Printemps des Poètes virtuel (suite) étape 3

      1. Du cran par écrans

      2. 3ème étape

Je commence par vous livrer quelques extraits de poèmes très divers qui me semblent en parfaite résonance avec cette exploration du thème du courage :

Extrait n°1 : La Fontaine « Les Animaux malades de la Peste »

« Un mal qui répand la terreur,

Mal que le ciel, en sa fureur,

Inventa pour punir les crimes de la terre.

La peste, puisqu’il faut l’appeler par son nom,

Capable de remplir en un jour l’Achéron,

Faisait aux animaux, la guerre.

Ils ne mouraient pas tous

Mais tous étaient frappés (…)

Le lion tint conseil et dit : … »

Extrait n°2 : Henri Michaux   « Clown »

«… Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, (…) j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, mes semblables !

Vidé de l’abcès d’être quelqu’un

je plongerai

sans bourse

dans l’infini-Esprit sous-jacent ouvert à tous

ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosée

à force d’être nul… et ras… et risible ! »

Extrait n°3    Marie Noël   Chant de la source

«  Les autres sont des gens, les autres sont des femmes,

Les mains pleines d’argent, pleine de bonheur, l’âme.

Moi, je suis, dans le bois qui ne sait, une source

Je suis l’eau, que ne boit personne dans sa course… »

Extrait n°4    Marie Noël  « Prière du malade pour ses médecins »

« Ayez pitié, mon Dieu, de ceux qui se sont chargés de la peine des autres, de ceux qui se sont faits des sauveurs.

Sauveur de tous, donnez au médecin la LUMIÈRE,

pour qu’il ne se perde pas dans l’obscurité d’autrui, et que, obligé de pénétrer dans le secret des corps et des âmes, il ne se trompe pas de route et ne blesse rien en passant.

(…) Donnez au médecin l’AMOUR,

pour qu’en son plus mauvais moment, dans son incertitude, sa faiblesse d’homme, son trouble, il trouve toujours une douceur, un abri, une force, pour le désespéré qui l’attend… »

Extrait n°5  Miguel de Unamuno   Le Christ de Velasquez

« Voile qui, de l’abîme des hauteurs, souffle entre les frères qui furent jadis, trouble la surface de l’âme et, dans ce tremblant miroir reflété, le monde aussi tremble… »

Extrait n°6   Karol Wojtyla            Profils

« Saurons-nous porter la barque qui roule sur les hauts-fonds de l’Histoire sans chercher ces mains invisibles ? …»

Extrait n°7        Léo Ferré

«  Avec le Temps, va, tout s’en va… »

Extrait n°8  Alfred de Musset         La Nuit de Décembre

« Qui donc es-tu, qui donc es-tu, mon frère,

Qui n’apparaît qu’au jour des pleurs ? »

Extrait n°9      Arthur Rimbaud    Ma Bohême

« Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées »

Extrait n°10    François Cheng     Qui dira notre nuit ?

« Qui dira notre nuit, sinon nous-mêmes ? »

Puis, je vous donne une nouvelle banque, faite de vos trouvailles, qui sont autant de visions du courage :

improbable confiture /remise en question / point d’exclamation/ désirer le danger/ trésors d’imagination/ peur de vivre /coeur de la nuit / vider les malles / les temps morts / ferments du ciel/ triste sire /           meubler l’imaginaire/retourner le sujet / fleurs du passé/ rendez-vous manqué/ code de la route / le rêve de l’ange/sel de la terre / sauver les meubles / zeste de soleil/ grimper au mât demi-zen / clé du paradis / peut être / l’enfance en feu / source boréale / faire le bien/prendre à pleines mains/ renaissance / force du roseau / courir encore mauvaise bonne conscience / se noyer dans la musique/ épreuve de force /barrer le moi-je/ mise au monde / ange d’âge d’or/autosatisfaction/ la maman qui grince/ perdre la vie / boussole intérieure / vieux bébé bec ouvert / coup de fouet / se vider / jeter le sel de la passion / pirouettes sur le gazon /entrer par la petite porte / enjamber les pouvoirs / force du roseau / route hors du Temps / faire rire / se perdre / magie des mots / se raccrocher aux branches / reflet du défunt/ épluche-amour/ .

