisés, mais appuyés sur ces bâtons de jeunesse, nous pouvons malgré tout regarder vers l’horizon, l’envisager, le dévisager, et enfin y agir.

I.E.

 

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Ah, mes bons amis!
A bonne distance
restons bon enfant
gardons le bon sens
faites bonne figure
comme bon vous semble
toujours de bon poil et à bon escient
prenez la vie du bon côté
prenez du bon temps
riez de bon coeur
de bonne heure et de bonne humeur
bon appétit à la bonne franquette
bonne nuit sous la bonne étoile
bon courage à vous tous

                                                                                          N.B.

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1.

CONSIGNES A LIRE AUX CANDIDATS AVANT LE DEBUT DE L’EPREUVE

Le respect de ces consignes est impératif afin d’assurer le déroulement harmonieux et réglementaire des épreuves.

L’usage du téléphone portable est interdit. Il vous est demandé de l’éteindre et de le ranger dans vos sacs, que vous laisserez au pied de votre table. L’usage de tout autre engin électronique, connecté ou non, est également prohibé. Contrevenir à cette règle entraîne l’interdiction de se représenter à l’examen pour 5 ans.

Vous avez la permission de garder sur vos tables des collations légères et une petite bouteille d’eau. Vous êtes priés de les déguster avec discrétion.

Si vous avez besoin d’aller aux toilettes, levez la main pour solliciter un agent de surveillance, et attendez en silence qu’il vous en donne l’autorisation. Si vous avez besoin de poser une question ou pour toute requête d’urgence, suivez cette procédure.

La fin de l’épreuve vous sera signalée quinze minutes et cinq minutes en avance. A la seconde où elle termine, vous devez poser votre stylo, vous lever, et attendre que les agents viennent ramasser votre copie. Vous aurez alors l’autorisation de sortir de la salle, avec discrétion et en silence.

Les sujets vous sont à présent distribués, face cachée. Ne les retournez pas. L’épreuve commencera lorsque vous recevrez la permission de retourner le sujet.

Bon courage !

 

2.

CONSIGNES DE SECURITE A LIRE AUX CANDIDATS HIRONDELLES AVANT LE DEBUT DE L’EPREUVE DE FORCE

Ah ! Jeunesse, le respect de ces consignes est impératif afin de détraquer le déroulement harmonieux du qu’en-dira-t-on, le déroulement réglementaire des épreuves du feu et du temps.

L’usage surprise du roseau portable – une question ? – est interdit : danger ! Il vous est demandé, groupe de poissons, de le chauffer et de le lover dans vos sacs de sel, vos sacs d’espoir, vos sacs de pommes de terre, que vous éplucherez au pied de votre table.

L’usage de toute autre passion électronique, de tout autre miroir, connecté ou non, souffrance ou non, est également prohibé : il faut tenir bon! Pouvoir cette fermeté entraîne la mort et l’interdiction de se sauver à l’examen, – ô honte ! – pour 5 ans ; bien.

Vous avez la permission, amis, de garder sur vos routes des âmes légères, pleines de terre et de mots, et une petite bouteille d’eau. Vous êtes priés de les cacher avec amour.

Si vous avez besoin de courir vers la montagne, levez la main pour accueillir… qui ? un agent de surveillance, et souhaitez en silence qu’il vous en donne l’autorisation. Si vous avez besoin de pleurer ou pour toute requête d’urgence, brisez cette procédure.

La fin de la découverte vous sera signalée 15 minutes et 5 minutes en avance. A la seconde où elle se termine, vous devez franchir votre volonté, crier, et vous souvenir que les agents viendront regarder votre nuit. Vous aurez alors l’autorisation d’adorer les étoiles, avec manioc et bâton.

Les eaux sont à présent mises au monde, face cachée. Ne les retournez pas. Le lieu commencera lorsque vous aurez la force de désirer le danger.

Bon courage !

N.E.

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Bon courage !

Je viens de l’écrire plusieurs fois, à l’instant, à mes élèves et à leurs familles avec lesquels je communique désormais via écrans interposés. Sans y avoir fait attention, presque systématiquement, comme si je m’en voulais de leur donner devoirs et leçons que beaucoup d’entre eux d’ailleurs demandent si ce n’est réclament !

Bon courage !

Finalement, n’est-ce pas plutôt à moi que je le dis ? (parenthèse petitement philosophique !)

Avançons !

Bon courage !

                                                                                    S.H

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 Ne serait-ce pas un « mot magique » de plus, pratique sociale récente en effet et de plus en plus fréquente au point parfois d’éclipser le bon vieil « au revoir » ?

En sortant de la boulangerie ou de la poste, joliment écrit sur une carte ou frénétiquement tapé sur le clavier, effectivement, est-ce qu’on ne le sur-utilise pas ce « bon courage » ? D’une part. Et on sait que plus un mot est utilisé, plus il se dilue, perd sa saveur, descend de sa hauteur, se fond dans la masse, faiblit, se fane, s’éteint même …jusqu’à sa renaissance ! (d’ici-là, « bon courage » ?!)

D’autre part, n’a-t-on pas oublié sa source ?

                                                                                  J.M.

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Le courage

Le courage?

Le courage de quoi ?

Le courage de qui ?

