Archives quotidiennes :

Printemps des Poètes virtuel (suite) étape 3

      1. Du cran par écrans

      2. 3ème étape

Je commence par vous livrer quelques extraits de poèmes très divers qui me semblent en parfaite résonance avec cette exploration du thème du courage :

Extrait n°1 : La Fontaine « Les Animaux malades de la Peste »

« Un mal qui répand la terreur,

Mal que le ciel, en sa fureur,

Inventa pour punir les crimes de la terre.

La peste, puisqu’il faut l’appeler par son nom,

Capable de remplir en un jour l’Achéron,

Faisait aux animaux, la guerre.

Ils ne mouraient pas tous

Mais tous étaient frappés (…)

Le lion tint conseil et dit : … »

Extrait n°2 : Henri Michaux   « Clown »

«… Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, (…) j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, mes semblables !

Vidé de l’abcès d’être quelqu’un

je plongerai

sans bourse

dans l’infini-Esprit sous-jacent ouvert à tous

ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosée

à force d’être nul… et ras… et risible ! »

Extrait n°3    Marie Noël   Chant de la source

«  Les autres sont des gens, les autres sont des femmes,

Les mains pleines d’argent, pleine de bonheur, l’âme.

Moi, je suis, dans le bois qui ne sait, une source

Je suis l’eau, que ne boit personne dans sa course… »

Extrait n°4    Marie Noël  « Prière du malade pour ses médecins »

« Ayez pitié, mon Dieu, de ceux qui se sont chargés de la peine des autres, de ceux qui se sont faits des sauveurs.

Sauveur de tous, donnez au médecin la LUMIÈRE,

pour qu’il ne se perde pas dans l’obscurité d’autrui, et que, obligé de pénétrer dans le secret des corps et des âmes, il ne se trompe pas de route et ne blesse rien en passant.

(…) Donnez au médecin l’AMOUR,

pour qu’en son plus mauvais moment, dans son incertitude, sa faiblesse d’homme, son trouble, il trouve toujours une douceur, un abri, une force, pour le désespéré qui l’attend… »

Extrait n°5  Miguel de Unamuno   Le Christ de Velasquez

« Voile qui, de l’abîme des hauteurs, souffle entre les frères qui furent jadis, trouble la surface de l’âme et, dans ce tremblant miroir reflété, le monde aussi tremble… »

Extrait n°6   Karol Wojtyla            Profils

« Saurons-nous porter la barque qui roule sur les hauts-fonds de l’Histoire sans chercher ces mains invisibles ? …»

Extrait n°7        Léo Ferré

«  Avec le Temps, va, tout s’en va… »

Extrait n°8  Alfred de Musset         La Nuit de Décembre

« Qui donc es-tu, qui donc es-tu, mon frère,

Qui n’apparaît qu’au jour des pleurs ? »

Extrait n°9      Arthur Rimbaud    Ma Bohême

« Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées »

Extrait n°10    François Cheng     Qui dira notre nuit ?

« Qui dira notre nuit, sinon nous-mêmes ? »

Puis, je vous donne une nouvelle banque, faite de vos trouvailles, qui sont autant de visions du courage :

improbable confiture /remise en question / point d’exclamation/ désirer le danger/ trésors d’imagination/ peur de vivre /coeur de la nuit / vider les malles / les temps morts / ferments du ciel/ triste sire /           meubler l’imaginaire/retourner le sujet / fleurs du passé/ rendez-vous manqué/ code de la route / le rêve de l’ange/sel de la terre / sauver les meubles / zeste de soleil/ grimper au mât demi-zen / clé du paradis / peut être / l’enfance en feu / source boréale / faire le bien/prendre à pleines mains/ renaissance / force du roseau / courir encore mauvaise bonne conscience / se noyer dans la musique/ épreuve de force /barrer le moi-je/ mise au monde / ange d’âge d’or/autosatisfaction/ la maman qui grince/ perdre la vie / boussole intérieure / vieux bébé bec ouvert / coup de fouet / se vider / jeter le sel de la passion / pirouettes sur le gazon /entrer par la petite porte / enjamber les pouvoirs / force du roseau / route hors du Temps / faire rire / se perdre / magie des mots / se raccrocher aux branches / reflet du défunt/ épluche-amour/ .

Ensuite, avec le souvenir  :

- de ce qui a pu vous parler dans les extraits de poèmes proposés,

- de vos propres textes de ces jours derniers, ou de ceux qui vous ont nourris dans un moment difficile,

- des mots des deux banques,

- de votre réaction à ma proposition provocante,

je vous propose de trouver un vaccin contre la peste du découragement collectif que plusieurs ont repérée, comme moi, à travers l’exclamation : « Bon Courage! », lancée sans y penser.

Ce virus est si répandu que j’ai entendu, sur le marché de Gournay mardi, plusieurs personnes me répondre, lorsque je disais que la situation actuelle ferait peut-être sortir un bel élan d’entraide : « Avec les Français, il faut pas y compter ! » Et ce sont des Français qui m’ont dit cela ! « Alors, c’est qui, les Français ? », a-t-on envie de répondre ! Voilà bien le virus tueur d’âmes, insidieux, dont personne ne s’occupe…

Donc, en piochant dans les quatre trésors énumérés plus haut, je nous invite chacun à concocter un remède anti-virus du découragement :

soit une vaccination, une formule magique, une recette de cuisine,

soit inventer une épigraphe gravée dans la pierre depuis des siècles,

soit rédiger une page de vieux grimoire trouvé dans un grenier,

soit composer une chanson à fredonner pour se donner du …

soit une autre forme, à laquelle je n’aurais pas pensé.

Lâchez-vous !

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Voici les propositions que j’ai déjà reçues :

BON COURAGE SUR LE DIVAN

 

BJ : Je me présente, Docteur Bon Jour. Votre nom ?