Ensuite, avec le souvenir  :

- de ce qui a pu vous parler dans les extraits de poèmes proposés,

- de vos propres textes de ces jours derniers, ou de ceux qui vous ont nourris dans un moment difficile,

- des mots des deux banques,

- de votre réaction à ma proposition provocante,

je vous propose de trouver un vaccin contre la peste du découragement collectif que plusieurs ont repérée, comme moi, à travers l’exclamation : « Bon Courage! », lancée sans y penser.

Ce virus est si répandu que j’ai entendu, sur le marché de Gournay mardi, plusieurs personnes me répondre, lorsque je disais que la situation actuelle ferait peut-être sortir un bel élan d’entraide : « Avec les Français, il faut pas y compter ! » Et ce sont des Français qui m’ont dit cela ! « Alors, c’est qui, les Français ? », a-t-on envie de répondre ! Voilà bien le virus tueur d’âmes, insidieux, dont personne ne s’occupe…

Donc, en piochant dans les quatre trésors énumérés plus haut, je nous invite chacun à concocter un remède anti-virus du découragement :

soit une vaccination, une formule magique, une recette de cuisine,

soit inventer une épigraphe gravée dans la pierre depuis des siècles,

soit rédiger une page de vieux grimoire trouvé dans un grenier,

soit composer une chanson à fredonner pour se donner du …

soit une autre forme, à laquelle je n’aurais pas pensé.

Lâchez-vous !

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Voici les propositions que j’ai déjà reçues :

BON COURAGE SUR LE DIVAN

 

BJ : Je me présente, Docteur Bon Jour. Votre nom ?

BC : Courage

BJ : Prénom ?

BC : Bon

BJ : Ah ! Quel bon Dieu vous amène ?

BC : J’ai peur de vivre.

BJ : Dévêtez votre improbable confiture et zeste de soleil, et allongez-vous sans regarder au qu’en dira-t-on.

BC : En fait, mes cousins Bon Compte et Faux Amis se raccrochent aux branches. Ils m’agacent avec leur mauvaise bonne conscience.

BJ : Mais vous allez guérir pour deux sous des péchés anonymes. Allez, bas ce maillot et ce pantalon, montrez-nous votre gazon. Il n’est plus temps de sauver les murs du temps mort.

BC s’étend sur le divan cachant pudiquement sa boussole intérieure.

BJ étend la main : Eh ! Ventre mou, âme franquette, cœur fuyant, … Oh ! Bâton grimpant au mât demi-zen !

BC : Alors Docteur (point d’exclamation) ! Ai-je encore la force du roseau ? C’est une ferme remise en question !

BJ : Cher Monsieur Courage, que de souffrance, de colère ont fui sous vos pas – Faux Pas peut-être. Ne revêtez pas votre probable déconfiture sans jeter un peu de sel sur la passion. Votre destin semble noyé dans la magie des mots et des rendez-vous manqués. Je vous propose de couper le Bon qui vous colle à la peau. Enjambez le pouvoir en passant par cette petite porte du désir. La langue française vous fera ce tour de passe-passe dont elle raffole.

Sans le Bon, vous serez Courage, du Cœur et de l’Âge, ferments du ciel, jet puissant d’une liberté chérie et de source boréale !

                                                                                     Gaëtan Deffontaines

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Le remède anti-découragement du docteur Folespoir

Un pied de nez
Une pirouette
Un air de famille
Une pièce montée
Un oeil de lynx
Une tête de pioche
Un ventre à pattes
Un coeur d’artichaut
Un trou de mémoire
Une humeur de chien
Un coup de gueule
Un coup de rouge
Une idée noire
Un lapin blanc
Une poupée russe
Un château en Espagne
Un roman à l’eau de rose
Une larme de crocodile
Un feu follet
Une boussole intérieure
Une queue de comète
Une lanterne magique
Passer à la moulinette
Ajouter une pincée de poudre d’escampette
Bien mélanger
Une cuillère à soupe au coucher
A renouveler si nécessaire

Nathalie Bourgade

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    1. Le vaccin de Josette

Ça y est, je le tiens cet horrible vaccin

malsain

qui, enduit d’huile de ricin,

me glisse entre les mains !

dans ma tête un refrain

suis-je un porteur sain

ou

suis-je moi-même atteint ?…

Refrain qui, dois-je le croire,

me cause bien des déboires !

