Archives quotidiennes :

Du cran par écran (suite)

Ce matin, les souvenirs des cours d’Histoire viennent au secours de notre histoire en cours.

La généalogie des vicissitudes passées est au coeur du courage d’envisager la situation.

Sus au Virus !

Covid 19, quel nom grotesque !

Louis IX l’aurait qualifié de Mauresque.

Ses chevaliers en armure

auraient traqué dans la démesure

cet Ennemi ubuesque

jusque dans son contexte.

À la Révolution

les Sans-Culottes, sans façon

auraient décapité

le Ci-devant, ci-dessus nommé

Corona… presque couronné

sa tête aurait roulé

magnifique, dans le panier.

Nos soignants carapaçonnés

traquent sans relâche

cet Ennemi déclaré

sans faillir à leur tâche.

Ils ont peur, ils le disent,

peur d’être trahis

par l’Ennemi invisible,

situation certes indicible.

Au secours, vaccin béni !

Sus à l’Ennemi,

But sans cesse recherché !

Mon insomnie consommée,

je ne peux que coucher

ces pauvres rimes sur le papier

Josette Méhu

Pour ma part, je me suis réveillée avec, en tête, ces vers de Corneille :

Notre malheur est grand, il est au plus haut point.

Je l’envisage entier mais je n’en frémis point. »

Et, une fois de plus, je pense à cette inégalité dont on parle si peu, l’inégalité face à la culture.

Quel puissant secours représente la culture classique, dans ces moments où s’effondre le monde en carton-pâte que nous avons bâti !

On est prêt à verser à des milliards pour rebâtir une cathédrale de pierres ruinée par un incendie, et on a laissé pourrir ce qui ne coûtait rien à faire naviguer, notre cathédrale littéraire et poétique, le fruit du voyage au coeur de la Vie des plus grands esprits !

Le ciel s’est strié de traces d’avion, de satellites, de parasites, pour trimballer des appareils photos et des smartphones engrangeant des milliards de clichés, privant l’homme de regard :

Nécessité

Les Grecs anciens savaient que tout, même leurs dieux étaient soumis à une force supérieure, l’Anankè, la Nécessité.

La cécité moderne a fait perdre la vue

à l’homme privatisé.

Sans mémoire et sans regard,

hagard,

il erre au hasard

des courants d’art

dont il perçoit l’écume

sans amertume.

La vie privée

dépravée

Voie

dépavée

Errance

La vie privée

de Fin

file

A.G.