Atelier d’écriture virtuel (3)

Quand on a le courage de lâcher ses habitudes et de s’ouvrir aux mots (aux maux ?) des autres, en allant piocher dans la banque constituée par les mots des uns et des autres,

Quand on a la forme de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, comme dit Henri Michaux, alors s’ouvrent en soi-me des fenêtres que l’on n’avait jamais vues, même fermées.

Les rois ne touchent pas aux portes… Ils ne connaissent pas ce plaisir…, dit Francis Ponge. Aujourd’hui où le corona découronne nos majestés, c’est le moment d’arracher l’ancre qui tient nos navires loin des mers et de partir pour explorer les confins de nos imaginaires !

Voyage sans frais et sans pollution, offert à tous…

Adeline Gouarné

 Suivez le guide !

 

      1. Deuxième étape   Reprendre son premier  texte en le transformant par l’utilisation du plus grand nombre possible de mots de la banque que j’ai constituée à partir de nos contributions, toutes extrêmement variées. Ne vous cramponnez pas à votre première version : elle n’est qu’un point de départ destiné à éclater grâce à la richesse du vocabulaire tiré de cette première récolte. Vous allez être entraînés dans des sentiers inconnus… Laissez-vous faire, en écriture semi-automatique, sans vous censurer, en vous laissant guider par les sons autant ou plus que par le sens. Envoyez-moi le produit de ce voyage en toute confiance !

      2. Banque de mots issus des textes de la première étape

sécurité hirondelle navire russe se séparer- se moquer- tout s’en va- je gère -Ah !- feu- coeur- jeunesse- vider – mettre au monde – fuir – se souvenir – force- temps mort- maîtriser – fermenter – enjamber – maladroit- jouer – bouillonner- saigner-amour- fermeté- aéroport souhaiter – rencontrer – tenir bon – affronter -bien- ami- parfum- sauver – ramper – étaler – pouvoir- mourir-volonté montagne découverte piler- garder-rester-franchir- soigner – comment allez-vous ? -promettre-cuire-terre- identique- sel honte vouloir-éplucher-pleurer-couper- prendre-oublier-examen- piment- âme- se cacher- cacher-choquer-répondre-surmonter-passion lieu manioc devoir- passer-accomplir-dire-décider- parler-danger nuit poisson travailler-quitter – en finir- chauffer-crier-franquette eau roseau qu’en dira-t-on ?-regarder- se regarder-route fibre mou ronronner-reprocher-avoir-tenir le coup-chanter-question- surprise- groupe- exploiter-va savoir-désirer-siffler-donner-rire-media- sécurité bâton isoler – être – lover – prononcer- adorer-dépenser-étoile souffrance miroir accueillir-répéter-s’arrêter-enrager-courir-caisse espoir pomme de terre mot détraquer- contrôler- briser- créer- saigner-paradis- mauvaise conscience- pâte- fort- foi -colère- rossignol- immigré- balle- défilé- pigeon- vieux bébé bec ouvert- bon compte- vérole – mille ans – collectif – église- moi-je – espoir – viol- années 60- qui ?- image- trahison – peur – main- chien- encore- film- chat- rire- accident- héros- non !- trottoir- pirouette- bec – vœu – âge d’or -science- pie- roc- famille- rage- érotique- ange- anonyme- plaisir- distance – métaphysique- terre- péché- capable- gazon- gloire- profond – place de la Nation – tourterelle- porte- vie- geste- courante- fruit- anorexique- chance- quoi ?- mouette- fragile- talisman – langue française – briser- magie- carreau- horizon- enfance- nouveau-né – risque – grincement- gobelet -eh ! – clé – Rue du Rendez-Vous – zone- moineau – adultère -machine à café- avenir – tour à tour – parent -source- saveur -clavier- matrice – isolement – boulangerie- face à elle-même-couronné- mât-glace-vulgarisation-infini- d’arrache-pied – les pieds sur terre – virus – angoisse- soleil- homme- fatigue- témérité- maman- lion- code- charnière – navire russe – frénétique- boréal- fol- athéisme- bagage

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Voici les textes écrits par les courageux contributeurs de l’atelier d’après les consignes ci-dessus, qui peuvent paraître difficiles à suivre, mais qui sont au contraire une invitation au plaisir de jouer avec les mots (les maux ?); je poste les textes dans le même ordre (aléatoire), que pour la première étape, avec cependant des changements : certains ont lâché l’affaire (provisoirement ?), certains ont sauté directement dans cette étape, d’autres l’ont enjambée pour gagner directement la troisième…

