Atelier Printemps des Poètes par courriel (2)

Première étape de l’atelier :

ÉCRIRE UN TEXTE LIBRE COMPORTANT L’EXCLAMATION :

« BON COURAGE ! », cette expression devenue aussi banale que : « Bonjour ! », depuis quelques années, dans les rencontres quotidiennes ; partir d’une situation vécue, dans laquelle nous l’avons prononcée ou entendue. Voilà, c’est simple. Vous m’envoyez votre texte à:  adeline.gouarne@free.fr et vous recevrez la feuille de route pour l’étape 2.

Voici des textes que j’ai déjà reçus pour cette première étape, aussi variés que leurs rédacteurs, jeunes de 15 à 85 ans, venant d’horizons très divers :

 

Courage

 Un homme cultivait la terre de ses aïeux. Elle lui donnait les plus belles pommes de terre de la région. Il se mettait souvent à penser à son enfance et aux odeurs qui lui étaient si chères. L’odeur de l’eau qui frémit, le bruit des légumes qu’on épluche, du sel qu’on jette ; le fumet du poisson coupé en filet qui se dore au coin du feu. Autant de sensations qui lui rappelaient….

Un profond soupir s’emparait de lui à chaque fois qu’il pensait à elle.

« Maman »

Depuis combien de temps n’avait-il pas prononcé ce mot si doux, chaleureux, tendre, et triste aussi ? Elle lui parlait souvent de comment elle lui avait donné naissance, comment tout s’était passé dans cette chère campagne aux allures de roc impénétrable ! Elle disait souvent qu’il fallait tenir le coup, être fort et que d’accueillir un nouveau-né n’était pas chose facile dans ce milieu si isolé, surtout quand ce bébé était le fruit du péché.

« Un accident » lui répétait-on ; c’était un fâcheux accident dont la famille voulait lui faire porter la honte. Honte dont elle se sentait exempte, tellement elle aimait déjà ce petit être. Pourtant elle savait que ça allait être dur, qu’on l’invitait à se cacher, à le cacher.

Souvent, elle avait voulu leur crier sa colère et quand elle se regardait dans le miroir, elle se sentait forte. Son cœur était prêt à tout surmonter et il était rempli d’une témérité sans faille pour supporter en toute sécurité les attaques et reproches de ses si vieux parents.

L’homme se mit à sourire, en se disant à quel point il avait eu une chance inouïe d’avoir cette mère si forte, si aimante, qui avait su couper les « qu’en dira-t-on ?». Elle avait l’âme d’un lion.

Il se leva de de sa chaise et, encore rempli de ses pensées, il regarda dehors tout ce qu’il avait pu accomplir dans cette magnifique exploitation. Il avait été nourri par la passion de la terre de sa mère. Et, juste avant sa mort, il lui avait promis d’en prendre soin et d’y rester.

A.C.

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JE ME SOUVIENS.

 

Je souviens de ses arachides

Fraîches

Elle les faisait bouillir

Sèches elle les faisait griller

Les écrasait sur la pierre à écraser

Mélangeait la pâte avec un peu d’eau et du sel

Elle y ajoutait poisson fumé et petit piment

Le tout enveloppé dans des feuilles de bananier

Cuit à l’étouffée et braisée au feu de bois

Elle en faisait un « pâté » au goût inimitable

Et surtout un pâté à la fraîcheur garantie

En tout lieu et toute saison.

 

MON BÂTON DE MANIOC.

 

Pour préparer un bâton de manioc

Déterrer le manioc, l’éplucher

Le découper en petit morceaux

Le tremper dans l’eau

Prendre une bonne semaine de patience.

Le laisser fermenter

Attendre qu’il soit bien mou

Le sortir de l’eau

Le rincer en le pressant entre les deux mains

le vider de toute eau

Le piler dans le mortier

L’écraser sur la pierre à écraser

L’étaler en fine couche sur les feuilles de roseau

Ficeler le tout avec la fibre du bananier

Faire cuire dans l’eau sur un feu de bois…

E.P.

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Madame l’assistante sociale,

 

J’ai bien reçu votre questionnaire, je vous en remercie.

Mais, n’étant pas très courageuse, j’ai des difficultés à parler du courage en cochant oui ou non dans les cases proposées.

Courage annonce:

Danger

Demande

Analyse

Évaluation des risques

Estimation des moyens d’intervention

Objectifs à atteindre

Réflexion

Stratégie…

Si la tâche parait insurmontable voire absurde, Il faut du courage pour s’y engager.

Et pourtant c’est la vie , et nous y allons tous allègrement.

Il y a ceux qui, ayant fait des estimations, préfèrent tout arrêter, là est peut-être le vrai courage…

Mais cette petite fille traversant la grande place méconnaissable de sa ville où s ’entassent voitures calcinées et corps sans vie,

je la vois courir dans les rues désertes et défigurées

Sautant par dessus les caniveaux d’où pointent les fusils des soldats…

Elle Court

Court encore pour rejoindre la maison.

C’est le courage qui la fait courir ?

La peur?

L’espoir?

L’espoir de rejoindre au plus vite sa maison, son havre de paix et sortir de ce cauchemar?

Non, je n’utilise pas souvent ‘Bon courage !’

Je dis plus souvent »ça va aller ».

Pour dire que quelque part il y a une maison paisible qui nous attend, juste accepter de traverser les ruines.

La vie entre par toutes les portes de son choix, charriant tout et son contraire….

 »On dit que quoi? »

 »Que ça va aller ! »

Bien cordialement,

E.P.

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Bon courage !

Il lui en avait fallu du courage pour quitter sa terre natale, celle-là même qui lui procurait la sécurité et l’assurance d’en être, de faire partie d’un groupe. Elle était Kabyle, elle avait toujours vécu au Pays, y avait fait ses études, y avait exploré les possibles balbutiements de l’érotisme adolescent mais elle était promise à qui elle ne voulait rien promettre ! Et surtout pas l’amour.

Alors la mort dans l’âme il lui fallut quitter ce cercle qui, trop proche, devenait étouffant…Quitter les parfums, la langueur, l’insouciance de la jeunesse et mille autres sensations qui seraient très vite reléguées au rang des souvenirs.

A l’aéroport où son frère travaillait, il lui fallut se cacher, mettre le voile, ce à quoi elle s’était toujours refusée et elle observait presque avec amusement, si l’heure n’avait pas été aussi grave, que cela lui permettait de cacher son forfait !

Elle y réfléchirait plus tard : comment le voile permet à la femme de se soustraire au regard pour obtenir, non ce que l’on veut qu’elle soit, mais ce qu’elle-même décide d’être ?! Elle avait tant de fois vu sa mère se couvrir de cet apparat! Elle qui était si belle, avec ses cheveux ondulant sur un visage sans défaut était sommée par son mari et par la loi du groupe de se couvrir … comme on revêt l’habit de honte pour une faute encore inconnue.

Quand Aïcha déposa le pied sur le sol français, elle ne savait pas encore qu’ici elle serait une Arabe, définitivement, assurément ! Elle pensait avoir franchi des montagnes, elle réalisait que ce n’étaient que des monticules, que la masse de courage nécessaire n’était pas en réserve dans son escarcelle. Mais elle savait une chose, elle ne laisserait personne décider à sa place, jamais ! Dut-elle ramper pour cela ! Et cette idée même lui donnait envie non d’affronter mais de prendre à bras le corps la vie qui vient, avec ses lots de surprises, de découvertes des embûches mais surtout de ses possibles à enjamber toute entrave….

Bon courage, Aïcha

A.D.