BC : Courage

BJ : Prénom ?

BC : Bon

BJ : Ah ! Quel bon Dieu vous amène ?

BC : J’ai peur de vivre.

BJ : Dévêtez votre improbable confiture et zeste de soleil, et allongez-vous sans regarder au qu’en dira-t-on.

BC : En fait, mes cousins Bon Compte et Faux Amis se raccrochent aux branches. Ils m’agacent avec leur mauvaise bonne conscience.

BJ : Mais vous allez guérir pour deux sous des péchés anonymes. Allez, bas ce maillot et ce pantalon, montrez-nous votre gazon. Il n’est plus temps de sauver les murs du temps mort.

BC s’étend sur le divan cachant pudiquement sa boussole intérieure.

BJ étend la main : Eh ! Ventre mou, âme franquette, cœur fuyant, … Oh ! Bâton grimpant au mât demi-zen !

BC : Alors Docteur (point d’exclamation) ! Ai-je encore la force du roseau ? C’est une ferme remise en question !

BJ : Cher Monsieur Courage, que de souffrance, de colère ont fui sous vos pas – Faux Pas peut-être. Ne revêtez pas votre probable déconfiture sans jeter un peu de sel sur la passion. Votre destin semble noyé dans la magie des mots et des rendez-vous manqués. Je vous propose de couper le Bon qui vous colle à la peau. Enjambez le pouvoir en passant par cette petite porte du désir. La langue française vous fera ce tour de passe-passe dont elle raffole.

Sans le Bon, vous serez Courage, du Cœur et de l’Âge, ferments du ciel, jet puissant d’une liberté chérie et de source boréale !

                                                                                     Gaëtan Deffontaines

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Le remède anti-découragement du docteur Folespoir

Un pied de nez
Une pirouette
Un air de famille
Une pièce montée
Un oeil de lynx
Une tête de pioche
Un ventre à pattes
Un coeur d’artichaut
Un trou de mémoire
Une humeur de chien
Un coup de gueule
Un coup de rouge
Une idée noire
Un lapin blanc
Une poupée russe
Un château en Espagne
Un roman à l’eau de rose
Une larme de crocodile
Un feu follet
Une boussole intérieure
Une queue de comète
Une lanterne magique
Passer à la moulinette
Ajouter une pincée de poudre d’escampette
Bien mélanger
Une cuillère à soupe au coucher
A renouveler si nécessaire

Nathalie Bourgade

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    1. Le vaccin de Josette

Ça y est, je le tiens cet horrible vaccin

malsain

qui, enduit d’huile de ricin,

me glisse entre les mains !

dans ma tête un refrain

suis-je un porteur sain

ou

suis-je moi-même atteint ?…

Refrain qui, dois-je le croire,

me cause bien des déboires !

Quelle pensée négative

me poursuit, lascive,

me saoule et m’enivre

comme une musique

aux mots magiques

qui me poussent et m’enlacent

sans laisser de traces ?…

Résiste,

Prouve que tu existes !

Ce mal qui répand la terreur

va-t-il faire mon malheur

comme une punition divine

qui prend racine

et me ruine ?

Ne pas subir

d’idées horribles,

chancres nuisibles !

Ne pourrait-on, paisible,

revenir à de saines pensées

qui, tout au long de ces années,

m’ont bercée et poussée,

m’ont faite ce que je suis

avec force et courage ?

Me voilà et j’enrage

de ne pouvoir, malgré tout,

en venir à bout !

Et ce vaccin, surtout,

c’est de l’huile de ricin :

il nous glisse entre les mains…

J.M.

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Éléments (2)

ne pas être quelqu’un, juste être

pas moi-je, juste je

par l’orgueil, juste l’or

être élémentaire

être l’eau

pour jaillir et irriguer

être la terre

renouvelée, nourrissante

être l’air

et l’horizon et le ciel

être le feu

qui réchauffe et embrase

être l’océan et l’algue

la méduse la coque

le rocher la craie

la mouette la fourmi

être fougère ou ronce

acharnée, persistante

être chêne centenaire

racine profonde

pluie ou rosée

naître et renaître

mettre au monde

chaque matin

la force de vivre

Véronique Maupas

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Texte bercé de paroles de musique

« Du courage, du courage, du courage »… comme une ritournelle entraînante et qui me rappelle tant de souvenirs.

L’artiste s’appelait La Grande Sophie avec des paroles écrites par Calogero dans un moment charnier de ma vie. Et ça faisait : « La question que je me pose sans cesse, c’est :  » Où est-ce que je pourrais trouver du courage ? » »

Quelle bonne question !

« Où trouve-t-on du courage ? »

À cette question dite à voix haute, mon fils m’a répondu du haut de ses 7 ans, avec cette image : construire un grand immeuble, étage par étage, et qu’à la fin, je puisse me rendre compte qu’il m’aura fallu du courage pour être arrivée jusqu’en haut et pouvoir regarder fièrement en bas.

C’est peut-être ça, le courage, cette métaphore autour du savoir et pouvoir grandir ?

Partir des racines et avancer en ne reculant pas. Enfin pas trop, quand ça fait mal, quand ça fait peur, quand il y a des coups durs.

Le beau, le bon, on les retrouve aussi devant les carrefours de la vie…. Voire dans « le Tourbillon de la vie » : attentats, Charlie, « Police je vous aime puis je vous hais », révolte sociale, la couleur est au jaune, puis vire au Corona…

Quelle affaire ?!!! Français ou pas, telle n’est pas la question, elle est dans l’infiniment petit, dans les origines de la vie, où résonne la mort.

« Je suis née quelque part mais pour celui qui est né c’est toujours un hasard » et peut-être que pour une partie du reste de la vie aussi… Du reste, qu’est-ce que je décide ? avec moi, l’autre, les autres…

« Toi + moi + ceux + tous ceux qui le veulent », être raisonnable, et raisonner pour bien entendre cet élan vital, notre capacité à être.