L’idée du courage, c’est d’abord l’idée d’une certaine acceptation, voire d’une certaine volonté de souffrance, d’une renonciation à un certain plaisir, supposé immédiat, facile ou pernicieux, pour quelque chose de plus grand, de plus lointain, de plus collectif.

Mais le plaisir, est-ce si facile ?

Je me souviens de cette vieille fille au visage anorexique qui s’était saisie rageusement d’une craie et avait muettement tracé, à grands renforts de grincements stridents et de craies brisées, un grand « MOI JE » au tableau. Puis elle l’avait rayé sauvagement, les yeux exorbités, en traçant un grand X dont les branches reliaient les quatre coins du tableau. N’oubliez surtout jamais ça !!!

Puis le temps passe, certaines habitudes sont prises, la matrice est là, enfouie. Le plaisir c’est mal. La souffrance est notre lot. Les courageux sont ceux qui l’acceptent. Les autres sont le mal. Des irresponsables.

Puis on réalise qu’on est un peu perdue. La défiance apprise vis-à-vis du plaisir et du désir est dans le fruit. Coupé de son système limbique de récompenses et de ses repères émotionnels, on fonctionne à l’idéologie ou à la foi. On essaie de survivre en se raccrochant aux branches. A défaut de foi, le contrôle par l’intellect essaie de sauver les meubles.

On met mille ans à comprendre ce qu’une seule émotion réprimée nous aurait déjà dit depuis longtemps. Et encore, on n’est pas sûre, on reste assise sur un quart de fesse de soi-même. Même si on donne l’impression contraire.

Le courage se cache dans ce que nous avons de plus intime. Il est si facile de prendre un courage pour une lâcheté ou l’inverse. Le syndrome de Stockholm est au cœur de nos choix les plus structurants. Sait-on seulement les peurs et les envies qui nous guident ?

. Le courage des uns est la lâcheté des autres. Chacun fait comme il peut et choisit, guidé par sa boussole intérieure détraquée, ses sirènes et ses mâts.

Autrui est notre plus fol espoir, c’est aussi notre plus grande crainte. Notre plus grand plaisir et notre plus grande souffrance.

L’amour est une question de vie ou de mort.

Le courage c’est de laisser assez d’espace, assez de vie, assez d’envie, assez d’espoir pour risquer de se laisser toucher par un autre et peut-être pour un jour oser le toucher.

                                                                                                          M.M.

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Compassion

Mairie du 8 ème arrondissement parisien, cérémonie à l’église

Saint …….je ne sais plus quoi ….., puis…..

réception au château de

Breteuil …..

 

Mon mari et moi étions

Première étape de l’atelier :

ÉCRIRE UN TEXTE LIBRE COMPORTANT L’EXCLAMATION :

« BON COURAGE ! », cette expression devenue aussi banale que : « Bonjour ! », depuis quelques années, dans les rencontres quotidiennes ; partir d’une situation vécue, dans laquelle nous l’avons prononcée ou entendue. Voilà, c’est simple. Vous m’envoyez votre texte à:  adeline.gouarne@free.fr et vous recevrez la feuille de route pour l’étape 2.

Voici des textes que j’ai déjà reçus pour cette première étape, aussi variés que leurs rédacteurs, jeunes de 15 à 85 ans, venant d’horizons très divers :

 

Courage

 Un homme cultivait la terre de ses aïeux. Elle lui donnait les plus belles pommes de terre de la région. Il se mettait souvent à penser à son enfance et aux odeurs qui lui étaient si chères. L’odeur de l’eau qui frémit, le bruit des légumes qu’on épluche, du sel qu’on jette ; le fumet du poisson coupé en filet qui se dore au coin du feu. Autant de sensations qui lui rappelaient….

Un profond soupir s’emparait de lui à chaque fois qu’il pensait à elle.

« Maman »

Depuis combien de temps n’avait-il pas prononcé ce mot si doux, chaleureux, tendre, et triste aussi ? Elle lui parlait souvent de comment elle lui avait donné naissance, comment tout s’était passé dans cette chère campagne aux allures de roc impénétrable ! Elle disait souvent qu’il fallait tenir le coup, être fort et que d’accueillir un nouveau-né n’était pas chose facile dans ce milieu si isolé, surtout quand ce bébé était le fruit du péché.

« Un accident » lui répétait-on ; c’était un fâcheux accident dont la famille voulait lui faire porter la honte. Honte dont elle se sentait exempte, tellement elle aimait déjà ce petit être. Pourtant elle savait que ça allait être dur, qu’on l’invitait à se cacher, à le cacher.

Souvent, elle avait voulu leur crier sa colère et quand elle se regardait dans le miroir, elle se sentait forte. Son cœur était prêt à tout surmonter et il était rempli d’une témérité sans faille pour supporter en toute sécurité les attaques et reproches de ses si vieux parents.

L’homme se mit à sourire, en se disant à quel point il avait eu une chance inouïe d’avoir cette mère si forte, si aimante, qui avait su couper les « qu’en dira-t-on ?». Elle avait l’âme d’un lion.

Il se leva de de sa chaise et, encore rempli de ses pensées, il regarda dehors tout ce qu’il avait pu accomplir dans cette magnifique exploitation. Il avait été nourri par la passion de la terre de sa mère. Et, juste avant sa mort, il lui avait promis d’en prendre soin et d’y rester.

A.C.

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JE ME SOUVIENS.