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Texte bercé de paroles de musique

« Du courage, du courage, du courage »… comme une ritournelle entrainante et qui me rappelle tant de souvenirs. L’artiste s’appelait La Grande Sophie avec des paroles écrites par Calogero dans un moment charnier de ma vie. Et ça faisait « la question que je me pose sans cesse, c’est où est ce que je pourrais trouver du courage ? »

Quelle bonne question. Où trouve-t-on du courage ? A cette question dite à voix haute, mon fils m’a répondu du haut de ses sept ans avec cette image : construire un grand immeuble, étage par étage. Et qu’à la fin, je puisse me rendre compte qu’il m’aura fallu du courage pour être arrivée jusqu’en haut et pouvoir regarder fièrement en bas.

C’est peut-être ça le courage, cette métaphore autour du savoir et pouvoir grandir.

Partir des racines et avancer en ne reculant pas. Enfin pas trop quand ça fait mal, quand ça fait peur, quand il y a des coups durs. Mais il y a aussi du beau, du bon, on se retrouve devant des carrefours de la vie…. Voire dans « le Tourbillon de la vie » : attentats, Charlie, Police je vous aime puis je vous hais, révolte sociale, la couleur est au jaune, puis vire au Corona…

Quelle affaire ?!!! Français ou pas, telle n’est pas la question, elle est dans l’infiniment petit, dans les origines de la vie, où résonne la mort.

« Je suis née quelque part mais pour celui qui est né c’est toujours un hasard » et peut-être que pour une partie du reste de la vie aussi… Du reste qu’est-ce que je décide ? avec moi, l’autre, les autres…

« Toi + moi + ceux + tous ceux qui le veulent », être raisonnable, et raisonner pour bien entendre cet élan vital, notre capacité à être. Soyons créatif comme ces écrits, et d’autres formes possibles.

Hier, avec mes enfants, on a habillé une pomme de terre avec des yeux, des bras et auréolée d’une cape et elle disait : « Restez au chaud, confinés »… Super Patate… Qui aurait cru un jour que cette pomme de terre finirait en héroïne de table ? Certainement pas elle. Alors qui sait, tout est possible, quand on doit puiser le courage d’être face à l’adversité ; il peut naître du créatif.

A.C.

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Mettre au monde le courage.

Avec fermeté sous la force du feu et de la franquette

Sans souffrance surmonter en sécurité la surprise

Souhaiter sauver un ami accidenté

Mettre au monde le courage

Affronter un amour accompli

Au cœur du code se cache la caisse capable de contenir l’âme

Âme , amour.

Faut-il pour cela ramper en pomme de terre?

Fermenter piment, poisson et manioc?

Mettre au monde le courage sans tordre le cou à la mort ?

Lui jeter le sel de la passion ?

Parler ,crier plus fort que fibres et roseaux mous ?

Courir, courage ,courir encore, toujours ?

Enjamber pouvoirs et parfums des montagnes ?

Prendre lien en lionne ?

Éplucher, couper sans cacher son vouloir ?

Décider de sauver le Temps, sauver la vie ?

Imposer son étoile ?

Mettre au monde le courage ?

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Qu’en dira t-on de cette pâte fort en colère sous la mauvaise conscience?

Et de ce vieux bébé bec ouvert au bon compte de l’âge?

Que dire de ce chien tout en pirouette

Conduisant colonnes d’immigrés sur le trottoir?

Est-ce un ange anonyme dépêché sur cette terre de péchés?

Est-ce le nouveau- né de l’âge d’or ?

On dirait bien que oui !

Que dire de tous ces oiseaux qui l’accompagnent à la rue du rendez-vous?

Mouettes ,moineaux et tourterelles, nos plus sûrs talismans

Pour mettre le Courage au monde pour un nouveau monde ?

Évelyne Pélerin

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Ah, c’en était fini !

Il lui fallait mettre au monde, en pleine jeunesse, le feu et la mort, tour à tour l’enfance d’une tourterelle et son parent, le moineau et le chien, et le bébé et l’âge d’or. Bannir les codes, maîtriser les passions, enjamber les talismans, tenir bon, affronter les jeux de miroir, ramper, accueillir, répéter encore et encore, se cacher, enrager et courir encore.