Soyons créatif comme ces écrits, et d’autres formes possibles.

Hier, avec mes enfants on a habillé une pomme de terre avec des yeux, des bras;auréolée d’une cape, elle disait : « Restez au chaud, confinés »… Super Patate…

Qui aurait cru un jour que cette pomme de terre finirait en héroïne de table ? Certainement pas elle.

Alors, qui sait ?

Tout est possible, quand on  puise le courage face à l’adversité :

on peut CRÉER !

Audrey Chabaud

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          ANTIPESTE (en anapestes)

LE POIVRE DE PENJA : L’ANTIPESTE.

Dans les ténèbres

Prépare l’aube

Pèle ton oignon,mâche le poivre

Avant de parler

prépare l’aube

Le soleil aussi a sa zone d’ombre

Il fait plouf

Il a disparu

Parti préparer sa robe de lumière

Pèle ton oignon

Mange le poivre

Choisis le vrai poivre, le poivre de Penja

Et pleurent les yeux

La gorge en feu

Tu feras pousser le lys blanc

Sur ton front

Le python

Sur ton sceptre, le cobra

Pèle ton oignon

Avale le poivre

Gare à la parole courbe, à la langue qui fourche

L’erreur t’élève

Le mensonge t’avilit

Dans le tunnel de ton chemin

Pèle ton oignon

Avale le poivre

Chasse la décomposition

Oh toi Isis

Mère aimante

Donne le sein à ton nouveau-né.

Evelyne Pélerin Ngo Maa

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Le 23 mars 2020

 Le courage en débardage 

Après avoir étalé sur un lit de souffrance, volonté, distance et témérité,

Épluché les remises en question,

Écrasé le code des doutes bien conduits,

Enjambé le pouvoir du Moi-Je

Et grimpé aux mâts mis !

Zen…

Prenez un zeste de soleil, puisé à la source boréale,

Pressez une goutte de sécurité à bas prix

Pilez et mélangez à pleines mains.

Empaumez la pâte, saupoudrez de gingembre et de menthe poivrée,

Malaxez le tout en une confiture improbable de bonne pâte pétrie par principe ôté.

Cherchez alors un être sourcilleux de naissance et soucieux de renaissance,

Un aveugle avide,

Un enfant fanfare,

Une maman mouise en monde

Et enduisez-les de cet épluch’amour en chantant :

Ah ! Eh ! Roseau mort, mort aux miroirs

Ah ! Eh ! Maman muse de l’homme mots

Ah ! Eh ! Petites pommes aux poings promus

Ah ! Eh ! Enjambe jeuness’et jaillis !!!

Alors s’ourdira une source incandescente de sensations insidieuses, jubilatoires, qui,

tel un fanfaron fera fi de toute fioriture

pour louer le rêve de l’ange jusqu’à la lie,

Joie que rien, jamais, ne jugulera !

Cou-rage, Roue-cage, dégage,

Volages et mages n’ont pas d’âge

Ici on voyage sans bagages!

Anne Deffontaines

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Trouvé dans un grimoire

Au jour où le courant du Courage a viré – désertant les rivages, ravageant les visages, dévastant les bagages ;

Au jour où l’envie de Vie s’est envasée dans le flot des flux,

s’est embouteillée dans le touche-touche des pare-chocs, le tut-tut des autos ;

Au jour où le Loto de l’Auto qui lançait son lasso sur l’homme a pris l’eau ;

Au jour où les bouteilles ont embouti l’Esprit pour le mettre en tonneau ;

Au jour où l’étonnant tonneau s’est fait baril d’or noir polluant l’espoir ;

Au jour où l’épluche-amour au coeur de la nuit laissa filer le sel de la terre ;

Au jour où les ferments de la terre et du ciel, enfermés, surgelés, ont mangé les étoiles ;

Au jour où la clé du paradis s’est enfouie sous les tonnes de débris ;

Au jour le Moi-Je barré barricadé s’est échappé sans boussole intérieure ;

Au jour où les monnaies de singe ont muté dans des puces à virus ;

Au jour où l’on a scié sciemment les branches auxquelles on s’accrochait ;

Au jour où l’Homme s’est fait vieux bébé bec ouvert ;

Au jour où l’on s’est plaint du trop-plein trop tard et sans tremplin ;

Au jour où la pire peur empierra les jardins, étouffa les fleurs ;

Au jour où le bonheur bonimenté punit le dément qui dément ;

Au jour où le déluge des sources boréales fit fondre l’Idéal ;

Au jour où le selfie fier de soi sert à faire fi de Foi ;

Au jour où l’on a fait une croix sur la Croix ;

Au jour où le corps obèse avala l’âme en larmes ;

Au jour où l’enfance en feu pleure la maman qui grince ;

Au jour où la peur de vivre pond les temps morts en comptant les morts ;

Au jour où l’on applique un masque sur les traits démasqués …

…C’est le moment des mots magiques, des rêves à la dérive ;

la miniaturisation gagne

l’Ange exterminateur des Âges

se fait infiniment petit

plus besoin d’ailes

il vire au virus

il use

c’est l’heure du leurre

invisible

la lutte chahute la hutte

terrasses terrassées

espoirs expertisés

vies dévissées

à cran sur écran

Alors, prends ton courage à deux mains sans attendre demain – humain, fais-toi mortel, simple mortel, tout bonnement mortel, passant de passage sans tambour ni trompette, foulant fouillant cueillant la terre qui l’accueille. Habille ton coeur, creuse son vide vide-le de sa pulpe palpe-le presse-le :

bois ce jus de courage 

Il est BIO !