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« Bon Courage ! « 

L’écho du : « Bon Courage ! »  est pour moi attachée à l’image

d’une caisse

celle du supermarché

Reflet de la caissière dans le miroir

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

caissière

tapis roulant

chargé d’articles

indifférents

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

Défilé de boîtes

on signe un chèque

on tape son code

« Bon courage ! »

cling !

La caissière affaissée n’a plus rien

à frapper

on scanne 

diffusion de stress

anti-détresse

on scanne

la pluie le mauvais temps

on scanne

alerte orange orages prudence

« Bon pour âge! »

bling !

« Bond cours âge ! »

bling !

Défenses fondent au Temple d’Abondance :

le chariot roule,

les rayons tentateurs attirent ;

couleurs pour tous les goûts

et les dégoûts ;

pour les sages

et pas sages de tous âges ;

le mot promo se promène partout,

se veut sauveur… Sauveur d’argent.

On décroche le gros lot

au bout de la gondole.

Gondole, Venise, voyage…

« Bon voyage ! »

Bling !

« Bon courage ! »

contre l’Ennemi qu’est l’Ennui !

Bon coup de fouet

le point d’exclamation  pointe dans la voix

du client qui empile, comme pour

trouer la paroi d’ennui

qui suinte

du long passage

d’articles sur le tapis

Articles lentement choisis

on scanne

on roule

on quitte

inquiet

la caissière affaissée

qui scanne

- sommes-nous quittes

de sa fatigue ?

on crâne

on quitte

la zone floue

d’un monde fou

                                              qui scanne                                                 

                                                                                   A.G.

 

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Je passais mon examen du code de la route pour la deuxième fois car je n’avais pas réussi la première fois et que je voulais en finir le plus tôt possible. Pour ma mère a qui j’ai montré des examens blancs de code de la route, les questions étaient trop difficiles et elle pensait qu’elle n’y arriverait sûrement plus, notamment à cause de toutes les questions de statistiques liées au nombre d’accidents et de mort sur la route en raison de tel ou tel facteur.
J’arrivais finalement devant le centre d’examen et lui envoyai un message pour lui dire que j’étais arrivé, elle m’a répondu « bon courage », puis je suis entré dans la salle d’examen et ai passé le code pour la deuxième fois.

A. P.

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« Bon Courage ! »

C’était en février, à proximité de la Place de la Nation, côté 12e. Un immigré, un « bon courage ».

Je me rends chez ma libraire favorite, tout heureux à la pensée de continuer une conversation commencée quinze jours plus tôt. On avait parlé de Proust et d’Echenoz, qu’elle adore, et de Christian Bobin qu’elle n’aime pas. Moi non plus.

Sur le trottoir, assis contre le mur, un immigré tend un gobelet où gisent quelques piécettes Je passe, et deux mètres plus loin je m’arrête. « Comment ! Je vais dépenser 30 euros pour acheter un livre que je désire depuis longtemps, et je ne pense même pas à cet homme ». Demi-tour, une boulangerie est proche. J’achète un sandwich (sans jambon car il est sans doute musulman, syriaque ou iranien, va savoir). En le lui donnant, je lui dis spontanément « bon courage », sans trop savoir s’il comprend ce que je lui dis. Un sourire, et un murmure que je ne comprends pas.

Pourquoi lui avoir dit « bon courage » ? Je ne pensais évidemment pas à Thomas d’Aquin ni à Spinoza, mais je voulais lui exprimer, par cette formule, que je comprenais sa situation difficile et que je souhaitais qu’il ait la force de la supporter, un « en-courage-ment ». Mais aussi peut-être une manière de me délivrer à bon compte de la mauvaise conscience que j’avais de ne pas faire plus. « Bon courage » devenait ainsi une formule magique, un talisman, un certificat de bonne conscience, à la fois proche et anonyme.

En évoquant cela, je me rends compte que j’utilise spontanément la même formule quand, dans le métro ou dans la rue, je glisse un ou deux euros. C’est le même comportement que pour l’immigré de la Place de la Nation, avec ce même sentiment d’encouragement, proche et anonyme tout à la fois, et de mauvaise bonne conscience.

Je me rends compte aussi que, pour autant que je m’en souvienne, je n’utilise jamais cette formule dans mes courriers et mes mails adressés à des proches dans la difficulté. Je cherche toujours à exprimer mon empathie par des formules mieux appropriées, à la fois pour montrer une proximité au regard de leur situation, et peut-être aussi pour manifester à cette occasion mon désir de bien exploiter la langue française.

L’expression « bon courage » est ainsi pour moi une expression uniquement orale, sous-tendue par ce que les philosophes m’ont appris sur le courage comme fermeté, mais devenue par paresse de pensée un talisman de bonne conscience. Sans doute faudrait-il au moins dire : « Je vous souhaite bon courage ».

La rue de la librairie s’appelle : rue du Rendez-vous.

                                                                                         A. T.

 

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Bon courage

 - Dis, Marraine, ça veut dire quoi, “courage” ?

J’ai longuement regardé la pomme de terre que j’avais dans la main et que je coupais en frites, avant de lui répondre. Ce petit homme de 4 ans venait de me poser une question, et je n’étais moi-même pas sûre de la définition de ce mot, si utilisé et pourtant si peu commun.

- Tu te souviens, lorsque l’on a parlé des personnes qui ne voient pas les couleurs alors que nous, on le peut ?

Il acquiesça d’un signe de tête, attentif à chacun de mes mots et de mes gestes. Je lui pris la main et me mis à jouer avec ses petits doigts.

Eh bien, c’est pareil avec les mots. Tout le monde n’a pas la même définition pour un mot. Le courage fait partie de ces mots difficiles à définir.

- D’accord, mais ça veut dire quoi ?

-C’est un peu comme souhaiter bonne chance. Mais avec la chance, on décide pas ?

- Exact. Alors qu’avec le courage, on décide. Le courage, c’est être capable d’affronter un moment douloureux, c’est être capable de faire quelque chose de dangereux parce qu’il le faut pour faire le bien.

- Je ne comprends pas trop.

- Attends, je cherche un exemple… Je sais ! Quand Simba se retrouve en danger à cause des hyènes, Mufasa, le Roi Lion, part le sauver. La première fois, il fait peur aux hyènes mais, la deuxième fois, il perd la vie…Oui ?Eh bien, c’est ça le courage ! Malgré le danger, il est allé sauver Simba. Il a surmonté sa peur.

- ça veut dire que maman est allée sauver quelqu’un ?

Sa question me surprend, mais je réalise ensuite d’où lui vient cette idée. J’avais dit à ma soeur, qui partait pour la maternité mettre au monde sa fille : « Bon courage ! »

- Dans un sens, oui.

- Alors, elle va mourir ?

Non, non, non, pas du tout ! Faire preuve de courage ne veut pas dire que l’on meurt forcément. Le courage, c’est aussi surpasser des moments difficiles. C’est ce que maman va faire. Maman va mettre au monde ta petite soeur Eléna. Ta maman va devoir être très forte et surmonter la douleur et la fatigue. Elle va pleurer et crier, mais ensuite elle sera la plus heureuse du monde, et elle te ramènera ta petite soeur pour que tu puisses la prendre dans tes bras et être heureux à ton tour, Kilyan !

E.B.

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Je n’aime pas dire « Bon courage ! », même avec chaleur, à un proche soumis à une épreuve prochaine.

Que ce soit celle qu’il ne peut éviter ou même celle, identique, qui me concernerait un jour.

Manque d’empathie ? Certes non.

Simplement l’impression qu’en déplaçant vers lui par le verbe l’énergie qui lui sera nécessaire, je fais « à son profit » l’économie de l’effort réel à partager.