Quelle pensée négative

me poursuit, lascive,

me saoule et m’enivre

comme une musique

aux mots magiques

qui me poussent et m’enlacent

sans laisser de traces ?…

Résiste,

Prouve que tu existes !

Ce mal qui répand la terreur

va-t-il faire mon malheur

comme une punition divine

qui prend racine

et me ruine ?

Ne pas subir

d’idées horribles,

chancres nuisibles !

Ne pourrait-on, paisible,

revenir à de saines pensées

qui, tout au long de ces années,

m’ont bercée et poussée,

m’ont faite ce que je suis

avec force et courage ?

Me voilà et j’enrage

de ne pouvoir, malgré tout,

en venir à bout !

Et ce vaccin, surtout,

c’est de l’huile de ricin :

il nous glisse entre les mains…

J.M.

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Éléments (2)

ne pas être quelqu’un, juste être

pas moi-je, juste je

par l’orgueil, juste l’or

être élémentaire

être l’eau

pour jaillir et irriguer

être la terre

renouvelée, nourrissante

être l’air

et l’horizon et le ciel

être le feu

qui réchauffe et embrase

être l’océan et l’algue

la méduse la coque

le rocher la craie

la mouette la fourmi

être fougère ou ronce

acharnée, persistante

être chêne centenaire

racine profonde

pluie ou rosée

naître et renaître

mettre au monde

chaque matin

la force de vivre

Véronique Maupas

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Texte bercé de paroles de musique

« Du courage, du courage, du courage »… comme une ritournelle entraînante et qui me rappelle tant de souvenirs.

L’artiste s’appelait La Grande Sophie avec des paroles écrites par Calogero dans un moment charnier de ma vie. Et ça faisait : « La question que je me pose sans cesse, c’est :  » Où est-ce que je pourrais trouver du courage ? » »

Quelle bonne question !

« Où trouve-t-on du courage ? »

À cette question dite à voix haute, mon fils m’a répondu du haut de ses 7 ans, avec cette image : construire un grand immeuble, étage par étage, et qu’à la fin, je puisse me rendre compte qu’il m’aura fallu du courage pour être arrivée jusqu’en haut et pouvoir regarder fièrement en bas.

C’est peut-être ça, le courage, cette métaphore autour du savoir et pouvoir grandir ?

Partir des racines et avancer en ne reculant pas. Enfin pas trop, quand ça fait mal, quand ça fait peur, quand il y a des coups durs.

Le beau, le bon, on les retrouve aussi devant les carrefours de la vie…. Voire dans « le Tourbillon de la vie » : attentats, Charlie, « Police je vous aime puis je vous hais », révolte sociale, la couleur est au jaune, puis vire au Corona…

Quelle affaire ?!!! Français ou pas, telle n’est pas la question, elle est dans l’infiniment petit, dans les origines de la vie, où résonne la mort.

« Je suis née quelque part mais pour celui qui est né c’est toujours un hasard » et peut-être que pour une partie du reste de la vie aussi… Du reste, qu’est-ce que je décide ? avec moi, l’autre, les autres…

« Toi + moi + ceux + tous ceux qui le veulent », être raisonnable, et raisonner pour bien entendre cet élan vital, notre capacité à être.

Soyons créatif comme ces écrits, et d’autres formes possibles.

Hier, avec mes enfants on a habillé une pomme de terre avec des yeux, des bras;auréolée d’une cape, elle disait : « Restez au chaud, confinés »… Super Patate…

Qui aurait cru un jour que cette pomme de terre finirait en héroïne de table ? Certainement pas elle.

Alors, qui sait ?

Tout est possible, quand on  puise le courage face à l’adversité :

on peut CRÉER !

Audrey Chabaud

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          ANTIPESTE (en anapestes)

LE POIVRE DE PENJA : L’ANTIPESTE.