Le danger, en tout lieu, la caresserait de son bec. Le doux chant, les rires et le parfum de sa montagne s’étaleraient en son âme comme un film dans sa confiance embrumée, pour la faire pleurer, se souvenir, et se regarder mauvaise enfin, reniant sa terre, se reprochant d’accomplir le rêve de l’ange.

Fallait-il qu’ elle soit ainsi divisée et qu’elle quitte famille, après-midi de cueillette, d’épluchure de fruits pour une improbable confiture, pirouettes sur le gazon, pour accéder à cette rage, cette autre partie d’elle-même ancrée si profondément dans son âme et prendre à pleines mains sa colère.

Cette colère, saine colère, dans les bras de laquelle elle se lovait, s’arrimait, telle une lionne, lui ferait prendre des distances, franchir toute honte, découvrir, rencontrer.

Elle peut déjà voir la place de la Nation – elle avait épluché le manuel de la ville de Paris, trouvé à l’aéroport. Elle y rencontrera l’amour. Elle le sait, elle le sent. Elle y sifflera, criera à pleine voix comme les mouettes qui fuient la falaise natale pour planer sur les océans, rencontrer le vent, s’y livrer comme un homme fatigué laisse la nuit l’envelopper. Elle ne se cachera plus rue du rendez-vous, plus de regards perfides, de langues acérées comme des couteaux pour l’épier.

C’est décidé, elle est faite pour le rire, la joie, les étoiles, la découverte, la force. Elle en acceptera les dangers, les accidents, la souffrance. Elle les surmontera, et si la mort doit se prononcer, alors elle accueillera en un geste de réconciliation, consciente de la chance qu’elle s’était donnée, ce qui adviendra. Sa sécurité est le lieu de sa passion. Elle est là, ancrée en elle, et nulle honte, nulle culpabilité, nul regret ne pourront désormais occulter l’élan et la force qui jaillissent en elle. Elle est piment et suavité, douceur et fermeté, eau déferlante et roseau bercé, poisson d’eau douce et requin, chien et main caressante.

Elle est une, elle est multiple !

Elle boira la coupe jusqu’à la lie.

Elle a faim, elle a soif !

  Anne  Deffontaines

 

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Vide avide

« Bon courage !», c’est le vide, c’est souhaiter du vide ; dire un mot sans faire un geste ; éplucher la patate de la mauvaise conscience,se cacher dans la mise à distance, écraser le manioc de l’époque, concocter le pâté du passé, – en finir avec la peur de la lame de l’âme au parfum de vie surprise.

Ce mot mou du moment, ment, honte !  il joue au miroir d’amour, de bien pilé à la bonne franquette, passé au feu des codes fermentés en groupes, sans loi. Il scanne l’ennui et crâne avec simulacre d’audace pour franchir les questions.

« Bon courage ! », fouet  fou en tous lieux sans feu, sans sel et sans piment, en toute terre sans témérité, sans volonté, sans force.

« Bon courage ! » à l’arrachage, à l’arrachement ; on s’acharne à décider de sauver le corps, l’étoile, la nuit, tout ce qui va mourir et quitter notre sol. Enjamber les charnières, ramper pour rencontrer les amis, non !

Jeunesse d’aéroport, défilés d’hommes qui se défilent, vos passions immédiates cuites au jus des media bananières, font de vous des roseaux sans fibres et sans eau capables de mettre au monde accidents et souffrances.

« Bon courage ! »

Les caisses de temps, sans examen, tiennent bon, fuient la route des amis, se souviennent des montagnes, rencontrent les colères en bâton, sèment la panique, c’est l’amour, le poison, le poisson, qui promet en pleurant, en criant – car il parle !- d’être capable de se souvenir, de pouvoir quitter sa maman, d’affronter le devoir de fatigue, de surmonter la vie d’un coeur ferme.

Il s’accomplit.

Il décide de garder sa chance, de rester, de couper la sécurité ; voilà le poisson devenu Lion.

Il va prendre la parole.

Adeline Gouarné

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Ah ! rage, colère, angoisse,

Ce virus rampe, s’étale, se moque de tout, se cache, brise la famille, donne la mort, trahison !

La peur détraque tout, la souffrance… danger de ce poison !

L’homme fatigué pleure…

Quoi ?         

Sur terre : la vie bouillonne,

le moineau, le rossignol, la tourterelle chantent,

l’hirondelle passe,

le pigeon vole, le bébé lion se sauve,

le chat ronronne, le chien court,

de la source coule l’eau vive,

s’étale dans les roseaux,

le soleil brille, le ciel sétoile….