Dans certains cas même, il me semble qu’il a dans ce « Eh, bon courage, mon cher ! » comme une manière de se moquer, puisque de toutes façons je sais bien que mes mots n’ont peut-être qu’une efficacité aléatoire, vu le degré de souffrance à redouter…

Me trompé-je ?

C’est à considérer.

Je pense à l’aveu de ces personnes en très grand deuil, lorsque nous les contemplons inconsolables à l’instant d’obsèques par exemple, et qui nous confient ensuite la puissance de réconfort ressenti par notre seule présence assortie de nos mots même maladroits pour les assister.

Bref, j’évite de me débarrasser à bon marché de l’embarras que me cause parfois la proximité d’un tiers promis à des moments pénibles, par la seule injonction « Bon Courage, mon cher ! ».

Et puis je l’entends trop souvent, à tout propos, même quand il n’est pas question d’être courageux.

Ceci dit, cet encouragement n’est pas à remiser. Utilisé à bon escient, il est une manifestation évidente de cordialité. On dit bien « Bon Jour ! » des centaines de milliers de fois ! L’essentiel est d’y mettre un minimum de conviction, de sincérité.

Beaucoup ont oublié que « Comment allez-vous ? », en époque médiévale, était une manière de vérifier chez autrui la qualité de son transit. Empathie courante, c’est bien l’adjectif qui convient…

F.N.

 

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Courage

En ces temps troublés, prenez au lever votre psautier et choisissez le cri du coeur qu’il vous sied… Colère ou action de grâce, l’homme sait les mots qui habilleront le mieux son coeur pour se présenter ensuite devant le Créateur… L’homme est debout lorsqu’il converse… Ces paroles sans âge sont sa force et son courage pour le jour à vivre… Rien de ce que vit l’homme n’est étranger à Dieu. »

 C.M.

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BON COURAGE

 

Au téléphone ,

aux confinés,

aux malades, aux isolés,

aux travailleurs exposés

avant de terminer :

« je t’embrasse parce que c’est sans danger…

et Bon Courage !»

 

Sur son lit d’un Ehpad, elle n’a qu’une envie, celle de s’enfuir de cette vie..

Toute seule dans son studio sans ordi ni portable, sans nouvelle de ses proches

Les soignants face à la mort des malades et au risque de contamination…

A la maman isolée seule pour s’occuper de ses petits…

Aux responsables de décisions incomprises de tous…

 

Que valent ces deux petits mots…

C’est bon , c’est court

Mais j’enrage de ne pas en trouver d’autres

Pour dire mon soutien , mon cœur-rage,

encourager…

empathie,

sympathie

résonance

communion

en raisonnant ma pensée ne vous quitte pas

mon coeur saigne

alors courage à nous tous pour  le bonheur du jour,

 la beauté la lumière du printemps,

 la force de la nature explosant

nourrir, ouvrir nos âmes ,

imaginer,  rêver…

C.N.

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« Bon courage ! »

C’est lorsque le chef d’établissement du lycée où j’enseigne m’a lancé cette formule toute faite alors que je m’apprêtais à rentrer dans la cantine pour y déjeuner que cette expression m’a littéralement sauté aux yeux, face à l’incongruité de ce vœu. Malgré la gentillesse certaine du propos, son inadéquation avec la situation présente ne pouvait que me faire rire, puis m’interroger. Avions-nous à ce point intégré que notre confrontation quotidienne à de jeunes intelligences parfois mal dégrossies était un acte de courage ? Si je trouvais mes collègues exerçant en zones difficiles courageux, je ne pensais guère que cet adjectif pouvait m’être attribué pour la seule et bonne raison que je faisais ce que j’avais choisi, décidé, maturé de faire. Pire, ce souhait répété entre collègues devant la machine à café, à chaque détour de couloir, à chaque pas de classe presque franchi avait l’effet immédiat de me déprimer. Je me rendais alors en cours, et une petite voix au fond de moi murmurait que oui, il m’en fallait du courage pour tenter de transmettre l’amour de la sagesse pendant une heure à des élèves certainement préoccupés par bien d’autres soucis que celui de comprendre la Critique de la raison pure, ou pire encore les Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science (mais n’y a-t-il pas une certaine bravoure à ouvrir une œuvre qui porte un tel titre ?! Ce serait à questionner…). « Bon courage ! » Ce petit encouragement très simple, banal, jeté comme par mégarde ou par habitude produisait donc en moi tout le contraire de l’effet recherché.

J’ai souhaité m’en défaire ; mais je ne voulais ni moi-même utiliser ces deux mots magiques à tout bout de champ, ni sembler impolie en les refusant à des collègues qui pouvaient ressentir le besoin d’un soutien, d’une marque d’amitié lorsqu’ils rentraient devant leur classe. J’ai donc trouvé une petite feinte, toute simple mais qui me plaît dans sa simplicité. A présent lorsque nous nous séparons avant un cours et que celui qui partage avec moi la noble et rare mission d’en élever d’autres me dit : « Bon courage », je lui réponds avec un grand sourire : « Bon cours… ». Le début reste dans la continuité, et si la fin semble manquer je laisse celui qui écoute ce souhait comprendre ce qu’il veut : soit que prise par le temps j’ai avalé l’-age manquant, soit que ce vœu d’un bon cours est pleinement sensé et dans le fond bien plus motivant et enthousiasmant.

« Bon cours ! » cela signifie pour moi : tiens bon, mets au monde des idées nouvelles, fais de tes élèves des êtres nouveaux, permets leur d’affronter plus sereinement leur destin, de ne plus craindre les élans de leur cœur, la force de leurs passions. Donne-leur des clés pour se maîtriser, se dépasser, ouvre des horizons de sens qui seront autant de découvertes et d’aventures joyeuses que de ports très sûrs pour leurs âmes. C’est fragile un élève, fragile un jeune aujourd’hui. Certains portent déjà beaucoup pour leur jeune âge et en font déjà grandement preuve de ce courage. Courage de venir tous les matins, huit heures par jour s’asseoir devant des professeurs qui défilent, et se composer un visage attentif alors que peut-être cela bouillonne en eux. Alors donnons-leur la richesse infinie des mots, des idées, des pensées ; mais aussi la force et les exemples des géants qui nous ont précédés, pour que pour eux comme pour nous notre courage soit augmenté parce que nous nous hissons tant bien que mal sur leurs épaules. Alors de là-haut, bringuebalant, un peu effrayés ou déstabilisés, mais appuyés sur ces bâtons de jeunesse, nous pouvons malgré tout regarder vers l’horizon, l’envisager, le dévisager, et enfin y agir.

I.E.

 

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Ah, mes bons amis!
A bonne distance
restons bon enfant
gardons le bon sens
faites bonne figure
comme bon vous semble
toujours de bon poil et à bon escient
prenez la vie du bon côté
prenez du bon temps
riez de bon coeur
de bonne heure et de bonne humeur
bon appétit à la bonne franquette
bonne nuit sous la bonne étoile
bon courage à vous tous

                                                                                          N.B.

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1.

CONSIGNES A LIRE AUX CANDIDATS AVANT LE DEBUT DE L’EPREUVE

Le respect de ces consignes est impératif afin d’assurer le déroulement harmonieux et réglementaire des épreuves.

L’usage du téléphone portable est interdit. Il vous est demandé de l’éteindre et de le ranger dans vos sacs, que vous laisserez au pied de votre table. L’usage de tout autre engin électronique, connecté ou non, est également prohibé. Contrevenir à cette règle entraîne l’interdiction de se représenter à l’examen pour 5 ans.

Vous avez la permission de garder sur vos tables des collations légères et une petite bouteille d’eau. Vous êtes priés de les déguster avec discrétion.