 

Je souviens de ses arachides

Fraîches

Elle les faisait bouillir

Sèches elle les faisait griller

Les écrasait sur la pierre à écraser

Mélangeait la pâte avec un peu d’eau et du sel

Elle y ajoutait poisson fumé et petit piment

Le tout enveloppé dans des feuilles de bananier

Cuit à l’étouffée et braisée au feu de bois

Elle en faisait un « pâté » au goût inimitable

Et surtout un pâté à la fraîcheur garantie

En tout lieu et toute saison.

 

MON BÂTON DE MANIOC.

 

Pour préparer un bâton de manioc

Déterrer le manioc, l’éplucher

Le découper en petit morceaux

Le tremper dans l’eau

Prendre une bonne semaine de patience.

Le laisser fermenter

Attendre qu’il soit bien mou

Le sortir de l’eau

Le rincer en le pressant entre les deux mains

le vider de toute eau

Le piler dans le mortier

L’écraser sur la pierre à écraser

L’étaler en fine couche sur les feuilles de roseau

Ficeler le tout avec la fibre du bananier

Faire cuire dans l’eau sur un feu de bois…

E.P.

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Madame l’assistante sociale,

 

J’ai bien reçu votre questionnaire, je vous en remercie.

Mais, n’étant pas très courageuse, j’ai des difficultés à parler du courage en cochant oui ou non dans les cases proposées.

Courage annonce:

Danger

Demande

Analyse

Évaluation des risques

Estimation des moyens d’intervention

Objectifs à atteindre

Réflexion

Stratégie…

Si la tâche parait insurmontable voire absurde, Il faut du courage pour s’y engager.

Et pourtant c’est la vie , et nous y allons tous allègrement.

Il y a ceux qui, ayant fait des estimations, préfèrent tout arrêter, là est peut-être le vrai courage…

Mais cette petite fille traversant la grande place méconnaissable de sa ville où s ’entassent voitures calcinées et corps sans vie,

je la vois courir dans les rues désertes et défigurées

Sautant par dessus les caniveaux d’où pointent les fusils des soldats…

Elle Court

Court encore pour rejoindre la maison.

C’est le courage qui la fait courir ?

La peur?

L’espoir?

L’espoir de rejoindre au plus vite sa maison, son havre de paix et sortir de ce cauchemar?

Non, je n’utilise pas souvent ‘Bon courage !’

Je dis plus souvent »ça va aller ».

Pour dire que quelque part il y a une maison paisible qui nous attend, juste accepter de traverser les ruines.

La vie entre par toutes les portes de son choix, charriant tout et son contraire….

 »On dit que quoi? »

 »Que ça va aller ! »

Bien cordialement,

E.P.

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Bon courage !

Il lui en avait fallu du courage pour quitter sa terre natale, celle-là même qui lui procurait la sécurité et l’assurance d’en être, de faire partie d’un groupe. Elle était Kabyle, elle avait toujours vécu au Pays, y avait fait ses études, y avait exploré les possibles balbutiements de l’érotisme adolescent mais elle était promise à qui elle ne voulait rien promettre ! Et surtout pas l’amour.

Alors la mort dans l’âme il lui fallut quitter ce cercle qui, trop proche, devenait étouffant…Quitter les parfums, la langueur, l’insouciance de la jeunesse et mille autres sensations qui seraient très vite reléguées au rang des souvenirs.

A l’aéroport où son frère travaillait, il lui fallut se cacher, mettre le voile, ce à quoi elle s’était toujours refusée et elle observait presque avec amusement, si l’heure n’avait pas été aussi grave, que cela lui permettait de cacher son forfait !

Elle y réfléchirait plus tard : comment le voile permet à la femme de se soustraire au regard pour obtenir, non ce que l’on veut qu’elle soit, mais ce qu’elle-même décide d’être ?! Elle avait tant de fois vu sa mère se couvrir de cet apparat! Elle qui était si belle, avec ses cheveux ondulant sur un visage sans défaut était sommée par son mari et par la loi du groupe de se couvrir … comme on revêt l’habit de honte pour une faute encore inconnue.

Quand Aïcha déposa le pied sur le sol français, elle ne savait pas encore qu’ici elle serait une Arabe, définitivement, assurément ! Elle pensait avoir franchi des montagnes, elle réalisait que ce n’étaient que des monticules, que la masse de courage nécessaire n’était pas en réserve dans son escarcelle. Mais elle savait une chose, elle ne laisserait personne décider à sa place, jamais ! Dut-elle ramper pour cela ! Et cette idée même lui donnait envie non d’affronter mais de prendre à bras le corps la vie qui vient, avec ses lots de surprises, de découvertes des embûches mais surtout de ses possibles à enjamber toute entrave….

Bon courage, Aïcha

A.D.

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« Bon Courage ! « 

L’écho du : « Bon Courage ! »  est pour moi attachée à l’image

d’une caisse

celle du supermarché

Reflet de la caissière dans le miroir

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

caissière

tapis roulant

chargé d’articles

indifférents

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

Défilé de boîtes

on signe un chèque

on tape son code

« Bon courage ! »

cling !

La caissière affaissée n’a plus rien

à frapper

on scanne 

diffusion de stress

anti-détresse

on scanne

la pluie le mauvais temps

on scanne

alerte orange orages prudence

« Bon pour âge! »

bling !

