Au Cimetière de l’Art, à Nolléval

défunte toile

C’était dimanche dernier,

premier de juin.

Nous étions conviés,

dans ce lieu champêtre

et Duchampien,

mais aussi Flaubertien,

à célébrer la légion d’honneur

en fleurs

du pharmacien Homais,

ennemi d’Emma.

À l’ombre du défunt château d’eau,

devenu le mausolée de Madame Bovary,

sous l’oeil de la défunte gare,

une assemblée de bons vivants

accompagna quelques enterrements

d’oeuvres choisies.

Geste non anodin.

Pour les uns, l’enfouissement est l’oeuvre-même,

comme ce fil blanc

figurant le temps

et les liens,

déposé déroulé débobiné

déballé ;

Pour d’autres, l’adieu à un morceau de leur temps,

de leurs émotions, de leur élan.

Ce fut mon cas.

Toujours le temps !

Pour une fois ,

nous avons pris le temps

de le suspendre

dans la gare aux trains absents.

 

Merci, Patrice Quéréel !