Adeline Gouarné

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Chanson à fredonner pour se donner du courage

(sur l’air du Petit Cheval Blanc, de Georges Brassens)

Je suis l’eau dans un vase brisé

Je me noie dans la musique

Je m’en allais malade, crevé

À qui dirons-nous notre nuit ?

Je m’en allais malade, crevé

Et désirais le danger

Le roseau à peine naissant

Allant vers sa renaissance

Son courage était si tremblant

La tête pleine de jours de pleurs

Son courage était si tremblant

Mais il enjamba sa peur

 

Qui es-tu, toi qui as couru

et franchi ton improbable ?

Ton courage est un bon courage

Tu es sur la bonne route

Ton courage est un bon courage

Tous derrière et toi sans doute !

Noémi Egnell

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Un vaccin ? L’enfance !

 

Lorsque, grands adultes et vieux enfants, le cœur sec de tant de rendez-vous manqués, de tant de questions évacuées parce que tournées et retournées, de tant d’horizons éprouvés, nous nous confronterons une bonne fois à la rugosité de notre âme assoiffée, alors…alors nous pourrons opérer un ultime et double mouvement. En relevant la tête pour aspirer une gorgée d’air, nous plongerons en nous-même, et rebroussant chemin nous parviendrons au seuil de notre enfance. Et si notre regard a gardé quelques liens avec la lumière, nous apercevrons ou plutôt nous sentirons que derrière cette porte, il y a là, peut-être, sans doute, la source de notre mise au monde.

Là, un enfant avance tout doucement en chantonnant à voix basse une curieuse mélopée. La route où il chemine est insignifiante, elle est peut-être lisière, elle est peut-être traverse. Ce qui compte c’est l’attention grave qu’il met à réussir tout à la fois à avancer, à chantonner et à regarder. Chacune de ces trois actions porte l’autre, engendre la suivante, dans un mouvement sans secousse, sans précipitation. Cet enfant, c’est vous, c’est moi, c’est cette ombre ténue et légère que nous portons tous en nous. C’est ce petit être attentif et étonné que nous avons été quelques jours, quelques mois, quelques années, nous tenant devant ce monde, déjà un pied en lui mais un autre encore en nous.

Pour entendre cette douce chanson, il faudra alors se faire tout petit, se courber davantage en soi-même, sans mouvement brusque, de peur d’effrayer et d’éteindre ce petit feu. Que chante-t-il ce roseau, ce mât, cette porte, ce bâton, cet être enfin bien à la verticale ? Nous ne saisirons d’abord que l’air, léger, qui provoquera en nous une aimable réminiscence, une vague impression de ‘chez-soi’. Nous courbant encore un peu plus, nous finirons par saisir quelques mots. Mais ô surprise ! Entre ceux-ci aucune logique, aucun ordre, aucune cohérence. Des mots jetés, sans queue ni tête, par-dessus tête, rien qu’à sa tête…des débuts de mots, des fins de mots, des mi-mots, ou des mots bien entiers, mais alors, Dieu, sans grammaire aucune !

« …mi, tourni, voilà où je, saperlipopette, lumière et quest, petit oiseau ça rampe, la la, mi ré do, papa dit, maman tu, ré mi do… »

Un peu honteux d’avoir été ainsi trompés, un peu nerveux, nous commencerons à nous redresser, à nous détacher…voilà bien les gosses ! Heureusement qu’on grandit !

Mais alors que dans un dernier déroulement des vertèbres, nous nous apprêtons à reprendre la verticale puis la tangente, nous croisons son regard sérieux et malicieux. Et dans un éclair nous comprenons. La clé de notre vie, la voilà. La clé de toute force, elle est là. Non pas tant dans nos actions ; non pas tant dans les paroles que nous prononçons ; non pas tant dans le chemin que nous suivons ; non pas tant dans ce que nous regardons. Le clé est dans l’équilibre et l’attention extrême que nous portons à toute chose : l’attention que nous mettons à voir le monde, autant qu’à y avancer et à le transformer, autant qu’à y chanter c’est-à-dire à l’embellir de nos actions de grâce et de nos émerveillements.

Plût au Ciel que nous sachions, en nous relevant, tout à fait marcher sur ces trois jambes, dans un équilibre enfin retrouvé !

Ingrid Egnell

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Anges… courageuses…courageux

Amours,

Je me souviens vous avoir mises au monde…

Avec cœur,

Dans la nuit,

Avec toute ma force

Et mon âme

Passionnée !

J’ai rencontré chacun, chacune,

Quelle découverte !

Maman…

Vidée et surprise,

Capable

D’accueillir cette force de vie,

Qui me promettait

D’accomplir la chance

De se rencontrer

De me rencontrer

       De nous rencontrer…

Amours,

De ma vie,

Pour la vie,

Telles des roseaux,

Les pieds sur terre…

Au-delà des montagnes,

Le feu comme ami,

Les étoiles nous souhaitent…

Sécurité

Force

Volonté

Témérité

Chance

Amour

Parfum de la vie

Une route hors du temps

Une chance découverte

Mille questions…

Amours,

Capables,

Etoiles de cœur,

Se rencontrent,

Tiennent bon,

Décident,

Crient,

Se promettent,

L’Amour

                                                             Maryse

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Le courage est une dérivation du coeur ; tels les fils électriques connectés dès la naissance, voire, à ce jour, virtuels.

Puis l’être se construit petit à petit en se connectant à ce monde qui l’entoure.

Sans en avoir pleinement conscience, il devra choisir, accepter ce qu’il est, et décider ce qu’il sera,

affronter cette ambivalence :

lâcheté/courage………………………………………………courage/lâcheté ;

« S’armer de courage » – la route de la vie est semée d’embûches pour tous.

Être humain = cerveau enfermé dans un corps frissonnant, ce qui donne, selon les cas :

héros ou triste sire.

La formule est :

Coeur + convergence + courage

Sans ces trois ingrédients, le passage dans ce monde n’est qu’errance désespérée.