Si vous avez besoin d’aller aux toilettes, levez la main pour solliciter un agent de surveillance, et attendez en silence qu’il vous en donne l’autorisation. Si vous avez besoin de poser une question ou pour toute requête d’urgence, suivez cette procédure.

La fin de l’épreuve vous sera signalée quinze minutes et cinq minutes en avance. A la seconde où elle termine, vous devez poser votre stylo, vous lever, et attendre que les agents viennent ramasser votre copie. Vous aurez alors l’autorisation de sortir de la salle, avec discrétion et en silence.

Les sujets vous sont à présent distribués, face cachée. Ne les retournez pas. L’épreuve commencera lorsque vous recevrez la permission de retourner le sujet.

Bon courage !

 

2.

CONSIGNES DE SECURITE A LIRE AUX CANDIDATS HIRONDELLES AVANT LE DEBUT DE L’EPREUVE DE FORCE

Ah ! Jeunesse, le respect de ces consignes est impératif afin de détraquer le déroulement harmonieux du qu’en-dira-t-on, le déroulement réglementaire des épreuves du feu et du temps.

L’usage surprise du roseau portable – une question ? – est interdit : danger ! Il vous est demandé, groupe de poissons, de le chauffer et de le lover dans vos sacs de sel, vos sacs d’espoir, vos sacs de pommes de terre, que vous éplucherez au pied de votre table.

L’usage de toute autre passion électronique, de tout autre miroir, connecté ou non, souffrance ou non, est également prohibé : il faut tenir bon! Pouvoir cette fermeté entraîne la mort et l’interdiction de se sauver à l’examen, – ô honte ! – pour 5 ans ; bien.

Vous avez la permission, amis, de garder sur vos routes des âmes légères, pleines de terre et de mots, et une petite bouteille d’eau. Vous êtes priés de les cacher avec amour.

Si vous avez besoin de courir vers la montagne, levez la main pour accueillir… qui ? un agent de surveillance, et souhaitez en silence qu’il vous en donne l’autorisation. Si vous avez besoin de pleurer ou pour toute requête d’urgence, brisez cette procédure.

La fin de la découverte vous sera signalée 15 minutes et 5 minutes en avance. A la seconde où elle se termine, vous devez franchir votre volonté, crier, et vous souvenir que les agents viendront regarder votre nuit. Vous aurez alors l’autorisation d’adorer les étoiles, avec manioc et bâton.

Les eaux sont à présent mises au monde, face cachée. Ne les retournez pas. Le lieu commencera lorsque vous aurez la force de désirer le danger.

Bon courage !

N.E.

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Bon courage !

Je viens de l’écrire plusieurs fois, à l’instant, à mes élèves et à leurs familles avec lesquels je communique désormais via écrans interposés. Sans y avoir fait attention, presque systématiquement, comme si je m’en voulais de leur donner devoirs et leçons que beaucoup d’entre eux d’ailleurs demandent si ce n’est réclament !

Bon courage !

Finalement, n’est-ce pas plutôt à moi que je le dis ? (parenthèse petitement philosophique !)

Avançons !

Bon courage !

                                                                                    S.H

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 Ne serait-ce pas un « mot magique » de plus, pratique sociale récente en effet et de plus en plus fréquente au point parfois d’éclipser le bon vieil « au revoir » ?

En sortant de la boulangerie ou de la poste, joliment écrit sur une carte ou frénétiquement tapé sur le clavier, effectivement, est-ce qu’on ne le sur-utilise pas ce « bon courage » ? D’une part. Et on sait que plus un mot est utilisé, plus il se dilue, perd sa saveur, descend de sa hauteur, se fond dans la masse, faiblit, se fane, s’éteint même …jusqu’à sa renaissance ! (d’ici-là, « bon courage » ?!)

D’autre part, n’a-t-on pas oublié sa source ?

                                                                                  J.M.

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Le courage

Le courage?

Le courage de quoi ?

Le courage de qui ?

L’idée du courage, c’est d’abord l’idée d’une certaine acceptation, voire d’une certaine volonté de souffrance, d’une renonciation à un certain plaisir, supposé immédiat, facile ou pernicieux, pour quelque chose de plus grand, de plus lointain, de plus collectif.

Mais le plaisir, est-ce si facile ?

Je me souviens de cette vieille fille au visage anorexique qui s’était saisie rageusement d’une craie et avait muettement tracé, à grands renforts de grincements stridents et de craies brisées, un grand « MOI JE » au tableau. Puis elle l’avait rayé sauvagement, les yeux exorbités, en traçant un grand X dont les branches reliaient les quatre coins du tableau. N’oubliez surtout jamais ça !!!

Puis le temps passe, certaines habitudes sont prises, la matrice est là, enfouie. Le plaisir c’est mal. La souffrance est notre lot. Les courageux sont ceux qui l’acceptent. Les autres sont le mal. Des irresponsables.

Puis on réalise qu’on est un peu perdue. La défiance apprise vis-à-vis du plaisir et du désir est dans le fruit. Coupé de son système limbique de récompenses et de ses repères émotionnels, on fonctionne à l’idéologie ou à la foi. On essaie de survivre en se raccrochant aux branches. A défaut de foi, le contrôle par l’intellect essaie de sauver les meubles.

On met mille ans à comprendre ce qu’une seule émotion réprimée nous aurait déjà dit depuis longtemps. Et encore, on n’est pas sûre, on reste assise sur un quart de fesse de soi-même. Même si on donne l’impression contraire.

Le courage se cache dans ce que nous avons de plus intime. Il est si facile de prendre un courage pour une lâcheté ou l’inverse. Le syndrome de Stockholm est au cœur de nos choix les plus structurants. Sait-on seulement les peurs et les envies qui nous guident ?

. Le courage des uns est la lâcheté des autres. Chacun fait comme il peut et choisit, guidé par sa boussole intérieure détraquée, ses sirènes et ses mâts.

Autrui est notre plus fol espoir, c’est aussi notre plus grande crainte. Notre plus grand plaisir et notre plus grande souffrance.

L’amour est une question de vie ou de mort.

Le courage c’est de laisser assez d’espace, assez de vie, assez d’envie, assez d’espoir pour risquer de se laisser toucher par un autre et peut-être pour un jour oser le toucher.

                                                                                                          M.M.

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Compassion

Mairie du 8 ème arrondissement parisien, cérémonie à l’église

Saint …….je ne sais plus quoi ….., puis…..

réception au château de

Breteuil …..

 

Mon mari et moi étions

Première étape de l’atelier :

ÉCRIRE UN TEXTE LIBRE COMPORTANT L’EXCLAMATION :

« BON COURAGE ! », cette expression devenue aussi banale que : « Bonjour ! », depuis quelques années, dans les rencontres quotidiennes ; partir d’une situation vécue, dans laquelle nous l’avons prononcée ou entendue. Voilà, c’est simple. Vous m’envoyez votre texte à:  adeline.gouarne@free.fr et vous recevrez la feuille de route pour l’étape 2.

Voici des textes que j’ai déjà reçus pour cette première étape, aussi variés que leurs rédacteurs, jeunes de 15 à 85 ans, venant d’horizons très divers :

 

Courage

 Un homme cultivait la terre de ses aïeux. Elle lui donnait les plus belles pommes de terre de la région. Il se mettait souvent à penser à son enfance et aux odeurs qui lui étaient si chères. L’odeur de l’eau qui frémit, le bruit des légumes qu’on épluche, du sel qu’on jette ; le fumet du poisson coupé en filet qui se dore au coin du feu. Autant de sensations qui lui rappelaient….

Un profond soupir s’emparait de lui à chaque fois qu’il pensait à elle.