« Bond cours âge ! »

bling !

Défenses fondent au Temple d’Abondance :

le chariot roule,

les rayons tentateurs attirent ;

couleurs pour tous les goûts

et les dégoûts ;

pour les sages

et pas sages de tous âges ;

le mot promo se promène partout,

se veut sauveur… Sauveur d’argent.

On décroche le gros lot

au bout de la gondole.

Gondole, Venise, voyage…

« Bon voyage ! »

Bling !

« Bon courage ! »

contre l’Ennemi qu’est l’Ennui !

Bon coup de fouet

le point d’exclamation  pointe dans la voix

du client qui empile, comme pour

trouer la paroi d’ennui

qui suinte

du long passage

d’articles sur le tapis

Articles lentement choisis

on scanne

on roule

on quitte

inquiet

la caissière affaissée

qui scanne

- sommes-nous quittes

de sa fatigue ?

on crâne

on quitte

la zone floue

d’un monde fou

                                              qui scanne                                                 

                                                                                   A.G.

 

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Je passais mon examen du code de la route pour la deuxième fois car je n’avais pas réussi la première fois et que je voulais en finir le plus tôt possible. Pour ma mère a qui j’ai montré des examens blancs de code de la route, les questions étaient trop difficiles et elle pensait qu’elle n’y arriverait sûrement plus, notamment à cause de toutes les questions de statistiques liées au nombre d’accidents et de mort sur la route en raison de tel ou tel facteur.
J’arrivais finalement devant le centre d’examen et lui envoyai un message pour lui dire que j’étais arrivé, elle m’a répondu « bon courage », puis je suis entré dans la salle d’examen et ai passé le code pour la deuxième fois.

A. P.

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« Bon Courage ! »

C’était en février, à proximité de la Place de la Nation, côté 12e. Un immigré, un « bon courage ».

Je me rends chez ma libraire favorite, tout heureux à la pensée de continuer une conversation commencée quinze jours plus tôt. On avait parlé de Proust et d’Echenoz, qu’elle adore, et de Christian Bobin qu’elle n’aime pas. Moi non plus.

Sur le trottoir, assis contre le mur, un immigré tend un gobelet où gisent quelques piécettes Je passe, et deux mètres plus loin je m’arrête. « Comment ! Je vais dépenser 30 euros pour acheter un livre que je désire depuis longtemps, et je ne pense même pas à cet homme ». Demi-tour, une boulangerie est proche. J’achète un sandwich (sans jambon car il est sans doute musulman, syriaque ou iranien, va savoir). En le lui donnant, je lui dis spontanément « bon courage », sans trop savoir s’il comprend ce que je lui dis. Un sourire, et un murmure que je ne comprends pas.

Pourquoi lui avoir dit « bon courage » ? Je ne pensais évidemment pas à Thomas d’Aquin ni à Spinoza, mais je voulais lui exprimer, par cette formule, que je comprenais sa situation difficile et que je souhaitais qu’il ait la force de la supporter, un « en-courage-ment ». Mais aussi peut-être une manière de me délivrer à bon compte de la mauvaise conscience que j’avais de ne pas faire plus. « Bon courage » devenait ainsi une formule magique, un talisman, un certificat de bonne conscience, à la fois proche et anonyme.

En évoquant cela, je me rends compte que j’utilise spontanément la même formule quand, dans le métro ou dans la rue, je glisse un ou deux euros. C’est le même comportement que pour l’immigré de la Place de la Nation, avec ce même sentiment d’encouragement, proche et anonyme tout à la fois, et de mauvaise bonne conscience.

Je me rends compte aussi que, pour autant que je m’en souvienne, je n’utilise jamais cette formule dans mes courriers et mes mails adressés à des proches dans la difficulté. Je cherche toujours à exprimer mon empathie par des formules mieux appropriées, à la fois pour montrer une proximité au regard de leur situation, et peut-être aussi pour manifester à cette occasion mon désir de bien exploiter la langue française.

L’expression « bon courage » est ainsi pour moi une expression uniquement orale, sous-tendue par ce que les philosophes m’ont appris sur le courage comme fermeté, mais devenue par paresse de pensée un talisman de bonne conscience. Sans doute faudrait-il au moins dire : « Je vous souhaite bon courage ».

La rue de la librairie s’appelle : rue du Rendez-vous.

                                                                                         A. T.

 

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Bon courage

 - Dis, Marraine, ça veut dire quoi, “courage” ?

J’ai longuement regardé la pomme de terre que j’avais dans la main et que je coupais en frites, avant de lui répondre. Ce petit homme de 4 ans venait de me poser une question, et je n’étais moi-même pas sûre de la définition de ce mot, si utilisé et pourtant si peu commun.

- Tu te souviens, lorsque l’on a parlé des personnes qui ne voient pas les couleurs alors que nous, on le peut ?

Il acquiesça d’un signe de tête, attentif à chacun de mes mots et de mes gestes. Je lui pris la main et me mis à jouer avec ses petits doigts.

Eh bien, c’est pareil avec les mots. Tout le monde n’a pas la même définition pour un mot. Le courage fait partie de ces mots difficiles à définir.

- D’accord, mais ça veut dire quoi ?

-C’est un peu comme souhaiter bonne chance. Mais avec la chance, on décide pas ?