Admirer le courage d’autrui ? C’est souvent s’accorder un bienfait par procuration. Sans danger, le courage est une sorte de brevet d’auto-satisfaction ; on s’approprie ce que l’on n’a pas osé dire et faire.

Trouver le sens d’une action,

se jeter dans le vide,

faire face à l’adversité,

ne rien lâcher,

faire d’une critique une force,

construire pour l’enfant un jardin

où cueillir avec fierté les fleurs de son passé,

où s’accrocher à des racines solides,

pour,

à son tour,

cheminer et

transmettre

sa vie.

Apprendre à voir 

voir avec les yeux

construire avec le cerveau

se forger soi-même,

une image, une histoire

faites de

choses, pensées, actes.

Marie-Claude About

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Liberté

Prenez vos distances

Pour protéger vos existences

Pratiquez le confinement

Et conservez absolument

Un grand espace

Afin que ce méchant virus

de guerre lasse

admette un consensus

et termine sa course

à bout de ressources.

On sait que c’est difficiles

surtout dans les villes

les petits appartements

remplis de cris d’enfants

tout prêts à éclater

et à échapper

à tout contrôle

malheureux dans leur geôle

donc prudence

et gardez de cette expérience

un grand élan d’amour

en vous et pour toujours…

J.M.

 

Atelier d’écriture virtuel (3)

Quand on a le courage de lâcher ses habitudes et de s’ouvrir aux mots (aux maux ?) des autres, en allant piocher dans la banque constituée par les mots des uns et des autres,

Quand on a la forme de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, comme dit Henri Michaux, alors s’ouvrent en soi-me des fenêtres que l’on n’avait jamais vues, même fermées.

Les rois ne touchent pas aux portes… Ils ne connaissent pas ce plaisir…, dit Francis Ponge. Aujourd’hui où le corona découronne nos majestés, c’est le moment d’arracher l’ancre qui tient nos navires loin des mers et de partir pour explorer les confins de nos imaginaires !

Voyage sans frais et sans pollution, offert à tous…

Adeline Gouarné

 Suivez le guide !

 

      1. Deuxième étape   Reprendre son premier  texte en le transformant par l’utilisation du plus grand nombre possible de mots de la banque que j’ai constituée à partir de nos contributions, toutes extrêmement variées. Ne vous cramponnez pas à votre première version : elle n’est qu’un point de départ destiné à éclater grâce à la richesse du vocabulaire tiré de cette première récolte. Vous allez être entraînés dans des sentiers inconnus… Laissez-vous faire, en écriture semi-automatique, sans vous censurer, en vous laissant guider par les sons autant ou plus que par le sens. Envoyez-moi le produit de ce voyage en toute confiance !

      2. Banque de mots issus des textes de la première étape

sécurité hirondelle navire russe se séparer- se moquer- tout s’en va- je gère -Ah !- feu- coeur- jeunesse- vider – mettre au monde – fuir – se souvenir – force- temps mort- maîtriser – fermenter – enjamber – maladroit- jouer – bouillonner- saigner-amour- fermeté- aéroport souhaiter – rencontrer – tenir bon – affronter -bien- ami- parfum- sauver – ramper – étaler – pouvoir- mourir-volonté montagne découverte piler- garder-rester-franchir- soigner – comment allez-vous ? -promettre-cuire-terre- identique- sel honte vouloir-éplucher-pleurer-couper- prendre-oublier-examen- piment- âme- se cacher- cacher-choquer-répondre-surmonter-passion lieu manioc devoir- passer-accomplir-dire-décider- parler-danger nuit poisson travailler-quitter – en finir- chauffer-crier-franquette eau roseau qu’en dira-t-on ?-regarder- se regarder-route fibre mou ronronner-reprocher-avoir-tenir le coup-chanter-question- surprise- groupe- exploiter-va savoir-désirer-siffler-donner-rire-media- sécurité bâton isoler – être – lover – prononcer- adorer-dépenser-étoile souffrance miroir accueillir-répéter-s’arrêter-enrager-courir-caisse espoir pomme de terre mot détraquer- contrôler- briser- créer- saigner-paradis- mauvaise conscience- pâte- fort- foi -colère- rossignol- immigré- balle- défilé- pigeon- vieux bébé bec ouvert- bon compte- vérole – mille ans – collectif – église- moi-je – espoir – viol- années 60- qui ?- image- trahison – peur – main- chien- encore- film- chat- rire- accident- héros- non !- trottoir- pirouette- bec – vœu – âge d’or -science- pie- roc- famille- rage- érotique- ange- anonyme- plaisir- distance – métaphysique- terre- péché- capable- gazon- gloire- profond – place de la Nation – tourterelle- porte- vie- geste- courante- fruit- anorexique- chance- quoi ?- mouette- fragile- talisman – langue française – briser- magie- carreau- horizon- enfance- nouveau-né – risque – grincement- gobelet -eh ! – clé – Rue du Rendez-Vous – zone- moineau – adultère -machine à café- avenir – tour à tour – parent -source- saveur -clavier- matrice – isolement – boulangerie- face à elle-même-couronné- mât-glace-vulgarisation-infini- d’arrache-pied – les pieds sur terre – virus – angoisse- soleil- homme- fatigue- témérité- maman- lion- code- charnière – navire russe – frénétique- boréal- fol- athéisme- bagage

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Voici les textes écrits par les courageux contributeurs de l’atelier d’après les consignes ci-dessus, qui peuvent paraître difficiles à suivre, mais qui sont au contraire une invitation au plaisir de jouer avec les mots (les maux ?); je poste les textes dans le même ordre (aléatoire), que pour la première étape, avec cependant des changements : certains ont lâché l’affaire (provisoirement ?), certains ont sauté directement dans cette étape, d’autres l’ont enjambée pour gagner directement la troisième…

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Texte bercé de paroles de musique

« Du courage, du courage, du courage »… comme une ritournelle entrainante et qui me rappelle tant de souvenirs. L’artiste s’appelait La Grande Sophie avec des paroles écrites par Calogero dans un moment charnier de ma vie. Et ça faisait « la question que je me pose sans cesse, c’est où est ce que je pourrais trouver du courage ? »

Quelle bonne question. Où trouve-t-on du courage ? A cette question dite à voix haute, mon fils m’a répondu du haut de ses sept ans avec cette image : construire un grand immeuble, étage par étage. Et qu’à la fin, je puisse me rendre compte qu’il m’aura fallu du courage pour être arrivée jusqu’en haut et pouvoir regarder fièrement en bas.