« Maman »

Depuis combien de temps n’avait-il pas prononcé ce mot si doux, chaleureux, tendre, et triste aussi ? Elle lui parlait souvent de comment elle lui avait donné naissance, comment tout s’était passé dans cette chère campagne aux allures de roc impénétrable ! Elle disait souvent qu’il fallait tenir le coup, être fort et que d’accueillir un nouveau-né n’était pas chose facile dans ce milieu si isolé, surtout quand ce bébé était le fruit du péché.

« Un accident » lui répétait-on ; c’était un fâcheux accident dont la famille voulait lui faire porter la honte. Honte dont elle se sentait exempte, tellement elle aimait déjà ce petit être. Pourtant elle savait que ça allait être dur, qu’on l’invitait à se cacher, à le cacher.

Souvent, elle avait voulu leur crier sa colère et quand elle se regardait dans le miroir, elle se sentait forte. Son cœur était prêt à tout surmonter et il était rempli d’une témérité sans faille pour supporter en toute sécurité les attaques et reproches de ses si vieux parents.

L’homme se mit à sourire, en se disant à quel point il avait eu une chance inouïe d’avoir cette mère si forte, si aimante, qui avait su couper les « qu’en dira-t-on ?». Elle avait l’âme d’un lion.

Il se leva de de sa chaise et, encore rempli de ses pensées, il regarda dehors tout ce qu’il avait pu accomplir dans cette magnifique exploitation. Il avait été nourri par la passion de la terre de sa mère. Et, juste avant sa mort, il lui avait promis d’en prendre soin et d’y rester.

A.C.

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JE ME SOUVIENS.

 

Je souviens de ses arachides

Fraîches

Elle les faisait bouillir

Sèches elle les faisait griller

Les écrasait sur la pierre à écraser

Mélangeait la pâte avec un peu d’eau et du sel

Elle y ajoutait poisson fumé et petit piment

Le tout enveloppé dans des feuilles de bananier

Cuit à l’étouffée et braisée au feu de bois

Elle en faisait un « pâté » au goût inimitable

Et surtout un pâté à la fraîcheur garantie

En tout lieu et toute saison.

 

MON BÂTON DE MANIOC.

 

Pour préparer un bâton de manioc

Déterrer le manioc, l’éplucher

Le découper en petit morceaux

Le tremper dans l’eau

Prendre une bonne semaine de patience.

Le laisser fermenter

Attendre qu’il soit bien mou

Le sortir de l’eau

Le rincer en le pressant entre les deux mains

le vider de toute eau

Le piler dans le mortier

L’écraser sur la pierre à écraser

L’étaler en fine couche sur les feuilles de roseau

Ficeler le tout avec la fibre du bananier

Faire cuire dans l’eau sur un feu de bois…

E.P.

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Madame l’assistante sociale,

 

J’ai bien reçu votre questionnaire, je vous en remercie.

Mais, n’étant pas très courageuse, j’ai des difficultés à parler du courage en cochant oui ou non dans les cases proposées.

Courage annonce:

Danger

Demande

Analyse

Évaluation des risques

Estimation des moyens d’intervention

Objectifs à atteindre

Réflexion

Stratégie…

Si la tâche parait insurmontable voire absurde, Il faut du courage pour s’y engager.

Et pourtant c’est la vie , et nous y allons tous allègrement.

Il y a ceux qui, ayant fait des estimations, préfèrent tout arrêter, là est peut-être le vrai courage…

Mais cette petite fille traversant la grande place méconnaissable de sa ville où s ’entassent voitures calcinées et corps sans vie,

je la vois courir dans les rues désertes et défigurées

Sautant par dessus les caniveaux d’où pointent les fusils des soldats…

Elle Court

Court encore pour rejoindre la maison.

C’est le courage qui la fait courir ?

La peur?

L’espoir?

L’espoir de rejoindre au plus vite sa maison, son havre de paix et sortir de ce cauchemar?

Non, je n’utilise pas souvent ‘Bon courage !’

Je dis plus souvent »ça va aller ».

Pour dire que quelque part il y a une maison paisible qui nous attend, juste accepter de traverser les ruines.

La vie entre par toutes les portes de son choix, charriant tout et son contraire….

 »On dit que quoi? »

 »Que ça va aller ! »

Bien cordialement,

E.P.

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Bon courage !

Il lui en avait fallu du courage pour quitter sa terre natale, celle-là même qui lui procurait la sécurité et l’assurance d’en être, de faire partie d’un groupe. Elle était Kabyle, elle avait toujours vécu au Pays, y avait fait ses études, y avait exploré les possibles balbutiements de l’érotisme adolescent mais elle était promise à qui elle ne voulait rien promettre ! Et surtout pas l’amour.

Alors la mort dans l’âme il lui fallut quitter ce cercle qui, trop proche, devenait étouffant…Quitter les parfums, la langueur, l’insouciance de la jeunesse et mille autres sensations qui seraient très vite reléguées au rang des souvenirs.

A l’aéroport où son frère travaillait, il lui fallut se cacher, mettre le voile, ce à quoi elle s’était toujours refusée et elle observait presque avec amusement, si l’heure n’avait pas été aussi grave, que cela lui permettait de cacher son forfait !

Elle y réfléchirait plus tard : comment le voile permet à la femme de se soustraire au regard pour obtenir, non ce que l’on veut qu’elle soit, mais ce qu’elle-même décide d’être ?! Elle avait tant de fois vu sa mère se couvrir de cet apparat! Elle qui était si belle, avec ses cheveux ondulant sur un visage sans défaut était sommée par son mari et par la loi du groupe de se couvrir … comme on revêt l’habit de honte pour une faute encore inconnue.

Quand Aïcha déposa le pied sur le sol français, elle ne savait pas encore qu’ici elle serait une Arabe, définitivement, assurément ! Elle pensait avoir franchi des montagnes, elle réalisait que ce n’étaient que des monticules, que la masse de courage nécessaire n’était pas en réserve dans son escarcelle. Mais elle savait une chose, elle ne laisserait personne décider à sa place, jamais ! Dut-elle ramper pour cela ! Et cette idée même lui donnait envie non d’affronter mais de prendre à bras le corps la vie qui vient, avec ses lots de surprises, de découvertes des embûches mais surtout de ses possibles à enjamber toute entrave….

Bon courage, Aïcha

A.D.

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« Bon Courage ! « 

L’écho du : « Bon Courage ! »  est pour moi attachée à l’image

d’une caisse

celle du supermarché

Reflet de la caissière dans le miroir

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

caissière

tapis roulant

chargé d’articles

indifférents

« Bon courage ! »

cling !

« Bon courage ! »

cling !

Défilé de boîtes

on signe un chèque

on tape son code

« Bon courage ! »

cling !

La caissière affaissée n’a plus rien

à frapper

on scanne 

diffusion de stress

anti-détresse

on scanne

la pluie le mauvais temps

on scanne

alerte orange orages prudence

« Bon pour âge! »

bling !

« Bond cours âge ! »

bling !

Défenses fondent au Temple d’Abondance :

le chariot roule,

les rayons tentateurs attirent ;

couleurs pour tous les goûts

et les dégoûts ;

pour les sages

et pas sages de tous âges ;

le mot promo se promène partout,

se veut sauveur… Sauveur d’argent.

On décroche le gros lot

au bout de la gondole.

Gondole, Venise, voyage…

« Bon voyage ! »

Bling !

« Bon courage ! »

contre l’Ennemi qu’est l’Ennui !

Bon coup de fouet

le point d’exclamation  pointe dans la voix

du client qui empile, comme pour

trouer la paroi d’ennui

qui suinte

du long passage

d’articles sur le tapis

Articles lentement choisis

on scanne

on roule

on quitte

inquiet

la caissière affaissée

qui scanne

- sommes-nous quittes

de sa fatigue ?

on crâne

on quitte

la zone floue

d’un monde fou

                                              qui scanne                                                 

                                                                                   A.G.