 

L’ âme garde l’espoir.

Au cœur, l’amour, l’amitié…

Que souhaiter ?

Surmonter ce temps,

soigner,

pouvoir à nouveau se rencontrer,

chanter, siffler, jouer, créer,

se regarder, désirer, promettre, adorer.

La passion …

et le plaisir des mots !!!

                                       
                                                     C.N.

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Bon courage !

J’ai souhaité : « Bon courage ! » à ma fille lorsqu’elle a déménagé sa maison – remplie d’objets et de meubles de toutes sortes – pour un appartement beaucoup plus modeste comprenant trois chambres, séjour, cuisine, salle de bains … le contraste a dû être très difficile à vivre … se  séparer de ses objets préférés, notamment de sa bibliothèque adorée ; mais où placer tous ces livres ??? Elle a heureusement été soutenue par ses amis sinon par sa maman qui ne pouvait physiquement rien faire pour elle. Il lui a fallu surmonter sa colère d’une part car il fallait tenir bon dans cette épreuve, même si elle mourait d’envie de crier, de pleurer. Il lui fallait surmonter sa fatigue, mais elle a mis tout son coeur à accomplir cette tâche et a mis toute son âme à créer un havre de paix pour la sécurité de toute la famille… Quelle chance elle a eue de pouvoir obtenir ce petit endroit, elle ne pouvait souhaiter mieux compte-tenu de la situation et elle a accompli son devoir avec amour et témérité ; il lui fallait de la force, mais « avec le temps, va, tout s’en va… », comme dit la chanson… Elle a donc repris sa route et travaillé d’arrache-pied en jouant sur sa bonne étoile afin de sauver les apparences… Faire bouillir la marmite, cuire les pommes de terre, vider le poisson, maîtriser le temps tout en vidant les malles et en répondant à distance aux angoisses de toute la famille. Non ! Ne pas leur montrer son angoisse, maîtriser son inquiétude et garder les pieds sur terre, pas question de ramper, affronter l’avenir avec courage ; gérer, comme elle dit toujours : « Je gère », se cachant de la réalité et sans faire d’examen approfondi sur elle-même et en ignorant la montagne des tâches futures à accomplir. Écraser ses larmes, parler à un groupe de personnes, peut-être est-ce là le sens de sa vie, éviter que son ressentiment ne fermente, dire, s’exprimer, écrire peut-être presser ce qu’il y a tout au fond d’elle-même, ficeler cette pierre qui lui étreint le coeur. Il fallait se promettre de ne pas fuir ses responsabilités, ne pas se couper de la loi, ne pas se laisser écraser et ne pas en faire des caisses, comme disent ses enfants. Après tout, ce n’est pas pire que de mettre au monde des enfants… et puis, quand ce sera trop dur, filer à l’aéroport vers l’Afrique : les bananiers, les arachides, piler le manioc… un zeste de soleil, « sol » en espagnol… partir à la bonne franquette, prendre son bâton de berger et se jouer des codes, se moquer des éventuelles critiques des media et se retrouver face à elle-même.

                                                                                                                 J.M.

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Ah mes bons amis!
Je voudrais être oiseau pour vous rendre visite
Hirondelle j’amènerais le printemps
Pigeon je volerais sur votre balcon
Moineau je taperais du bec à votre carreau
Merle je sifflerais pour chauffer votre coeur
Rossignol pour vous chanter l’amour
Je serais chien pour jouer avec les enfants dans le jardin
Courir après les bâtons, les ramener encore et encore
Je ferais des pirouettes sur le gazon pour vous faire rire
Je serais chat pour entrer par la petite porte
Je sauterais sur le canapé et viendrais me lover sur vos genoux
Ronronner sous vos mains caressantes en regardant votre film préféré
Tour à tour
Pie voleuse
Mouette rieuse
Chien de berger
Chat perché
Soleil printanier
Lune montante
Étoile filante
Par la magie des mots
Amie bienveillante

Nathalie Bourgade

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Les quatre éléments

 

j’accueille

le feu de l’hirondelle

en fuite

 

j’accueille

la force du roseau

les fruits de la rosée

 

je bois

à la source boréale

des anges en folie

 

je désire

la frénésie savoureuse

des pirouettes

 

j’épluche

le cœur de la nuit

fibre après fibre

 

j’accueille

les ferments du ciel

en bourgeons

 

je goûte

le sel de la terre

le parfum du vent

 

j’accomplis

l’impossible

jour après jour

Véro Maupas 

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(À lire à voix haute)