C’est peut-être ça le courage, cette métaphore autour du savoir et pouvoir grandir.

Partir des racines et avancer en ne reculant pas. Enfin pas trop quand ça fait mal, quand ça fait peur, quand il y a des coups durs. Mais il y a aussi du beau, du bon, on se retrouve devant des carrefours de la vie…. Voire dans « le Tourbillon de la vie » : attentats, Charlie, Police je vous aime puis je vous hais, révolte sociale, la couleur est au jaune, puis vire au Corona…

Quelle affaire ?!!! Français ou pas, telle n’est pas la question, elle est dans l’infiniment petit, dans les origines de la vie, où résonne la mort.

« Je suis née quelque part mais pour celui qui est né c’est toujours un hasard » et peut-être que pour une partie du reste de la vie aussi… Du reste qu’est-ce que je décide ? avec moi, l’autre, les autres…

« Toi + moi + ceux + tous ceux qui le veulent », être raisonnable, et raisonner pour bien entendre cet élan vital, notre capacité à être. Soyons créatif comme ces écrits, et d’autres formes possibles.

Hier, avec mes enfants, on a habillé une pomme de terre avec des yeux, des bras et auréolée d’une cape et elle disait : « Restez au chaud, confinés »… Super Patate… Qui aurait cru un jour que cette pomme de terre finirait en héroïne de table ? Certainement pas elle. Alors qui sait, tout est possible, quand on doit puiser le courage d’être face à l’adversité ; il peut naître du créatif.

A.C.

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Mettre au monde le courage.

Avec fermeté sous la force du feu et de la franquette

Sans souffrance surmonter en sécurité la surprise

Souhaiter sauver un ami accidenté

Mettre au monde le courage

Affronter un amour accompli

Au cœur du code se cache la caisse capable de contenir l’âme

Âme , amour.

Faut-il pour cela ramper en pomme de terre?

Fermenter piment, poisson et manioc?

Mettre au monde le courage sans tordre le cou à la mort ?

Lui jeter le sel de la passion ?

Parler ,crier plus fort que fibres et roseaux mous ?

Courir, courage ,courir encore, toujours ?

Enjamber pouvoirs et parfums des montagnes ?

Prendre lien en lionne ?

Éplucher, couper sans cacher son vouloir ?

Décider de sauver le Temps, sauver la vie ?

Imposer son étoile ?

Mettre au monde le courage ?

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Qu’en dira t-on de cette pâte fort en colère sous la mauvaise conscience?

Et de ce vieux bébé bec ouvert au bon compte de l’âge?

Que dire de ce chien tout en pirouette

Conduisant colonnes d’immigrés sur le trottoir?

Est-ce un ange anonyme dépêché sur cette terre de péchés?

Est-ce le nouveau- né de l’âge d’or ?

On dirait bien que oui !

Que dire de tous ces oiseaux qui l’accompagnent à la rue du rendez-vous?

Mouettes ,moineaux et tourterelles, nos plus sûrs talismans

Pour mettre le Courage au monde pour un nouveau monde ?

Évelyne Pélerin

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Ah, c’en était fini !

Il lui fallait mettre au monde, en pleine jeunesse, le feu et la mort, tour à tour l’enfance d’une tourterelle et son parent, le moineau et le chien, et le bébé et l’âge d’or. Bannir les codes, maîtriser les passions, enjamber les talismans, tenir bon, affronter les jeux de miroir, ramper, accueillir, répéter encore et encore, se cacher, enrager et courir encore.

Le danger, en tout lieu, la caresserait de son bec. Le doux chant, les rires et le parfum de sa montagne s’étaleraient en son âme comme un film dans sa confiance embrumée, pour la faire pleurer, se souvenir, et se regarder mauvaise enfin, reniant sa terre, se reprochant d’accomplir le rêve de l’ange.

Fallait-il qu’ elle soit ainsi divisée et qu’elle quitte famille, après-midi de cueillette, d’épluchure de fruits pour une improbable confiture, pirouettes sur le gazon, pour accéder à cette rage, cette autre partie d’elle-même ancrée si profondément dans son âme et prendre à pleines mains sa colère.

Cette colère, saine colère, dans les bras de laquelle elle se lovait, s’arrimait, telle une lionne, lui ferait prendre des distances, franchir toute honte, découvrir, rencontrer.

Elle peut déjà voir la place de la Nation – elle avait épluché le manuel de la ville de Paris, trouvé à l’aéroport. Elle y rencontrera l’amour. Elle le sait, elle le sent. Elle y sifflera, criera à pleine voix comme les mouettes qui fuient la falaise natale pour planer sur les océans, rencontrer le vent, s’y livrer comme un homme fatigué laisse la nuit l’envelopper. Elle ne se cachera plus rue du rendez-vous, plus de regards perfides, de langues acérées comme des couteaux pour l’épier.