Dans les ténèbres

Prépare l’aube

Pèle ton oignon,mâche le poivre

Avant de parler

prépare l’aube

Le soleil aussi a sa zone d’ombre

Il fait plouf

Il a disparu

Parti préparer sa robe de lumière

Pèle ton oignon

Mange le poivre

Choisis le vrai poivre, le poivre de Penja

Et pleurent les yeux

La gorge en feu

Tu feras pousser le lys blanc

Sur ton front

Le python

Sur ton sceptre, le cobra

Pèle ton oignon

Avale le poivre

Gare à la parole courbe, à la langue qui fourche

L’erreur t’élève

Le mensonge t’avilit

Dans le tunnel de ton chemin

Pèle ton oignon

Avale le poivre

Chasse la décomposition

Oh toi Isis

Mère aimante

Donne le sein à ton nouveau-né.

Evelyne Pélerin Ngo Maa

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Le 23 mars 2020

 Le courage en débardage 

Après avoir étalé sur un lit de souffrance, volonté, distance et témérité,

Épluché les remises en question,

Écrasé le code des doutes bien conduits,

Enjambé le pouvoir du Moi-Je

Et grimpé aux mâts mis !

Zen…

Prenez un zeste de soleil, puisé à la source boréale,

Pressez une goutte de sécurité à bas prix

Pilez et mélangez à pleines mains.

Empaumez la pâte, saupoudrez de gingembre et de menthe poivrée,

Malaxez le tout en une confiture improbable de bonne pâte pétrie par principe ôté.

Cherchez alors un être sourcilleux de naissance et soucieux de renaissance,

Un aveugle avide,

Un enfant fanfare,

Une maman mouise en monde

Et enduisez-les de cet épluch’amour en chantant :

Ah ! Eh ! Roseau mort, mort aux miroirs

Ah ! Eh ! Maman muse de l’homme mots

Ah ! Eh ! Petites pommes aux poings promus

Ah ! Eh ! Enjambe jeuness’et jaillis !!!

Alors s’ourdira une source incandescente de sensations insidieuses, jubilatoires, qui,

tel un fanfaron fera fi de toute fioriture

pour louer le rêve de l’ange jusqu’à la lie,

Joie que rien, jamais, ne jugulera !

Cou-rage, Roue-cage, dégage,

Volages et mages n’ont pas d’âge

Ici on voyage sans bagages!

Anne Deffontaines

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Trouvé dans un grimoire

Au jour où le courant du Courage a viré – désertant les rivages, ravageant les visages, dévastant les bagages ;

Au jour où l’envie de Vie s’est envasée dans le flot des flux,

s’est embouteillée dans le touche-touche des pare-chocs, le tut-tut des autos ;

Au jour où le Loto de l’Auto qui lançait son lasso sur l’homme a pris l’eau ;

Au jour où les bouteilles ont embouti l’Esprit pour le mettre en tonneau ;

Au jour où l’étonnant tonneau s’est fait baril d’or noir polluant l’espoir ;

Au jour où l’épluche-amour au coeur de la nuit laissa filer le sel de la terre ;

Au jour où les ferments de la terre et du ciel, enfermés, surgelés, ont mangé les étoiles ;

Au jour où la clé du paradis s’est enfouie sous les tonnes de débris ;

Au jour le Moi-Je barré barricadé s’est échappé sans boussole intérieure ;

Au jour où les monnaies de singe ont muté dans des puces à virus ;

Au jour où l’on a scié sciemment les branches auxquelles on s’accrochait ;

Au jour où l’Homme s’est fait vieux bébé bec ouvert ;

Au jour où l’on s’est plaint du trop-plein trop tard et sans tremplin ;

Au jour où la pire peur empierra les jardins, étouffa les fleurs ;

Au jour où le bonheur bonimenté punit le dément qui dément ;

Au jour où le déluge des sources boréales fit fondre l’Idéal ;

Au jour où le selfie fier de soi sert à faire fi de Foi ;

Au jour où l’on a fait une croix sur la Croix ;

Au jour où le corps obèse avala l’âme en larmes ;