À BORD DU NAVIRE RUSSE

Le co, le coco
Le coro rococo
Le roro
Ronronne
Ronronna, nah !
Ah ! Nana
Navire, vire !
Navire russe !
Le « KORRO », navire russe, chavire les nanas, les cocottes couronnées,
viralement neuneues, neuronées, honorées, ravies, dévoilées, envolées, virées
de bord, avariées par la variole des raviolis.
Ronronnez, ânonnez la vie sans virus, couronne de dessert Francorusse, suprême
de ronron Kitékat pour minettes qui matent l’eau sans tomber par-dessus bord ;
le mât-est haut, grimpez au mât « demi-zen » et arrivez à la Hune comme une
reine couronnée, sans vérole, sans virus, en haut du navire russe sans « Ko » ni
« Ro ».
Et voyagez, enfin, dans les mers orientales sibériennes, les mers gelées, de glace,
étendues de vagues à l’infini de l’horizon, vers les aurores boréales…

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UN PRINTEMPS CONTAGIEUX

Courage
J’enrage
Rage dedans
Colère orange
Orage dehors
raser les trottoirs
Fenêtres fermées
Murs murés
Silence gris
L’ennemi tapi
Me suit sans bruit
M’entoure
Invisible rumeur
Du cœur, du cran
À cran
devant les écrans
Écoeurée
Par la bouillie
Médiatique
Je tourne en rond
Dans ma cage
Je cherche la sortie
Respiration
Inspiration
Plein les poumons
Je crache le vide
Qui me remplit
Commenté : par Courage
Cœur à l’ouvrage
Chercher le sens
De la vie
Trouver vite
La sortie
Saisir sa peur
À pleins poumons
Pousser son cri
Sans penser
Au qu’en dira t’on
Sur le trottoir
Ou bien seule
Face au miroir
Rugir « J’existe !»
Comme un lion
En rébellion
A l’infini.

Isabelle Lucas

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Mon ange…courageux

Courage

Mon ange

Cours

Rage

La rage au cœur

Le cœur en rage

Courage

Mon ange

Cours vers l’âge

Courage, cours, rage,

Cours

Vers l’âge d’or ?

Cours

Vers l’âge étoilé

Mystérieux

Tempétueux

Merveilleux

Magique

Vivant

Libre…

De vivre

Libre

En courant

En rageant

Courage…

Mon ange…

Courageux…

Courageuse…

Mon ange

Maryse Laurent

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   Le courage fermente quand il enjambe le temps et la volonté.

De cette mauvaise conscience qui épluche l’amour,

un rossignol affronte la peur de vivre.

 

« Bon » – dit l’ami au courage qu’il met au monde.

Mais à quoi bon affronter l’âme qui crie !

 

Ah ! Le courage fermente quand il quitte le miroir.

De cette honte lourde de pomme de terre fatiguée,

une mouette fuit l’enfance en feu.

 

« Bon » – dit l’ami au courage qui l’enrage.

Mais à quoi bon affronter la maman qui grince !

 

Non ! Le courage fermente quand il s’isole.

De ce péché anonyme qui coupe la jeunesse,

une tourterelle siffle une passion amère.

 

« Bon » – dit l’ami du courage qui reproche au sel

cette pirouette pimentée qui se souvient.

 

Eh, toi ! courage qui fermente dans les étoiles,

Aie le courage des temps morts à bon compte !

La pie sauve les temps forts ronronnant

du devoir qui tient le cou et le serre.

 

« Bon » dit l’ami de ce courage qui rampe la nuit,

de cet ange d’âge d’or au bec prometteur.

Moineau, prends ton bâton de questions rocs-rages.

 

« Bon » dit l’ami du vieux courage franquette,

rue du rendez-vous manqué, la témérité se cache …

Gaëtan Deffontaines

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Le courage c’est l’enfance en feu,

l’enfance en feu, agitée par sa boussole intérieure, traverse le coeur de la nuit, les temps morts, les remises en question, sans jamais perdre la clé du paradis.

Le courage se prend à pleines mains sans aucune mauvaise bonne conscience, sans peur de vivre.

Le courage, c’est le rêve de l’ange, les ferments du ciel et le sel de la terre unifiés.

Évelyne Cassette