C’est décidé, elle est faite pour le rire, la joie, les étoiles, la découverte, la force. Elle en acceptera les dangers, les accidents, la souffrance. Elle les surmontera, et si la mort doit se prononcer, alors elle accueillera en un geste de réconciliation, consciente de la chance qu’elle s’était donnée, ce qui adviendra. Sa sécurité est le lieu de sa passion. Elle est là, ancrée en elle, et nulle honte, nulle culpabilité, nul regret ne pourront désormais occulter l’élan et la force qui jaillissent en elle. Elle est piment et suavité, douceur et fermeté, eau déferlante et roseau bercé, poisson d’eau douce et requin, chien et main caressante.

Elle est une, elle est multiple !

Elle boira la coupe jusqu’à la lie.

Elle a faim, elle a soif !

  Anne  Deffontaines

 

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Vide avide

« Bon courage !», c’est le vide, c’est souhaiter du vide ; dire un mot sans faire un geste ; éplucher la patate de la mauvaise conscience,se cacher dans la mise à distance, écraser le manioc de l’époque, concocter le pâté du passé, – en finir avec la peur de la lame de l’âme au parfum de vie surprise.

Ce mot mou du moment, ment, honte !  il joue au miroir d’amour, de bien pilé à la bonne franquette, passé au feu des codes fermentés en groupes, sans loi. Il scanne l’ennui et crâne avec simulacre d’audace pour franchir les questions.

« Bon courage ! », fouet  fou en tous lieux sans feu, sans sel et sans piment, en toute terre sans témérité, sans volonté, sans force.

« Bon courage ! » à l’arrachage, à l’arrachement ; on s’acharne à décider de sauver le corps, l’étoile, la nuit, tout ce qui va mourir et quitter notre sol. Enjamber les charnières, ramper pour rencontrer les amis, non !

Jeunesse d’aéroport, défilés d’hommes qui se défilent, vos passions immédiates cuites au jus des media bananières, font de vous des roseaux sans fibres et sans eau capables de mettre au monde accidents et souffrances.

« Bon courage ! »

Les caisses de temps, sans examen, tiennent bon, fuient la route des amis, se souviennent des montagnes, rencontrent les colères en bâton, sèment la panique, c’est l’amour, le poison, le poisson, qui promet en pleurant, en criant – car il parle !- d’être capable de se souvenir, de pouvoir quitter sa maman, d’affronter le devoir de fatigue, de surmonter la vie d’un coeur ferme.

Il s’accomplit.

Il décide de garder sa chance, de rester, de couper la sécurité ; voilà le poisson devenu Lion.

Il va prendre la parole.

Adeline Gouarné

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Ah ! rage, colère, angoisse,

Ce virus rampe, s’étale, se moque de tout, se cache, brise la famille, donne la mort, trahison !

La peur détraque tout, la souffrance… danger de ce poison !

L’homme fatigué pleure…

Quoi ?         

Sur terre : la vie bouillonne,

le moineau, le rossignol, la tourterelle chantent,

l’hirondelle passe,

le pigeon vole, le bébé lion se sauve,

le chat ronronne, le chien court,

de la source coule l’eau vive,

s’étale dans les roseaux,

le soleil brille, le ciel sétoile….

 

L’ âme garde l’espoir.

Au cœur, l’amour, l’amitié…

Que souhaiter ?

Surmonter ce temps,

soigner,

pouvoir à nouveau se rencontrer,

chanter, siffler, jouer, créer,

se regarder, désirer, promettre, adorer.

La passion …

et le plaisir des mots !!!

                                       
                                                     C.N.

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Bon courage !

J’ai souhaité : « Bon courage ! » à ma fille lorsqu’elle a déménagé sa maison – remplie d’objets et de meubles de toutes sortes – pour un appartement beaucoup plus modeste comprenant trois chambres, séjour, cuisine, salle de bains … le contraste a dû être très difficile à vivre … se  séparer de ses objets préférés, notamment de sa bibliothèque adorée ; mais où placer tous ces livres ??? Elle a heureusement été soutenue par ses amis sinon par sa maman qui ne pouvait physiquement rien faire pour elle. Il lui a fallu surmonter sa colère d’une part car il fallait tenir bon dans cette épreuve, même si elle mourait d’envie de crier, de pleurer. Il lui fallait surmonter sa fatigue, mais elle a mis tout son coeur à accomplir cette tâche et a mis toute son âme à créer un havre de paix pour la sécurité de toute la famille… Quelle chance elle a eue de pouvoir obtenir ce petit endroit, elle ne pouvait souhaiter mieux compte-tenu de la situation et elle a accompli son devoir avec amour et témérité ; il lui fallait de la force, mais « avec le temps, va, tout s’en va… », comme dit la chanson… Elle a donc repris sa route et travaillé d’arrache-pied en jouant sur sa bonne étoile afin de sauver les apparences… Faire bouillir la marmite, cuire les pommes de terre, vider le poisson, maîtriser le temps tout en vidant les malles et en répondant à distance aux angoisses de toute la famille. Non ! Ne pas leur montrer son angoisse, maîtriser son inquiétude et garder les pieds sur terre, pas question de ramper, affronter l’avenir avec courage ; gérer, comme elle dit toujours : « Je gère », se cachant de la réalité et sans faire d’examen approfondi sur elle-même et en ignorant la montagne des tâches futures à accomplir. Écraser ses larmes, parler à un groupe de personnes, peut-être est-ce là le sens de sa vie, éviter que son ressentiment ne fermente, dire, s’exprimer, écrire peut-être presser ce qu’il y a tout au fond d’elle-même, ficeler cette pierre qui lui étreint le coeur. Il fallait se promettre de ne pas fuir ses responsabilités, ne pas se couper de la loi, ne pas se laisser écraser et ne pas en faire des caisses, comme disent ses enfants. Après tout, ce n’est pas pire que de mettre au monde des enfants… et puis, quand ce sera trop dur, filer à l’aéroport vers l’Afrique : les bananiers, les arachides, piler le manioc… un zeste de soleil, « sol » en espagnol… partir à la bonne franquette, prendre son bâton de berger et se jouer des codes, se moquer des éventuelles critiques des media et se retrouver face à elle-même.