- Exact. Alors qu’avec le courage, on décide. Le courage, c’est être capable d’affronter un moment douloureux, c’est être capable de faire quelque chose de dangereux parce qu’il le faut pour faire le bien.

- Je ne comprends pas trop.

- Attends, je cherche un exemple… Je sais ! Quand Simba se retrouve en danger à cause des hyènes, Mufasa, le Roi Lion, part le sauver. La première fois, il fait peur aux hyènes mais, la deuxième fois, il perd la vie…Oui ?Eh bien, c’est ça le courage ! Malgré le danger, il est allé sauver Simba. Il a surmonté sa peur.

- ça veut dire que maman est allée sauver quelqu’un ?

Sa question me surprend, mais je réalise ensuite d’où lui vient cette idée. J’avais dit à ma soeur, qui partait pour la maternité mettre au monde sa fille : « Bon courage ! »

- Dans un sens, oui.

- Alors, elle va mourir ?

Non, non, non, pas du tout ! Faire preuve de courage ne veut pas dire que l’on meurt forcément. Le courage, c’est aussi surpasser des moments difficiles. C’est ce que maman va faire. Maman va mettre au monde ta petite soeur Eléna. Ta maman va devoir être très forte et surmonter la douleur et la fatigue. Elle va pleurer et crier, mais ensuite elle sera la plus heureuse du monde, et elle te ramènera ta petite soeur pour que tu puisses la prendre dans tes bras et être heureux à ton tour, Kilyan !

E.B.

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Je n’aime pas dire « Bon courage ! », même avec chaleur, à un proche soumis à une épreuve prochaine.

Que ce soit celle qu’il ne peut éviter ou même celle, identique, qui me concernerait un jour.

Manque d’empathie ? Certes non.

Simplement l’impression qu’en déplaçant vers lui par le verbe l’énergie qui lui sera nécessaire, je fais « à son profit » l’économie de l’effort réel à partager.

Dans certains cas même, il me semble qu’il a dans ce « Eh, bon courage, mon cher ! » comme une manière de se moquer, puisque de toutes façons je sais bien que mes mots n’ont peut-être qu’une efficacité aléatoire, vu le degré de souffrance à redouter…

Me trompé-je ?

C’est à considérer.

Je pense à l’aveu de ces personnes en très grand deuil, lorsque nous les contemplons inconsolables à l’instant d’obsèques par exemple, et qui nous confient ensuite la puissance de réconfort ressenti par notre seule présence assortie de nos mots même maladroits pour les assister.

Bref, j’évite de me débarrasser à bon marché de l’embarras que me cause parfois la proximité d’un tiers promis à des moments pénibles, par la seule injonction « Bon Courage, mon cher ! ».

Et puis je l’entends trop souvent, à tout propos, même quand il n’est pas question d’être courageux.

Ceci dit, cet encouragement n’est pas à remiser. Utilisé à bon escient, il est une manifestation évidente de cordialité. On dit bien « Bon Jour ! » des centaines de milliers de fois ! L’essentiel est d’y mettre un minimum de conviction, de sincérité.

Beaucoup ont oublié que « Comment allez-vous ? », en époque médiévale, était une manière de vérifier chez autrui la qualité de son transit. Empathie courante, c’est bien l’adjectif qui convient…

F.N.

 

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Courage

En ces temps troublés, prenez au lever votre psautier et choisissez le cri du coeur qu’il vous sied… Colère ou action de grâce, l’homme sait les mots qui habilleront le mieux son coeur pour se présenter ensuite devant le Créateur… L’homme est debout lorsqu’il converse… Ces paroles sans âge sont sa force et son courage pour le jour à vivre… Rien de ce que vit l’homme n’est étranger à Dieu. »

C.M.

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BON COURAGE

 

Au téléphone ,

aux confinés,

aux malades, aux isolés,

aux travailleurs exposés

avant de terminer :

« je t’embrasse parce que c’est sans danger…

et Bon Courage !»

 

Sur son lit d’un Ehpad, elle n’a qu’une envie, celle de s’enfuir de cette vie..

Toute seule dans son studio sans ordi ni portable, sans nouvelle de ses proches

Les soignants face à la mort des malades et au risque de contamination…

A la maman isolée seule pour s’occuper de ses petits…

Aux responsables de décisions incomprises de tous…

 

Que valent ces deux petits mots…

C’est bon , c’est court

Mais j’enrage de ne pas en trouver d’autres

Pour dire mon soutien , mon cœur-rage,

encourager…

empathie,

sympathie

résonance

communion

en raisonnant ma pensée ne vous quitte pas

mon coeur saigne

alors courage à nous tous pour  le bonheur du jour,

 la beauté la lumière du printemps,

 la force de la nature explosant

nourrir, ouvrir nos âmes ,

imaginer,  rêver…

C.N.