 

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Je passais mon examen du code de la route pour la deuxième fois car je n’avais pas réussi la première fois et que je voulais en finir le plus tôt possible. Pour ma mère a qui j’ai montré des examens blancs de code de la route, les questions étaient trop difficiles et elle pensait qu’elle n’y arriverait sûrement plus, notamment à cause de toutes les questions de statistiques liées au nombre d’accidents et de mort sur la route en raison de tel ou tel facteur.
J’arrivais finalement devant le centre d’examen et lui envoyai un message pour lui dire que j’étais arrivé, elle m’a répondu « bon courage », puis je suis entré dans la salle d’examen et ai passé le code pour la deuxième fois.

A. P.

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« Bon Courage ! »

C’était en février, à proximité de la Place de la Nation, côté 12e. Un immigré, un « bon courage ».

Je me rends chez ma libraire favorite, tout heureux à la pensée de continuer une conversation commencée quinze jours plus tôt. On avait parlé de Proust et d’Echenoz, qu’elle adore, et de Christian Bobin qu’elle n’aime pas. Moi non plus.

Sur le trottoir, assis contre le mur, un immigré tend un gobelet où gisent quelques piécettes Je passe, et deux mètres plus loin je m’arrête. « Comment ! Je vais dépenser 30 euros pour acheter un livre que je désire depuis longtemps, et je ne pense même pas à cet homme ». Demi-tour, une boulangerie est proche. J’achète un sandwich (sans jambon car il est sans doute musulman, syriaque ou iranien, va savoir). En le lui donnant, je lui dis spontanément « bon courage », sans trop savoir s’il comprend ce que je lui dis. Un sourire, et un murmure que je ne comprends pas.

Pourquoi lui avoir dit « bon courage » ? Je ne pensais évidemment pas à Thomas d’Aquin ni à Spinoza, mais je voulais lui exprimer, par cette formule, que je comprenais sa situation difficile et que je souhaitais qu’il ait la force de la supporter, un « en-courage-ment ». Mais aussi peut-être une manière de me délivrer à bon compte de la mauvaise conscience que j’avais de ne pas faire plus. « Bon courage » devenait ainsi une formule magique, un talisman, un certificat de bonne conscience, à la fois proche et anonyme.

En évoquant cela, je me rends compte que j’utilise spontanément la même formule quand, dans le métro ou dans la rue, je glisse un ou deux euros. C’est le même comportement que pour l’immigré de la Place de la Nation, avec ce même sentiment d’encouragement, proche et anonyme tout à la fois, et de mauvaise bonne conscience.

Je me rends compte aussi que, pour autant que je m’en souvienne, je n’utilise jamais cette formule dans mes courriers et mes mails adressés à des proches dans la difficulté. Je cherche toujours à exprimer mon empathie par des formules mieux appropriées, à la fois pour montrer une proximité au regard de leur situation, et peut-être aussi pour manifester à cette occasion mon désir de bien exploiter la langue française.

L’expression « bon courage » est ainsi pour moi une expression uniquement orale, sous-tendue par ce que les philosophes m’ont appris sur le courage comme fermeté, mais devenue par paresse de pensée un talisman de bonne conscience. Sans doute faudrait-il au moins dire : « Je vous souhaite bon courage ».

La rue de la librairie s’appelle : rue du Rendez-vous.

                                                                                         A. T.

 

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Bon courage

 - Dis, Marraine, ça veut dire quoi, “courage” ?

J’ai longuement regardé la pomme de terre que j’avais dans la main et que je coupais en frites, avant de lui répondre. Ce petit homme de 4 ans venait de me poser une question, et je n’étais moi-même pas sûre de la définition de ce mot, si utilisé et pourtant si peu commun.

- Tu te souviens, lorsque l’on a parlé des personnes qui ne voient pas les couleurs alors que nous, on le peut ?

Il acquiesça d’un signe de tête, attentif à chacun de mes mots et de mes gestes. Je lui pris la main et me mis à jouer avec ses petits doigts.

Eh bien, c’est pareil avec les mots. Tout le monde n’a pas la même définition pour un mot. Le courage fait partie de ces mots difficiles à définir.

- D’accord, mais ça veut dire quoi ?

-C’est un peu comme souhaiter bonne chance. Mais avec la chance, on décide pas ?

- Exact. Alors qu’avec le courage, on décide. Le courage, c’est être capable d’affronter un moment douloureux, c’est être capable de faire quelque chose de dangereux parce qu’il le faut pour faire le bien.

- Je ne comprends pas trop.

- Attends, je cherche un exemple… Je sais ! Quand Simba se retrouve en danger à cause des hyènes, Mufasa, le Roi Lion, part le sauver. La première fois, il fait peur aux hyènes mais, la deuxième fois, il perd la vie…Oui ?Eh bien, c’est ça le courage ! Malgré le danger, il est allé sauver Simba. Il a surmonté sa peur.

- ça veut dire que maman est allée sauver quelqu’un ?

Sa question me surprend, mais je réalise ensuite d’où lui vient cette idée. J’avais dit à ma soeur, qui partait pour la maternité mettre au monde sa fille : « Bon courage ! »

- Dans un sens, oui.

- Alors, elle va mourir ?

Non, non, non, pas du tout ! Faire preuve de courage ne veut pas dire que l’on meurt forcément. Le courage, c’est aussi surpasser des moments difficiles. C’est ce que maman va faire. Maman va mettre au monde ta petite soeur Eléna. Ta maman va devoir être très forte et surmonter la douleur et la fatigue. Elle va pleurer et crier, mais ensuite elle sera la plus heureuse du monde, et elle te ramènera ta petite soeur pour que tu puisses la prendre dans tes bras et être heureux à ton tour, Kilyan !

E.B.

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Je n’aime pas dire « Bon courage ! », même avec chaleur, à un proche soumis à une épreuve prochaine.

Que ce soit celle qu’il ne peut éviter ou même celle, identique, qui me concernerait un jour.

Manque d’empathie ? Certes non.

Simplement l’impression qu’en déplaçant vers lui par le verbe l’énergie qui lui sera nécessaire, je fais « à son profit » l’économie de l’effort réel à partager.

Dans certains cas même, il me semble qu’il a dans ce « Eh, bon courage, mon cher ! » comme une manière de se moquer, puisque de toutes façons je sais bien que mes mots n’ont peut-être qu’une efficacité aléatoire, vu le degré de souffrance à redouter…

Me trompé-je ?

C’est à considérer.

Je pense à l’aveu de ces personnes en très grand deuil, lorsque nous les contemplons inconsolables à l’instant d’obsèques par exemple, et qui nous confient ensuite la puissance de réconfort ressenti par notre seule présence assortie de nos mots même maladroits pour les assister.

Bref, j’évite de me débarrasser à bon marché de l’embarras que me cause parfois la proximité d’un tiers promis à des moments pénibles, par la seule injonction « Bon Courage, mon cher ! ».

Et puis je l’entends trop souvent, à tout propos, même quand il n’est pas question d’être courageux.

Ceci dit, cet encouragement n’est pas à remiser. Utilisé à bon escient, il est une manifestation évidente de cordialité. On dit bien « Bon Jour ! » des centaines de milliers de fois ! L’essentiel est d’y mettre un minimum de conviction, de sincérité.

Beaucoup ont oublié que « Comment allez-vous ? », en époque médiévale, était une manière de vérifier chez autrui la qualité de son transit. Empathie courante, c’est bien l’adjectif qui convient…

F.N.