                                                                                                                 J.M.

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Ah mes bons amis!
Je voudrais être oiseau pour vous rendre visite
Hirondelle j’amènerais le printemps
Pigeon je volerais sur votre balcon
Moineau je taperais du bec à votre carreau
Merle je sifflerais pour chauffer votre coeur
Rossignol pour vous chanter l’amour
Je serais chien pour jouer avec les enfants dans le jardin
Courir après les bâtons, les ramener encore et encore
Je ferais des pirouettes sur le gazon pour vous faire rire
Je serais chat pour entrer par la petite porte
Je sauterais sur le canapé et viendrais me lover sur vos genoux
Ronronner sous vos mains caressantes en regardant votre film préféré
Tour à tour
Pie voleuse
Mouette rieuse
Chien de berger
Chat perché
Soleil printanier
Lune montante
Étoile filante
Par la magie des mots
Amie bienveillante

Nathalie Bourgade

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Les quatre éléments

 

j’accueille

le feu de l’hirondelle

en fuite

 

j’accueille

la force du roseau

les fruits de la rosée

 

je bois

à la source boréale

des anges en folie

 

je désire

la frénésie savoureuse

des pirouettes

 

j’épluche

le cœur de la nuit

fibre après fibre

 

j’accueille

les ferments du ciel

en bourgeons

 

je goûte

le sel de la terre

le parfum du vent

 

j’accomplis

l’impossible

jour après jour

Véro Maupas 

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(À lire à voix haute)

À BORD DU NAVIRE RUSSE

Le co, le coco
Le coro rococo
Le roro
Ronronne
Ronronna, nah !
Ah ! Nana
Navire, vire !
Navire russe !
Le « KORRO », navire russe, chavire les nanas, les cocottes couronnées,
viralement neuneues, neuronées, honorées, ravies, dévoilées, envolées, virées
de bord, avariées par la variole des raviolis.
Ronronnez, ânonnez la vie sans virus, couronne de dessert Francorusse, suprême
de ronron Kitékat pour minettes qui matent l’eau sans tomber par-dessus bord ;
le mât-est haut, grimpez au mât « demi-zen » et arrivez à la Hune comme une
reine couronnée, sans vérole, sans virus, en haut du navire russe sans « Ko » ni
« Ro ».
Et voyagez, enfin, dans les mers orientales sibériennes, les mers gelées, de glace,
étendues de vagues à l’infini de l’horizon, vers les aurores boréales…

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UN PRINTEMPS CONTAGIEUX

Courage
J’enrage
Rage dedans
Colère orange
Orage dehors
raser les trottoirs
Fenêtres fermées
Murs murés
Silence gris
L’ennemi tapi
Me suit sans bruit
M’entoure
Invisible rumeur
Du cœur, du cran
À cran
devant les écrans
Écoeurée
Par la bouillie
Médiatique
Je tourne en rond
Dans ma cage
Je cherche la sortie
Respiration
Inspiration
Plein les poumons
Je crache le vide
Qui me remplit
Commenté : par Courage
Cœur à l’ouvrage
Chercher le sens
De la vie
Trouver vite
La sortie
Saisir sa peur
À pleins poumons
Pousser son cri
Sans penser
Au qu’en dira t’on
Sur le trottoir
Ou bien seule
Face au miroir
Rugir « J’existe !»
Comme un lion
En rébellion
A l’infini.

Isabelle Lucas

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Mon ange…courageux

Courage

Mon ange

Cours

Rage

La rage au cœur

Le cœur en rage

Courage

Mon ange

Cours vers l’âge

Courage, cours, rage,

Cours

Vers l’âge d’or ?

Cours

Vers l’âge étoilé

Mystérieux

Tempétueux

Merveilleux

Magique

Vivant

Libre…

De vivre

Libre

En courant

En rageant

Courage…

Mon ange…

Courageux…

Courageuse…

Mon ange

Maryse Laurent

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   Le courage fermente quand il enjambe le temps et la volonté.

De cette mauvaise conscience qui épluche l’amour,

un rossignol affronte la peur de vivre.

 

« Bon » – dit l’ami au courage qu’il met au monde.

Mais à quoi bon affronter l’âme qui crie !

 

Ah ! Le courage fermente quand il quitte le miroir.

De cette honte lourde de pomme de terre fatiguée,

une mouette fuit l’enfance en feu.

 

« Bon » – dit l’ami au courage qui l’enrage.

Mais à quoi bon affronter la maman qui grince !

 

Non ! Le courage fermente quand il s’isole.

De ce péché anonyme qui coupe la jeunesse,

une tourterelle siffle une passion amère.

 

« Bon » – dit l’ami du courage qui reproche au sel

cette pirouette pimentée qui se souvient.

 

Eh, toi ! courage qui fermente dans les étoiles,

Aie le courage des temps morts à bon compte !

La pie sauve les temps forts ronronnant

du devoir qui tient le cou et le serre.

 

« Bon » dit l’ami de ce courage qui rampe la nuit,

de cet ange d’âge d’or au bec prometteur.

Moineau, prends ton bâton de questions rocs-rages.

 

« Bon » dit l’ami du vieux courage franquette,

rue du rendez-vous manqué, la témérité se cache …

Gaëtan Deffontaines

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Le courage c’est l’enfance en feu,

l’enfance en feu, agitée par sa boussole intérieure, traverse le coeur de la nuit, les temps morts, les remises en question, sans jamais perdre la clé du paradis.

Le courage se prend à pleines mains sans aucune mauvaise bonne conscience, sans peur de vivre.

Le courage, c’est le rêve de l’ange, les ferments du ciel et le sel de la terre unifiés.

Évelyne Cassette