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« Bon courage ! »

C’est lorsque le chef d’établissement du lycée où j’enseigne m’a lancé cette formule toute faite alors que je m’apprêtais à rentrer dans la cantine pour y déjeuner que cette expression m’a littéralement sauté aux yeux, face à l’incongruité de ce vœu. Malgré la gentillesse certaine du propos, son inadéquation avec la situation présente ne pouvait que me faire rire, puis m’interroger. Avions-nous à ce point intégré que notre confrontation quotidienne à de jeunes intelligences parfois mal dégrossies était un acte de courage ? Si je trouvais mes collègues exerçant en zones difficiles courageux, je ne pensais guère que cet adjectif pouvait m’être attribué pour la seule et bonne raison que je faisais ce que j’avais choisi, décidé, maturé de faire. Pire, ce souhait répété entre collègues devant la machine à café, à chaque détour de couloir, à chaque pas de classe presque franchi avait l’effet immédiat de me déprimer. Je me rendais alors en cours, et une petite voix au fond de moi murmurait que oui, il m’en fallait du courage pour tenter de transmettre l’amour de la sagesse pendant une heure à des élèves certainement préoccupés par bien d’autres soucis que celui de comprendre la Critique de la raison pure, ou pire encore les Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science (mais n’y a-t-il pas une certaine bravoure à ouvrir une œuvre qui porte un tel titre ?! Ce serait à questionner…). « Bon courage ! » Ce petit encouragement très simple, banal, jeté comme par mégarde ou par habitude produisait donc en moi tout le contraire de l’effet recherché.

J’ai souhaité m’en défaire ; mais je ne voulais ni moi-même utiliser ces deux mots magiques à tout bout de champ, ni sembler impolie en les refusant à des collègues qui pouvaient ressentir le besoin d’un soutien, d’une marque d’amitié lorsqu’ils rentraient devant leur classe. J’ai donc trouvé une petite feinte, toute simple mais qui me plaît dans sa simplicité. A présent lorsque nous nous séparons avant un cours et que celui qui partage avec moi la noble et rare mission d’en élever d’autres me dit : « Bon courage », je lui réponds avec un grand sourire : « Bon cours… ». Le début reste dans la continuité, et si la fin semble manquer je laisse celui qui écoute ce souhait comprendre ce qu’il veut : soit que prise par le temps j’ai avalé l’-age manquant, soit que ce vœu d’un bon cours est pleinement sensé et dans le fond bien plus motivant et enthousiasmant.

« Bon cours ! » cela signifie pour moi : tiens bon, mets au monde des idées nouvelles, fais de tes élèves des êtres nouveaux, permets leur d’affronter plus sereinement leur destin, de ne plus craindre les élans de leur cœur, la force de leurs passions. Donne-leur des clés pour se maîtriser, se dépasser, ouvre des horizons de sens qui seront autant de découvertes et d’aventures joyeuses que de ports très sûrs pour leurs âmes. C’est fragile un élève, fragile un jeune aujourd’hui. Certains portent déjà beaucoup pour leur jeune âge et en font déjà grandement preuve de ce courage. Courage de venir tous les matins, huit heures par jour s’asseoir devant des professeurs qui défilent, et se composer un visage attentif alors que peut-être cela bouillonne en eux. Alors donnons-leur la richesse infinie des mots, des idées, des pensées ; mais aussi la force et les exemples des géants qui nous ont précédés, pour que pour eux comme pour nous notre courage soit augmenté parce que nous nous hissons tant bien que mal sur leurs épaules. Alors de là-haut, bringuebalant, un peu effrayés ou déstabilisés, mais appuyés sur ces bâtons de jeunesse, nous pouvons malgré tout regarder vers l’horizon, l’envisager, le dévisager, et enfin y agir.

I.E.

 

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Ah, mes bons amis!
A bonne distance
restons bon enfant
gardons le bon sens
faites bonne figure
comme bon vous semble
toujours de bon poil et à bon escient
prenez la vie du bon côté
prenez du bon temps
riez de bon coeur
de bonne heure et de bonne humeur
bon appétit à la bonne franquette
bonne nuit sous la bonne étoile
bon courage à vous tous

N.B.

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1.

CONSIGNES A LIRE AUX CANDIDATS AVANT LE DEBUT DE L’EPREUVE

Le respect de ces consignes est impératif afin d’assurer le déroulement harmonieux et réglementaire des épreuves.

L’usage du téléphone portable est interdit. Il vous est demandé de l’éteindre et de le ranger dans vos sacs, que vous laisserez au pied de votre table. L’usage de tout autre engin électronique, connecté ou non, est également prohibé. Contrevenir à cette règle entraîne l’interdiction de se représenter à l’examen pour 5 ans.

Vous avez la permission de garder sur vos tables des collations légères et une petite bouteille d’eau. Vous êtes priés de les déguster avec discrétion.

Si vous avez besoin d’aller aux toilettes, levez la main pour solliciter un agent de surveillance, et attendez en silence qu’il vous en donne l’autorisation. Si vous avez besoin de poser une question ou pour toute requête d’urgence, suivez cette procédure.

La fin de l’épreuve vous sera signalée quinze minutes et cinq minutes en avance. A la seconde où elle termine, vous devez poser votre stylo, vous lever, et attendre que les agents viennent ramasser votre copie. Vous aurez alors l’autorisation de sortir de la salle, avec discrétion et en silence.

Les sujets vous sont à présent distribués, face cachée. Ne les retournez pas. L’épreuve commencera lorsque vous recevrez la permission de retourner le sujet.

Bon courage !

 

2.

CONSIGNES DE SECURITE A LIRE AUX CANDIDATS HIRONDELLES AVANT LE DEBUT DE L’EPREUVE DE FORCE

Ah ! Jeunesse, le respect de ces consignes est impératif afin de détraquer le déroulement harmonieux du qu’en-dira-t-on, le déroulement réglementaire des épreuves du feu et du temps.