 

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Courage

En ces temps troublés, prenez au lever votre psautier et choisissez le cri du coeur qu’il vous sied… Colère ou action de grâce, l’homme sait les mots qui habilleront le mieux son coeur pour se présenter ensuite devant le Créateur… L’homme est debout lorsqu’il converse… Ces paroles sans âge sont sa force et son courage pour le jour à vivre… Rien de ce que vit l’homme n’est étranger à Dieu. »

C.M.

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BON COURAGE

 

Au téléphone ,

aux confinés,

aux malades, aux isolés,

aux travailleurs exposés

avant de terminer :

« je t’embrasse parce que c’est sans danger…

et Bon Courage !»

 

Sur son lit d’un Ehpad, elle n’a qu’une envie, celle de s’enfuir de cette vie..

Toute seule dans son studio sans ordi ni portable, sans nouvelle de ses proches

Les soignants face à la mort des malades et au risque de contamination…

A la maman isolée seule pour s’occuper de ses petits…

Aux responsables de décisions incomprises de tous…

 

Que valent ces deux petits mots…

C’est bon , c’est court

Mais j’enrage de ne pas en trouver d’autres

Pour dire mon soutien , mon cœur-rage,

encourager…

empathie,

sympathie

résonance

communion

en raisonnant ma pensée ne vous quitte pas

mon coeur saigne

alors courage à nous tous pour  le bonheur du jour,

 la beauté la lumière du printemps,

 la force de la nature explosant

nourrir, ouvrir nos âmes ,

imaginer,  rêver…

C.N.

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« Bon courage ! »

C’est lorsque le chef d’établissement du lycée où j’enseigne m’a lancé cette formule toute faite alors que je m’apprêtais à rentrer dans la cantine pour y déjeuner que cette expression m’a littéralement sauté aux yeux, face à l’incongruité de ce vœu. Malgré la gentillesse certaine du propos, son inadéquation avec la situation présente ne pouvait que me faire rire, puis m’interroger. Avions-nous à ce point intégré que notre confrontation quotidienne à de jeunes intelligences parfois mal dégrossies était un acte de courage ? Si je trouvais mes collègues exerçant en zones difficiles courageux, je ne pensais guère que cet adjectif pouvait m’être attribué pour la seule et bonne raison que je faisais ce que j’avais choisi, décidé, maturé de faire. Pire, ce souhait répété entre collègues devant la machine à café, à chaque détour de couloir, à chaque pas de classe presque franchi avait l’effet immédiat de me déprimer. Je me rendais alors en cours, et une petite voix au fond de moi murmurait que oui, il m’en fallait du courage pour tenter de transmettre l’amour de la sagesse pendant une heure à des élèves certainement préoccupés par bien d’autres soucis que celui de comprendre la Critique de la raison pure, ou pire encore les Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science (mais n’y a-t-il pas une certaine bravoure à ouvrir une œuvre qui porte un tel titre ?! Ce serait à questionner…). « Bon courage ! » Ce petit encouragement très simple, banal, jeté comme par mégarde ou par habitude produisait donc en moi tout le contraire de l’effet recherché.

J’ai souhaité m’en défaire ; mais je ne voulais ni moi-même utiliser ces deux mots magiques à tout bout de champ, ni sembler impolie en les refusant à des collègues qui pouvaient ressentir le besoin d’un soutien, d’une marque d’amitié lorsqu’ils rentraient devant leur classe. J’ai donc trouvé une petite feinte, toute simple mais qui me plaît dans sa simplicité. A présent lorsque nous nous séparons avant un cours et que celui qui partage avec moi la noble et rare mission d’en élever d’autres me dit : « Bon courage », je lui réponds avec un grand sourire : « Bon cours… ». Le début reste dans la continuité, et si la fin semble manquer je laisse celui qui écoute ce souhait comprendre ce qu’il veut : soit que prise par le temps j’ai avalé l’-age manquant, soit que ce vœu d’un bon cours est pleinement sensé et dans le fond bien plus motivant et enthousiasmant.

« Bon cours ! » cela signifie pour moi : tiens bon, mets au monde des idées nouvelles, fais de tes élèves des êtres nouveaux, permets leur d’affronter plus sereinement leur destin, de ne plus craindre les élans de leur cœur, la force de leurs passions. Donne-leur des clés pour se maîtriser, se dépasser, ouvre des horizons de sens qui seront autant de découvertes et d’aventures joyeuses que de ports très sûrs pour leurs âmes. C’est fragile un élève, fragile un jeune aujourd’hui. Certains portent déjà beaucoup pour leur jeune âge et en font déjà grandement preuve de ce courage. Courage de venir tous les matins, huit heures par jour s’asseoir devant des professeurs qui défilent, et se composer un visage attentif alors que peut-être cela bouillonne en eux. Alors donnons-leur la richesse infinie des mots, des idées, des pensées ; mais aussi la force et les exemples des géants qui nous ont précédés, pour que pour eux comme pour nous notre courage soit augmenté parce que nous nous hissons tant bien que mal sur leurs épaules. Alors de là-haut, bringuebalant, un peu effrayés ou déstabilisés, mais appuyés sur ces bâtons de jeunesse, nous pouvons malgré tout regarder vers l’horizon, l’envisager, le dévisager, et enfin y agir.

I.E.

 

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Ah, mes bons amis!
A bonne distance
restons bon enfant
gardons le bon sens
faites bonne figure
comme bon vous semble
toujours de bon poil et à bon escient
prenez la vie du bon côté
prenez du bon temps
riez de bon coeur
de bonne heure et de bonne humeur
bon appétit à la bonne franquette
bonne nuit sous la bonne étoile
bon courage à vous tous

N.B.

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1.

CONSIGNES A LIRE AUX CANDIDATS AVANT LE DEBUT DE L’EPREUVE

Le respect de ces consignes est impératif afin d’assurer le déroulement harmonieux et réglementaire des épreuves.

L’usage du téléphone portable est interdit. Il vous est demandé de l’éteindre et de le ranger dans vos sacs, que vous laisserez au pied de votre table. L’usage de tout autre engin électronique, connecté ou non, est également prohibé. Contrevenir à cette règle entraîne l’interdiction de se représenter à l’examen pour 5 ans.

Vous avez la permission de garder sur vos tables des collations légères et une petite bouteille d’eau. Vous êtes priés de les déguster avec discrétion.

Si vous avez besoin d’aller aux toilettes, levez la main pour solliciter un agent de surveillance, et attendez en silence qu’il vous en donne l’autorisation. Si vous avez besoin de poser une question ou pour toute requête d’urgence, suivez cette procédure.

La fin de l’épreuve vous sera signalée quinze minutes et cinq minutes en avance. A la seconde où elle termine, vous devez poser votre stylo, vous lever, et attendre que les agents viennent ramasser votre copie. Vous aurez alors l’autorisation de sortir de la salle, avec discrétion et en silence.

Les sujets vous sont à présent distribués, face cachée. Ne les retournez pas. L’épreuve commencera lorsque vous recevrez la permission de retourner le sujet.

Bon courage !

 

2.

CONSIGNES DE SECURITE A LIRE AUX CANDIDATS HIRONDELLES AVANT LE DEBUT DE L’EPREUVE DE FORCE

Ah ! Jeunesse, le respect de ces consignes est impératif afin de détraquer le déroulement harmonieux du qu’en-dira-t-on, le déroulement réglementaire des épreuves du feu et du temps.

L’usage surprise du roseau portable – une question ? – est interdit : danger ! Il vous est demandé, groupe de poissons, de le chauffer et de le lover dans vos sacs de sel, vos sacs d’espoir, vos sacs de pommes de terre, que vous éplucherez au pied de votre table.

