Archives quotidiennes :

Du cran par écran (suite)

Toujours ce : « Bon courage ! » et autres virus de langage vidant les mots de leur sens.

 Suivons donc Marie-Claude à l’écoute des animaux !

Pénibles de clavier…
« Prends soin de toi et de ceux que tu aimes… »

- Cette rengaine donne la migraine (n.d.l.r.) -

« Qu’il avait donc du courage »
Ainsi, chante Georges Brassens sur un texte de Paul Fort.

D’aucuns appelleraient cela une chansonnette,

une petite ritournelle simplette,
  et, pourtant, notre cœur s’émeut.

Ce n’est qu’un animal !

  Fermons les yeux

et regardons avec respect 

le cheval luttant par le mauvais temps;

puis cet autre qui,

la course achevée, s’ébroue, à bout de souffle,

ruisselant de sueur, 

indifférent aux cris, aux paris des turfistes.

Ouvrons un livre et compatissons pour celui de trait,

sollicité à l’extrême de ses forces,

tirant  la houe qui creuse le sillon de terre nourricière,
attentif à la voix du paysan, lui-même si fatigué par ce labour.

Plus familier, le chien, le fidèle.

Enfant, j’aimais écouter l’histoire que me contait  maman.
Mon père, militaire, parti loin,

  Son fidèle l’attendait, sans rien manger ni boire.

Quand le maître revint, folie du chien courage !

Qui se rappelle Véronique?

Cette chatte envoyée dans l’espace, premier être vivant hors galaxie …

revenue vivante sur terre !

Aujourd’hui, l’hirondelle,

ignorant le chaos,  annonce le printemps.

Faites-la dessiner par l’enfant!

Et n’hésitez pas à laisser un peu d’eau au bord des cils.

Marie-Claude About

 

Du cran par écran (suite): aux pinceaux !

VIRUS, par Marie-Antoinette Girard MAG GestesMarie-Antoinette Girard met la main à la pâte, les mains dans le plat, plaf !

Prendre le virus à bras le corps, lui faire la peau dans un corps à corps qui l’incorpore, comme un vaccin !

Mettre un masque visible sur les visages,  qui en portent si souvent d’invisibles…

La peinture est là pour donner chair aux mots, dessiner les desseins :

ainsi, « Gestes-Barrières », se colore de nouveaux sens sous le pinceau de Marie-Antoinette :

Dessiner le sens des mots

Dessiner le sens des mots

Du Cran par écran (suite) : nouvelle recette de confiture anti-virus

Lorsque le temps tourne au cauchemar, notre esprit veille et nous insuffle des bulles de liberté.

Ainsi, je reçois aujourd’hui, d’une amie psychologue, cette recette anti-virus.

Quand le confinement nous entraîne aux confins de notre imaginaire,

avec l’aide de la banque de mots de l’atelier : « Du cran par écrans »,

voilà de quoi se délecter :

La confiture de rêve

    Une improbable confiture de rêve :

éplucher soigneusement un zeste de soleil,

ajouter le sel de la terre,

prendre à pleine mains les fruits de la passion,

coup de fouet avec les ferments du ciel,

développer les trésors d’imagination,

jeter la peur de vivre,

faire des pirouettes,

se raccrocher aux branches,

et surtout faire le BIEN ?

C.N.

Cette notion du Bien est également l’objet d’un autre message, reçu ce matin-même :

Bon et Bien

Le courage des mots

Il n’y a pas que l’adjectif « bon » qui obère la force du courage, l’adverbe « bien » aboutit au même résultat.

J’ai lu hier  un article  des « Études », intitulé :

« La foi est-t-elle encore possible ? » ,   de Dominique Colin.

On y lit  : « C’est la fonction ambiguë de l’adverbe « bien » que de déminer ce qu’il prétend renforcer. Tout le monde sait qu’un : « Je t’aime bien », ne signifie pas tout à fait la même chose qu’un « Je t’aime ».  On le constate aussi dans l’expression : »Je veux bien », qui peut traduire aussi bien un choix convaincu qu’une indécision.

L’ adverbe « bien » accolé à un verbe actif a le plus souvent pour effet de traduire un désengagement. « J’entends bien » signifie le plus souvent : « Je suis OK avec ce que vous dites », mais ne précise pas l’objet de cet accord. On pourrait continuer.

Dominique Colin, dominicain belge, disciple de Kierkegaard,  a écrit un livre superbe, mais difficile, intitulé : « Le christianisme n’existe pas encore », dont je n’ai pas tout compris, mais ce que j’en ai perçu rend radicale la question du Jésus :

« Le Fils de l’homme quand il reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » :

Question qui traverse celle que nous pose la situation actuelle dans son expectative : que voulons faire de cette vie ?

                                                                                     Alain Tirot

La question de l’emploi du mot : « Bien », ainsi posée, renvoie à la cerise sur le pot de confiture de la Recette qui le précède, et qui se termine, elle aussi, sur un point d’interrogation. Qui détient la définition du Bien commun à tous ? Qui est sûr de faire le Bien lorsqu’on sait que l’Enfer est pavé de bonnes intentions ?

La question de l’emploi du mot : « Bien » dans les milieux de l’art contemporain, m’a souvent titillée : cette notion morale a en effet chassé du champ de la critique celle, esthétique, du Beau. Pour qualifier une oeuvre, l’emploi du mot Beau est symptôme de ringardise aggravée. La notion de Beau chassée des « Beaux Arts », voilà un paradoxe révélateur de la confusion ambiante !