L’usage surprise du roseau portable – une question ? – est interdit : danger ! Il vous est demandé, groupe de poissons, de le chauffer et de le lover dans vos sacs de sel, vos sacs d’espoir, vos sacs de pommes de terre, que vous éplucherez au pied de votre table.

L’usage de toute autre passion électronique, de tout autre miroir, connecté ou non, souffrance ou non, est également prohibé : il faut tenir bon! Pouvoir cette fermeté entraîne la mort et l’interdiction de se sauver à l’examen, – ô honte ! – pour 5 ans ; bien.

Vous avez la permission, amis, de garder sur vos routes des âmes légères, pleines de terre et de mots, et une petite bouteille d’eau. Vous êtes priés de les cacher avec amour.

Si vous avez besoin de courir vers la montagne, levez la main pour accueillir… qui ? un agent de surveillance, et souhaitez en silence qu’il vous en donne l’autorisation. Si vous avez besoin de pleurer ou pour toute requête d’urgence, brisez cette procédure.

La fin de la découverte vous sera signalée 15 minutes et 5 minutes en avance. A la seconde où elle se termine, vous devez franchir votre volonté, crier, et vous souvenir que les agents viendront regarder votre nuit. Vous aurez alors l’autorisation d’adorer les étoiles, avec manioc et bâton.

Les eaux sont à présent mises au monde, face cachée. Ne les retournez pas. Le lieu commencera lorsque vous aurez la force de désirer le danger.

Bon courage !

N.E.

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Bon courage !

Je viens de l’écrire plusieurs fois, à l’instant, à mes élèves et à leurs familles avec lesquels je communique désormais via écrans interposés. Sans y avoir fait attention, presque systématiquement, comme si je m’en voulais de leur donner devoirs et leçons que beaucoup d’entre eux d’ailleurs demandent si ce n’est réclament !

Bon courage !

Finalement, n’est-ce pas plutôt à moi que je le dis ? (parenthèse petitement philosophique !)

Avançons !

Bon courage !

S.H

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 Ne serait-ce pas un « mot magique » de plus, pratique sociale récente en effet et de plus en plus fréquente au point parfois d’éclipser le bon vieil « au revoir » ?

En sortant de la boulangerie ou de la poste, joliment écrit sur une carte ou frénétiquement tapé sur le clavier, effectivement, est-ce qu’on ne le sur-utilise pas ce « bon courage » ? D’une part. Et on sait que plus un mot est utilisé, plus il se dilue, perd sa saveur, descend de sa hauteur, se fond dans la masse, faiblit, se fane, s’éteint même …jusqu’à sa renaissance ! (d’ici-là, « bon courage » ?!)

D’autre part, n’a-t-on pas oublié sa source ?

                                                                                  J.M.

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Le courage

Le courage?

Le courage de quoi ?

Le courage de qui ?

L’idée du courage, c’est d’abord l’idée d’une certaine acceptation, voire d’une certaine volonté de souffrance, d’une renonciation à un certain plaisir, supposé immédiat, facile ou pernicieux, pour quelque chose de plus grand, de plus lointain, de plus collectif.

Mais le plaisir, est-ce si facile ?

Je me souviens de cette vieille fille au visage anorexique qui s’était saisie rageusement d’une craie et avait muettement tracé, à grands renforts de grincements stridents et de craies brisées, un grand « MOI JE » au tableau. Puis elle l’avait rayé sauvagement, les yeux exorbités, en traçant un grand X dont les branches reliaient les quatre coins du tableau. N’oubliez surtout jamais ça !!!

Puis le temps passe, certaines habitudes sont prises, la matrice est là, enfouie. Le plaisir c’est mal. La souffrance est notre lot. Les courageux sont ceux qui l’acceptent. Les autres sont le mal. Des irresponsables.

Puis on réalise qu’on est un peu perdue. La défiance apprise vis-à-vis du plaisir et du désir est dans le fruit. Coupé de son système limbique de récompenses et de ses repères émotionnels, on fonctionne à l’idéologie ou à la foi. On essaie de survivre en se raccrochant aux branches. A défaut de foi, le contrôle par l’intellect essaie de sauver les meubles.

On met mille ans à comprendre ce qu’une seule émotion réprimée nous aurait déjà dit depuis longtemps. Et encore, on n’est pas sûre, on reste assise sur un quart de fesse de soi-même. Même si on donne l’impression contraire.

Le courage se cache dans ce que nous avons de plus intime. Il est si facile de prendre un courage pour une lâcheté ou l’inverse. Le syndrome de Stockholm est au cœur de nos choix les plus structurants. Sait-on seulement les peurs et les envies qui nous guident ?

. Le courage des uns est la lâcheté des autres. Chacun fait comme il peut et choisit, guidé par sa boussole intérieure détraquée, ses sirènes et ses mâts.

Autrui est notre plus fol espoir, c’est aussi notre plus grande crainte. Notre plus grand plaisir et notre plus grande souffrance.

L’amour est une question de vie ou de mort.

Le courage c’est de laisser assez d’espace, assez de vie, assez d’envie, assez d’espoir pour risquer de se laisser toucher par un autre et peut-être pour un jour oser le toucher.