L’usage de toute autre passion électronique, de tout autre miroir, connecté ou non, souffrance ou non, est également prohibé : il faut tenir bon! Pouvoir cette fermeté entraîne la mort et l’interdiction de se sauver à l’examen, – ô honte ! – pour 5 ans ; bien.

Vous avez la permission, amis, de garder sur vos routes des âmes légères, pleines de terre et de mots, et une petite bouteille d’eau. Vous êtes priés de les cacher avec amour.

Si vous avez besoin de courir vers la montagne, levez la main pour accueillir… qui ? un agent de surveillance, et souhaitez en silence qu’il vous en donne l’autorisation. Si vous avez besoin de pleurer ou pour toute requête d’urgence, brisez cette procédure.

La fin de la découverte vous sera signalée 15 minutes et 5 minutes en avance. A la seconde où elle se termine, vous devez franchir votre volonté, crier, et vous souvenir que les agents viendront regarder votre nuit. Vous aurez alors l’autorisation d’adorer les étoiles, avec manioc et bâton.

Les eaux sont à présent mises au monde, face cachée. Ne les retournez pas. Le lieu commencera lorsque vous aurez la force de désirer le danger.

Bon courage !

N.E.

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Bon courage !

Je viens de l’écrire plusieurs fois, à l’instant, à mes élèves et à leurs familles avec lesquels je communique désormais via écrans interposés. Sans y avoir fait attention, presque systématiquement, comme si je m’en voulais de leur donner devoirs et leçons que beaucoup d’entre eux d’ailleurs demandent si ce n’est réclament !

Bon courage !

Finalement, n’est-ce pas plutôt à moi que je le dis ? (parenthèse petitement philosophique !)

Avançons !

Bon courage !

S.H

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 Ne serait-ce pas un « mot magique » de plus, pratique sociale récente en effet et de plus en plus fréquente au point parfois d’éclipser le bon vieil « au revoir » ?

En sortant de la boulangerie ou de la poste, joliment écrit sur une carte ou frénétiquement tapé sur le clavier, effectivement, est-ce qu’on ne le sur-utilise pas ce « bon courage » ? D’une part. Et on sait que plus un mot est utilisé, plus il se dilue, perd sa saveur, descend de sa hauteur, se fond dans la masse, faiblit, se fane, s’éteint même …jusqu’à sa renaissance ! (d’ici-là, « bon courage » ?!)

D’autre part, n’a-t-on pas oublié sa source ?

                                                                                  J.M.

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Le courage

Le courage?

Le courage de quoi ?

Le courage de qui ?

L’idée du courage, c’est d’abord l’idée d’une certaine acceptation, voire d’une certaine volonté de souffrance, d’une renonciation à un certain plaisir, supposé immédiat, facile ou pernicieux, pour quelque chose de plus grand, de plus lointain, de plus collectif.

Mais le plaisir, est-ce si facile ?

Je me souviens de cette vieille fille au visage anorexique qui s’était saisie rageusement d’une craie et avait muettement tracé, à grands renforts de grincements stridents et de craies brisées, un grand « MOI JE » au tableau. Puis elle l’avait rayé sauvagement, les yeux exorbités, en traçant un grand X dont les branches reliaient les quatre coins du tableau. N’oubliez surtout jamais ça !!!

Puis le temps passe, certaines habitudes sont prises, la matrice est là, enfouie. Le plaisir c’est mal. La souffrance est notre lot. Les courageux sont ceux qui l’acceptent. Les autres sont le mal. Des irresponsables.

Puis on réalise qu’on est un peu perdue. La défiance apprise vis-à-vis du plaisir et du désir est dans le fruit. Coupé de son système limbique de récompenses et de ses repères émotionnels, on fonctionne à l’idéologie ou à la foi. On essaie de survivre en se raccrochant aux branches. A défaut de foi, le contrôle par l’intellect essaie de sauver les meubles.

On met mille ans à comprendre ce qu’une seule émotion réprimée nous aurait déjà dit depuis longtemps. Et encore, on n’est pas sûre, on reste assise sur un quart de fesse de soi-même. Même si on donne l’impression contraire.

Le courage se cache dans ce que nous avons de plus intime. Il est si facile de prendre un courage pour une lâcheté ou l’inverse. Le syndrome de Stockholm est au cœur de nos choix les plus structurants. Sait-on seulement les peurs et les envies qui nous guident ?

. Le courage des uns est la lâcheté des autres. Chacun fait comme il peut et choisit, guidé par sa boussole intérieure détraquée, ses sirènes et ses mâts.

Autrui est notre plus fol espoir, c’est aussi notre plus grande crainte. Notre plus grand plaisir et notre plus grande souffrance.

L’amour est une question de vie ou de mort.

Le courage c’est de laisser assez d’espace, assez de vie, assez d’envie, assez d’espoir pour risquer de se laisser toucher par un autre et peut-être pour un jour oser le toucher.

                                                                                                          V.V.

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Mairie du 8 ème arrondissement parisien, cérémonie à l’église

Saint …….je ne sais plus quoi ….., puis réception au château de

Breteuil …..

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…..      invités au mariage d’une des filles du meilleur ami de mon mari….

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Vu le style de la famille, je ne m’attendais certes pas à une

journée chaleureuse et décontractée où nous ririons beaucoup !!

Mais le beau temps, le cadre somptueux et vraisemblablement un buffet

royal me laissaient entrevoir une fête agréable…………..

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L’ambiance dépassait de loin ce que j’avais imaginé.

Les deux familles ne s’adressaient pratiquement pas la parole.

………………………………………………………………………………………………

Les invités,

engoncés dans leurs fracs trop serrés et leurs robes de marques,

dégustaient du bout des lèvres de merveilleux petits fours………

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Les conversations s’engluaient dans des propos insipides et convenus.

Le jeune marié, à l’image de sa famille : totalement coincé .

 

  Apitoyée par le sort de la jeune fille,  convolant en justes

noces….. privée – peut être – d’ébats amoureux torrides,

mais contrainte – à coup sûr – à des soirées conjugales

et des fêtes familiales mortelles !

 

Incapable de lui présenter mes vœux de bonheur, je lui eus volontiers

souhaité : «  Bon courage ! »

( toute ressemblance avec des personnages existants n’est pas du tout

fortuite )

                                                                                                                 C. D.

 

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Le printemps pleure

Bien avant que fleurissent les roses

la diabolique corona a envahi nos jardins.

L’ouverture de toutes les frontières

justifiée par les promesses de mondialisation

lui déroule un tapis rouge qu’elle emprunte

pour envahir toutes les nations.

Erreur fatale des dirigeants

elle tisse sa toile et prend au piège

toutes les âmes pures.

« C’est la guerre  ! » – proclament certains;

« Laissez faire ! » – préconisent les autres ;

Trop tard, la planète déjà est contaminée.

Alors, pour trouver le remède,

tous s’en remettent au dévouement

et au courage du corps médical, des scientifiques.

Le monde crie : « Courage courage courage !

Merci merci merci beaucoup ! »

Que le soleil de mai voie

refleurir les roses !

Que le soleil de mai

réchauffe nos coeurs !

Martial Guignant

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Le courage, c’est ça !

Le courage, c’est cette petite chose

que certains ont plus que d’autres,

cette grande chose

qui fait avancer les uns,

reculer les autres.

La courage est au coeur,

au coeur du coeur.

Les menteurs ont beau dire,

il ne se trouve

ni dans les armes,

ni dans la terreur.

Il est au coeur,

au coeur du coeur.

Il ne se trouve point,

ne se donne point,

ne se vend point.

Il est au coeur,

au coeur du coeur.

Il est sans prix,

Comme le bon vin.

A.B.