Née de la confusion entre le « Beau » et le « Joli », qui flatte l’oeil, sans déranger personne. Le « Beau » peut relever du tragique, du bouleversant, du vrai : il n’est pas là pour conforter et rassurer ; cela, on l’a oublié. D’où le glissement  sémantique, de l’esthétique vers la morale.

Ce dérapage est lié aussi au vide religieux : l’Art, qui était au service du Sacré, s’est vu lui-même consacré. Les grandes manifestations artistiques ont remplacé les cérémonies religieuses.

C’est le cas aussi des compétitions sportives dans lesquelles le mot : « Bien » est à l’honneur : « Bien joué ! » revient sans cesse dans les commentaires sportifs. Le ballon qui captive l’oeil et passionne les foules, n’est-il pas une métaphore du Mal que l’on fait circuler, dont on veut se débarrasser : la balle emballe le mal ! D’où l’emballement des foules qui se défoulent de leur soif de Bien ! D’où les fortunes prêtes à s’investir et à s’arrondir au gré du ballon rond…

J’aime beaucoup cette parole de sagesse : « Quand tu as du bien, tu as du mal », qui se retourne de façon réconfortante en : « Quand tu as du mal, tu as du bien ».

La période actuelle me le confirme : combien d’échanges plus profonds que les agréables conversations habituelles, anodines, sont-ils en train d’émerger avec mes interlocuteurs et contributeurs, connus ou inconnus ?

« Les mots sont des clés », comme l’a bien écrit l’une d’entre elles, la mosaïste et poète Catherine Weber. En ce moment, les mots et les images que l’on m’envoie pour que je les publie sur ce blog ouvrent des portes  ; les mots retrouvent leur sens, la parole, son pouvoir. Le Verbe n’est pas loin.

« Premier de tout fut le Chaos, puis vint la Terre à la vaste poitrine, siège inébranlable des dieux », dit Hésiode.

Faire taire le bavardage, se faire terre, pour que renaisse une langue qui ne soit ni de bois ni de plastique, ni en kit, ni en toc.

                                                                                    Adeline Gouarné

 

Lis tes ratures (6) Crachat

Souviens-toi

De ta plainte

Lancinante

Aux  jours

Où tu vaquais

*

Souviens-toi

Des vacances

Et des sacs

Mis à quai

Des paquets

*

Souviens-toi

De ce diable 

Insatiable

Qui distillait

Insatisfait

Sa voix

La voix

Du choix

De l’achat

*

Vois

Tu déchois

Vois

Tu es crachat

A.G.

Lis tes ratures (6) En corps

Pour Denis, aujourd’hui transporté,

emballé,

de Paris à Tours

en TGV (Tours gare de vie ?)

Le corps

En coma

Comment

L’âme

Voyage-t-elle ?

*

Le bon vivant

A-t-il un bon de vie ?

*

La vie quitte

L’inquiet

*

Qui est

Celui qui la quitte

?

*

L’âme hors

Corps

Se crée

Encore

En

Secret

Sacré

*

A.G.

Lis tes ratures (5) La vie ruse

La vie ruse

La vie c’est ce

Virus

Au nom de code

Sans mot de passe

HTTPS ?

Covid

Covid fait le vide

Dans nos vies

Covid nettoie

Les scories

De nos vies qui virent à blanc

Qui virent au vide

*

L’âme hors s’use

La vie rompt son cours

La mort sort au jour

Elle était tapie

Cachée sous le tapis joli

Masquée par

La logorrhée dorée

Des mots rassurants

Des mots dorés

Codés en langue de bois

Cathodés sur écrans peu cathos

L’homme en promo

L’Ego légal égal s’étala

*

Sans éthique

Sourire obligé

Rides effacées

Pleurs avalés

La vie

Lavée

Standardisée

Pliée carrée

L’imaginaire

Mis au vestiaire

D’hier

Avec les oripeaux

Les déchets

Le laid

Le lait même

Rangé au rayon des poisons

*

Le disque rayé

Du Risque

Relayé

De la Menace Omniprésente

Déverse jour et nuit

Son Ombre

Sur la Planète

Qu’on aplanit

On fait place nette

Pour les angoisses

Qui suintent qui poissent

Et qu’on enfouit

Sous un vernis

Sous un verrou

On va vers où ?

*

Les agendas bouclés

Pour des années

Contrôle

On s’est voulu

Maîtres du Temps

Contrôle

On perd

L’instant présent

On perd

Le Père

Le repère

L’inspiration

Se perd

*

Précaution

Contrôle C

Caution

Contrôle A

Inaction

Contrôle V

Décrassage

Contrôle Z

Ménage

Contrôle H

Arrachage

Contrôle T

*

Perte de rôle

Et de

Contrôle

La Vie usée

Aseptisée

La Mère Amère

Ruse

Couve

Un virus

Invisible

Covid

À faire

Le vide

*

Virus

De l’Invisible

Surpuissant

Hors agendas

Hors Big Data

Virus

  À virer

Des milliards,

Milliards d’hommes,

Milliards de dollars

Et d’euros

Milliards de bobards

De bobos,

Milliards

De faux art

Infusé

Diffusé

De Barbares

Illettrés

*

Vidange

?

Vie d’ange

?

Changer

?

Retour du

?

Fin du faux

?

Faim de faim

?

Faim de fin

?

A.G.