                                                                                                          V.V.

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Mairie du 8 ème arrondissement parisien, cérémonie à l’église

Saint …….je ne sais plus quoi ….., puis réception au château de

Breteuil …..

………………………………………………………………………………….

…..      invités au mariage d’une des filles du meilleur ami de mon mari….

 …………………………………………………………………………………………

Vu le style de la famille, je ne m’attendais certes pas à une

journée chaleureuse et décontractée où nous ririons beaucoup !!

Mais le beau temps, le cadre somptueux et vraisemblablement un buffet

royal me laissaient entrevoir une fête agréable…………..

 ………………………………………………………………………………………………..

L’ambiance dépassait de loin ce que j’avais imaginé.

Les deux familles ne s’adressaient pratiquement pas la parole.

………………………………………………………………………………………………

Les invités,

engoncés dans leurs fracs trop serrés et leurs robes de marques,

dégustaient du bout des lèvres de merveilleux petits fours………

………………………………………………………………………………………………………..

Les conversations s’engluaient dans des propos insipides et convenus.

Le jeune marié, à l’image de sa famille : totalement coincé .

 

  Apitoyée par le sort de la jeune fille,  convolant en justes

noces….. privée – peut être – d’ébats amoureux torrides,

mais contrainte – à coup sûr – à des soirées conjugales

et des fêtes familiales mortelles !

 

Incapable de lui présenter mes vœux de bonheur, je lui eus volontiers

souhaité : «  Bon courage ! »

( toute ressemblance avec des personnages existants n’est pas du tout

fortuite )

                                                                                                                 C. D.

 

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Le printemps pleure

Bien avant que fleurissent les roses

la diabolique corona a envahi nos jardins.

L’ouverture de toutes les frontières

justifiée par les promesses de mondialisation

lui déroule un tapis rouge qu’elle emprunte

pour envahir toutes les nations.

Erreur fatale des dirigeants

elle tisse sa toile et prend au piège

toutes les âmes pures.

« C’est la guerre  ! » – proclament certains;

« Laissez faire ! » – préconisent les autres ;

Trop tard, la planète déjà est contaminée.

Alors, pour trouver le remède,

tous s’en remettent au dévouement

et au courage du corps médical, des scientifiques.

Le monde crie : « Courage courage courage !

Merci merci merci beaucoup ! »

Que le soleil de mai voie

refleurir les roses !

Que le soleil de mai

réchauffe nos coeurs !

Martial Guignant

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Le courage, c’est ça !

Le courage, c’est cette petite chose

que certains ont plus que d’autres,

cette grande chose

qui fait avancer les uns,

reculer les autres.

La courage est au coeur,

au coeur du coeur.

Les menteurs ont beau dire,

il ne se trouve

ni dans les armes,

ni dans la terreur.

Il est au coeur,

au coeur du coeur.

Il ne se trouve point,

ne se donne point,

ne se vend point.

Il est au coeur,

au coeur du coeur.

Il est sans prix,

Comme le bon vin.

A.B.

Atelier Printemps des Poètes par courriel (1)

Arbre Courage

Arbre Courage

Fini de crâner !

Du cran !

Arrêtons la course,

Filons à la source !

Mille propositions nous assaillent pour lutter contre le confinement : visites de musées, sorties théâtrales virtuelles, cinémathèques ouvertes, déballage pour tous les âges de tous les trésors amassés par l’humanité. C’est magnifique ! Ne crachons pas dans la soupe…

Des recettes de cuisine se partagent, c’est très sympathique ; bien nourrir le corps est essentiel, retrouver les savoir-faire simples, aussi. Mais l’esprit ?

L’esprit risque de se trouver gaver par toutes ces offres culturelles, qui nous mettent position de badauds, de spectateurs, de touristes gavés papillonnant. Si, demain, les connexions sautent sous l’effet d’un virus d’une autre trempe, que ferons-nous ?

Un vieux proverbe chinois  dit que celui qui donne un poisson nourrit pour un jour, alors que celui qui apprend à pêcher nourrit pour la vie.

Alors, tout ce terreau d’oeuvres et de chefs d’oeuvre ne prend son sens que si chacun peut s’en nourrir pour devenir fécond à son tour en se risquant à plonger dans sa source…

Mon atelier d’écriture virtuel « Du cran par écran », propose trois étapes pour aider ceux qui le veulent à prendre ce temps de latence pour se lancer dans l’aventure de l’écriture. C’est ouvert à tous.

Déjà 25 contributeurs, d’horizons très divers, de 15 à 85 ans, dont je vais partager les textes pour vous donner confiance et envie de rejoindre la petite aventure que j’intitule :

« DU CRAN PAR ÉCRAN, À LA RECHERCHE DU COURAGE PERDU »

 

Affiche Cran

Reprendre en rouge le cours du blog quand le globe est bloqué…

C’est le moment, le moment de monter crânement au créneau.

Quand la peau si poreuse donne prise au virus,

La Poésie est là qui n’a peur des lépreux ;

Quand le monde trop plein se remplit de Covid

Insidieux… ainsi Dieu s’insinue, impavide

Dans le creux de ces vies soudain 0 déchet

Le Diable insatiable pressent sa déchéance

Et c’est l’Esprit qui souffle un grand vent de silence…

Adeline Gouarné

Du cran par écrans !