Au jour où l’enfance en feu pleure la maman qui grince ;

Au jour où la peur de vivre pond les temps morts en comptant les morts ;

Au jour où l’on applique un masque sur les traits démasqués …

…C’est le moment des mots magiques, des rêves à la dérive ;

la miniaturisation gagne

l’Ange exterminateur des Âges

se fait infiniment petit

plus besoin d’ailes

il vire au virus

il use

c’est l’heure du leurre

invisible

la lutte chahute la hutte

terrasses terrassées

espoirs expertisés

vies dévissées

à cran sur écran

Alors, prends ton courage à deux mains sans attendre demain – humain, fais-toi mortel, simple mortel, tout bonnement mortel, passant de passage sans tambour ni trompette, foulant fouillant cueillant la terre qui l’accueille. Habille ton coeur, creuse son vide vide-le de sa pulpe palpe-le presse-le :

bois ce jus de courage 

Il est BIO !

Adeline Gouarné

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Chanson à fredonner pour se donner du courage

(sur l’air du Petit Cheval Blanc, de Georges Brassens)

Je suis l’eau dans un vase brisé

Je me noie dans la musique

Je m’en allais malade, crevé

À qui dirons-nous notre nuit ?

Je m’en allais malade, crevé

Et désirais le danger

Le roseau à peine naissant

Allant vers sa renaissance

Son courage était si tremblant

La tête pleine de jours de pleurs

Son courage était si tremblant

Mais il enjamba sa peur

 

Qui es-tu, toi qui as couru

et franchi ton improbable ?

Ton courage est un bon courage

Tu es sur la bonne route

Ton courage est un bon courage

Tous derrière et toi sans doute !

Noémi Egnell

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Un vaccin ? L’enfance !

 

Lorsque, grands adultes et vieux enfants, le cœur sec de tant de rendez-vous manqués, de tant de questions évacuées parce que tournées et retournées, de tant d’horizons éprouvés, nous nous confronterons une bonne fois à la rugosité de notre âme assoiffée, alors…alors nous pourrons opérer un ultime et double mouvement. En relevant la tête pour aspirer une gorgée d’air, nous plongerons en nous-même, et rebroussant chemin nous parviendrons au seuil de notre enfance. Et si notre regard a gardé quelques liens avec la lumière, nous apercevrons ou plutôt nous sentirons que derrière cette porte, il y a là, peut-être, sans doute, la source de notre mise au monde.

Là, un enfant avance tout doucement en chantonnant à voix basse une curieuse mélopée. La route où il chemine est insignifiante, elle est peut-être lisière, elle est peut-être traverse. Ce qui compte c’est l’attention grave qu’il met à réussir tout à la fois à avancer, à chantonner et à regarder. Chacune de ces trois actions porte l’autre, engendre la suivante, dans un mouvement sans secousse, sans précipitation. Cet enfant, c’est vous, c’est moi, c’est cette ombre ténue et légère que nous portons tous en nous. C’est ce petit être attentif et étonné que nous avons été quelques jours, quelques mois, quelques années, nous tenant devant ce monde, déjà un pied en lui mais un autre encore en nous.

Pour entendre cette douce chanson, il faudra alors se faire tout petit, se courber davantage en soi-même, sans mouvement brusque, de peur d’effrayer et d’éteindre ce petit feu. Que chante-t-il ce roseau, ce mât, cette porte, ce bâton, cet être enfin bien à la verticale ? Nous ne saisirons d’abord que l’air, léger, qui provoquera en nous une aimable réminiscence, une vague impression de ‘chez-soi’. Nous courbant encore un peu plus, nous finirons par saisir quelques mots. Mais ô surprise ! Entre ceux-ci aucune logique, aucun ordre, aucune cohérence. Des mots jetés, sans queue ni tête, par-dessus tête, rien qu’à sa tête…des débuts de mots, des fins de mots, des mi-mots, ou des mots bien entiers, mais alors, Dieu, sans grammaire aucune !

« …mi, tourni, voilà où je, saperlipopette, lumière et quest, petit oiseau ça rampe, la la, mi ré do, papa dit, maman tu, ré mi do… »

Un peu honteux d’avoir été ainsi trompés, un peu nerveux, nous commencerons à nous redresser, à nous détacher…voilà bien les gosses ! Heureusement qu’on grandit !

Mais alors que dans un dernier déroulement des vertèbres, nous nous apprêtons à reprendre la verticale puis la tangente, nous croisons son regard sérieux et malicieux. Et dans un éclair nous comprenons. La clé de notre vie, la voilà. La clé de toute force, elle est là. Non pas tant dans nos actions ; non pas tant dans les paroles que nous prononçons ; non pas tant dans le chemin que nous suivons ; non pas tant dans ce que nous regardons. Le clé est dans l’équilibre et l’attention extrême que nous portons à toute chose : l’attention que nous mettons à voir le monde, autant qu’à y avancer et à le transformer, autant qu’à y chanter c’est-à-dire à l’embellir de nos actions de grâce et de nos émerveillements.

Plût au Ciel que nous sachions, en nous relevant, tout à fait marcher sur ces trois jambes, dans un équilibre enfin retrouvé !

Ingrid Egnell

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Anges… courageuses…courageux

Amours,

Je me souviens vous avoir mises au monde…

Avec cœur,

Dans la nuit,

Avec toute ma force

Et mon âme

Passionnée !

J’ai rencontré chacun, chacune,

Quelle découverte !

Maman…

Vidée et surprise,

Capable

D’accueillir cette force de vie,

Qui me promettait

D’accomplir la chance

De se rencontrer

De me rencontrer

       De nous rencontrer…

Amours,

De ma vie,

Pour la vie,

Telles des roseaux,

Les pieds sur terre…

Au-delà des montagnes,

Le feu comme ami,

Les étoiles nous souhaitent…

Sécurité

Force

Volonté

Témérité

Chance

Amour

Parfum de la vie

Une route hors du temps

Une chance découverte

Mille questions…

Amours,

Capables,

Etoiles de cœur,

Se rencontrent,

Tiennent bon,

Décident,

Crient,

Se promettent,

L’Amour

                                                             Maryse

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Le courage est une dérivation du coeur ; tels les fils électriques connectés dès la naissance, voire, à ce jour, virtuels.

Puis l’être se construit petit à petit en se connectant à ce monde qui l’entoure.

Sans en avoir pleinement conscience, il devra choisir, accepter ce qu’il est, et décider ce qu’il sera,

affronter cette ambivalence :

lâcheté/courage………………………………………………courage/lâcheté ;

« S’armer de courage » – la route de la vie est semée d’embûches pour tous.

Être humain = cerveau enfermé dans un corps frissonnant, ce qui donne, selon les cas :

héros ou triste sire.

La formule est :

Coeur + convergence + courage

Sans ces trois ingrédients, le passage dans ce monde n’est qu’errance désespérée.

Admirer le courage d’autrui ? C’est souvent s’accorder un bienfait par procuration. Sans danger, le courage est une sorte de brevet d’auto-satisfaction ; on s’approprie ce que l’on n’a pas osé dire et faire.

Trouver le sens d’une action,

se jeter dans le vide,

faire face à l’adversité,

ne rien lâcher,

faire d’une critique une force,

construire pour l’enfant un jardin

où cueillir avec fierté les fleurs de son passé,

où s’accrocher à des racines solides,

pour,

à son tour,

cheminer et

transmettre

sa vie.

Apprendre à voir 

voir avec les yeux

construire avec le cerveau

se forger soi-même,

une image, une histoire

faites de

choses, pensées, actes.

Marie-Claude About

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Liberté

Prenez vos distances

Pour protéger vos existences

Pratiquez le confinement

Et conservez absolument

Un grand espace

Afin que ce méchant virus

de guerre lasse

admette un consensus

et termine sa course

à bout de ressources.

On sait que c’est difficiles

surtout dans les villes

les petits appartements

remplis de cris d’enfants

tout prêts à éclater

et à échapper

à tout contrôle

malheureux dans leur geôle

donc prudence

et gardez de cette expérience

un grand élan d’amour

en vous et pour toujours…

J.M.